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Renaissance à l’identique d’une cabane tchanquée

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Renaissance à l’identique d’une cabane tchanquée

Située au milieu de la baie d’Arcachon, cette cabane sur pilotis a fait l’objet d’une reconstruction complète, dans le respect des techniques et des matériaux d’origine.

Construite en bois au xixe siècle, la ­cabane tchanquée 53 située en bordure de l’île aux Oiseaux, au milieu de la baie d’Arcachon, a déjà souffert plusieurs fois de la violence des éléments naturels. Détruite par la tempête en 1943, elle avait été reconstruite en 1948, sur des pilotis en béton. Mais la tempête de décembre 1999 l’ayant fragilisée, les pouvoirs publics avaient décidé d’en interdire l’accès. Un arrêté de péril est émis à son sujet en septembre 2000. La municipalité de La-Teste-de-Buch, gestionnaire du lieu, décide de lancer un appel d’offres pour la remettre d’état. Le projet des architectes Jean Dubrous et Jean-Jacques Soulas, spécialistes du bois, a été retenu pour un budget de 600 Ke. C’était le seul projet à proposer une démolition complète suivie d’une reconstruction assez fidèle aux matériaux d’origine. « La structure était tellement corrodée que la reconstruction s’est imposée, souligne l’architecte Jean Dubrous. Les structures piliers maçonnées en béton des années 50 étaient altérées et épaufrées et il n’aurait pas été prudent de les conserver. » L’utilisation prévue de la nouvelle cabane livrée en mars 2008 est muséographique. Ce nouvel ouvrage peut être très sollicité. Le calcul du contreventement est fait pour tenir à des vents de 200 km/h et des vagues de 2 m. Le principe est de 20 pilotis enfoncés dans le sable, supportant un plancher en bois servant de contreventement et une cabane posée dessus. L’ensemble pèse environ 65 tonnes, dont 20 tonnes pour les fondations en acier, 25 tonnes pour le plancher et les pilotis et 12 à 14 tonnes pour la cabane et pour les tuiles.

Azobé, chêne et pin maritime

Hormis ses fondations métalliques, la cabane reconstruite est entièrement en bois et visuellement identique à la construction d’origine. Pour une meilleure durabilité dans l’eau de mer, les pilotis sont en azobé. Pour le reste, des essences locales ont été privilégiées. La plate-forme, composée de poutres, solives et platelage, est en chêne de Charente, ainsi que toutes les planches et garde-corps du caillebottis extérieur. Les murs, les cloisons et la charpente de la cabane ont pour leur part été construits en pin maritime des Landes. La construction est ­volontairement traditionnelle, avec une ­charpente bois classique entièrement en pin maritime à l’exception du poinçon en chêne, une toiture en tuile et des panneaux préfabriqués pour les cloisons.

Le site étant classé et inconstructible, une enquête publique a été menée, suivie d’une période assez longue pour obtenir les demandes d’autorisations. Le projet a finalement démarré le 22 octobre 2007, ses deux grandes phases de démolition et construction devant durer moins de six mois. La déconstruction a été effectuée par une grue sur barge, et les déchets ont été triés et recyclés. Seulement cinq heures de marée basse par jour permettaient de travailler. Les anciens poteaux en béton armé ont été retirés, puis des fondations profondes ont été réalisées sur lesquelles ont été implantés les poteaux en bois de 8 m en azobé supportant la cabane. Le chantier a nécessité une très grande préparation, avec une préfabrication de tous les assemblages, afin d’alléger le travail sur place et réduire le transport de matériaux et de pièces. Les différents éléments pour monter la cabane par exemple, comme les menuiseries ou les ­volets, ont été fabriqués sur le continent, puis emmenés avec une petite barge. Le chantier s’est terminé fin février par la peinture et les ­finitions dans l’esprit HQE qui a présidé à l’ensemble de la réalisation.

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