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Reprises en sous-œuvre complexes en rénovation de bureaux

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Reprises en sous-œuvre complexes en rénovation de bureaux

Ce chantier regroupe 26 zones de travaux imbriqués afin de transformer un ensemble hétéroclite d’immeubles tertiaires en siège pour la banque BNP Paribas. Tout en conservant une partie de l’existant classé, cette rénovation hors norme intègre rampe et niveaux de parking, auditorium, recréation de façade…

En plein cœur du ixe arrondissement de Paris, l’ancien siège social du Comptoir d’escompte national, construit par l’architecte Corroyer à la fin du xixe siècle, est en cours de rénovation intégrale. Occupant l’îlot Bergère, les divers corps de bâtiments tertiaires accueilleront les bureaux de la banque BNP Paribas. Sous l’égide de l’architecte Anthony Béchu, ce gigantesque chantier de 47 500 m2 est dirigé par l’entreprise Spie SCGPM, ­filiale de Spie Batignolles, pour toute la partie gros œuvre en infrastructure et superstructure, ainsi que pour la charpente et la couverture. Sachant que la partie existante réhabilitée ­représente 40 000 m2 et la partie neuve construite, 7 500 m2. Le montant total des travaux s’élève à 22 Me (démolition, gros œuvre et charpente – couverture) dont 1 Me pour la démolition et 2,7 Me pour la couverture, le reste étant alloué au gros œuvre. Ce chantier juxtapose à lui seul vingt-six zones de travaux indépendantes, numérotées pour être bien repérées et gérées par différentes équipes. Le plus compliqué a été d’organiser un planning pour chaque phasage de travaux. Sachant que la gestion de 170 personnes travaillant sur le site depuis janvier 2007 est lourde : la livraison étant prévue pour septembre 2008. En effet, ce site s’avère être d’une extrême complexité, de par sa situation en milieu urbain dense, et pour d’autres motifs.

Un chantier contraint et difficile

Il était nécessaire à la fois d’homogénéiser les bâtiments de différentes époques de construction (datant des années 1878 aux années 1955) et également de démolir et reconstruire des parties neuves, tout en conservant une façade historique sur la rue Bergère. De plus, il a fallu également créer trois niveaux de sous-sol dont une partie en taupe, édifier un auditorium enterré sous une cour, effectuer des reprises en sous-œuvre sous les mitoyens avoisinants ainsi que restaurer certains ouvrages classés. Pour mener à bien ce chantier titanesque, une méthodologie pointue a été mise en place, suivant un découpage précis, notamment pour les cinq zones de travaux les plus importantes. Ainsi, les zones 1 et 2, se trouvant à l’est de l’îlot, longent la rue du Conservatoire. Quant aux zones 2 et 3, qui occupent le centre de l’îlot et la zone 4, elles sont toutes trois bordées des rues Bergère et Sainte-Cécile. En fait, les bâtiments tertiaires des secteurs de 1 à 4 sont seulement réhabilités, alors que ceux du secteur 5, détruits, font l’objet d’une construction neuve. Cette dernière a permis l’exécution, en infrastructure, de trois niveaux enterrés destinés à du stationnement (2e, 3e et 4e sous-sol), le 4e niveau logeant des locaux techniques et des espaces fonctionnels secondaires (salles de fitness et de musculation, etc.). Mais cette phase de travaux, obligeant à se développer sous le bâti existant, a nécessité la pose difficile d’un plancher de reprise, avec la réalisation de poutres sur tabourets et de reprises en sous-œuvre périmétriques. De plus, la création d’une rampe circulaire de parking de 25 m de diamètre, présentant une emprise plus importante que la zone de travaux neufs, a entraîné la réalisation d’une partie de cet ouvrage sous l’immeuble en place de six étages. Cela a généré le coulage d’une énorme poutre sur tabouret de 20 m de longueur par 4 m de hauteur et 0,60 m d’épaisseur, dans le volume du mur existant et dans la hauteur du premier sous-sol. Cette poutre étant reprise par des poteaux, du second au quatrième sous-sol. La rampe, qui se prolonge aux troisième et quatrième sous-sols, y est ensuite coulée. D’autre part, en infrastructure, le pignon dégagé, résultant de la démolition d’une partie du bâti, devient une seule façade vouée à être remodelée.

Remises aux normes des divers locaux

Les travaux de création de la nouvelle façade se sont échelonnés selon deux phases liées à deux portions de façades traitées. Sachant qu’il a fallu maintenir provisoirement les deux pans de façades en place, tout en les démolissant différemment, afin de pouvoir reconstruire de nouvelles façades, à l’arrière des murs. Des baies vitrées ont également été créées, lors de la reconstruction, pour s’harmoniser au plus près avec le bâti conservé alentour. Par ailleurs, dans la zone 2, en bordure d’îlot, une autre phase compliquée de travaux a été réalisée. En effet, il a fallu glisser en sous-sol, un amphithéâtre de 280 m2, sous une cour existante et au droit de l’ancienne salle des coffres. Ce volume dépassant l’emprise de la cour, des reprises en sous-œuvre de certaines façades ont été nécessaires. Une épaisse poutre sur tabourets en béton de 20 m de longueur a alors été coulée. De plus, des parois blindées et le coulage de plusieurs poteaux de soutien ont été réalisées. Concernant la morphologie même du bâti, et notamment celui implanté en cœur d’îlot, les diverses entités s’organisent autour de cours intérieures ou d’atriums coiffés de verrières. Ce principe a l’avantage d’offrir un éclairage naturel aux différents espaces de travail. Et les façades conservées, comme celle longeant la rue Bergère, sont restaurées à l’identique, car étant inscrites à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques. Enfin, les travaux de réhabilitation des espaces intérieurs ont permis une indispensable remise aux normes en vigueur (électricité, plomberie, chauffage, climatisation, etc.) ainsi qu’un aménagement de conception plus contemporaine de ces locaux anciens.

Seuls les espaces principaux, situés au rez-de-chaussée et au premier niveau, et dont les agencements à caractère « remarquable », également inscrits à l’Inventaire, sont restaurés à l’identique.

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