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Remise à neuf d’un complexe de thermes marins

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Remise à neuf d’un complexe de thermes marins

Restructuration de la thalassothérapie, rénovation de l’hôtel, relooking du restaurant, création d’une vaste terrasse en front de mer… les Thermes marins de Saint-Malo ont fait peau neuve après quatre années de longs travaux.

Majestueux face au grand large, les deux bâtiments originels des Thermes marins de Saint-Malo (35), gérés par le Groupe Reulic Investissements, couvrent une superficie globale de 26 000 m 2 .

Construit en 1881, l’ancien hôtel belle époque où les Grands-ducs de Russie aimaient à séjourner, devient un centre de rééducation fonctionnelle en 1963, à l’initiative de son fondateur, le Dr Pierre Heger. Repris en 1981 par l’actuel P-DG, Serge Raulic, l’établissement évolue vers un centre de thalassothérapie moderne et développe ses activités dans un second bâtiment qui voit le jour huit ans plus tard. Aujourd’hui, 5 000 m 2 répartis sur les deux édifices en rez-de-chaussée sont dédiés aux soins thalasso et Spa. Ils accueillent 70 cabines individuelles d’hydrothérapie et de kinésithérapie, 16 cabines de Spa, 6 piscines d’eau de mer et 2 bassins composant un parcours aquatique en eau de mer chauffée.
La dernière tranche de travaux concernant la réhabilitation d’une partie du centre de thalassothérapie s’est achevée en mars dernier après deux mois de travaux. La maîtrise d’œuvre a été confiée au cabinet Label Études, implanté à Vezin-Le-Coquet près de Rennes (35). Le chantier concerne, notamment, le remplacement de cabines de soins (160 m 2 ), la rénovation de deux bassins de rééducation et de jets sous-marins installés dans des pièces contiguës, l’une de 90 m 2 , l’autre de 72 m 2 , enfin la réfection d’une zone comprenant 5 vestiaires et 4 douches (23 m 2 ). Autant d’équipements restés en l’état depuis un quart de siècle. Coût du budget : 850 000€ HT.
Au rez-de-chaussée de l’ancien bâtiment datant du xix e siècle, deux « couloirs de jets » parallèles accueillent désormais 15 cabines neuves d’une surface de 8 à 15 m 2 . « L’’intégralité du réseau d’évacuation a été redistribué. Des carottages dans la dalle béton ont montré qu’il s’agit d’une dalle traditionnelle de 20 cm posée sur un empierrement », précise Daniel Girardon, directeur technique du Groupe Les Thermes marins.

Panneaux étanches pour montage rapide

La structure des cabines est en panneaux « Wedi », constitués d’un noyau en mousse rigide de polystyrène extrudé armée des deux côtés avec un treillis de fibres de verre et revêtue sur les deux faces d’un mortier plastifié. Entièrement carrelée, chaque cabine comprend un receveur de sol (avec pente de 1,5 cm/m et écoulement central), ainsi qu’un caniveau au droit de la porte, des parois de 80 mm d’épaisseur, un toit monobloc arrondi avec finition intérieure en résine époxy et des découpes pour le système de ventilation et le puits de lumière.
« Tout a été cassé afin de refaire les réseaux séparatifs d’eau de mer et d’eaux usées en fonction de la nouvelle implantation des cabines. Dans chacune d’elles, un siphon central (grille de 15 x 15) rejette l’eau de mer dans le réseau spécial. Un caniveau à chaque passage de porte d’entrée et deux siphons dans les deux couloirs d’accès récupèrent les eaux de lavage », indique Régis Letort, conducteur de travaux à Label Études. À la question, « Qu’est-ce qui a été le plus difficile ? », il répond sans hésitation : « La durée imposée du chantier, à savoir neuf semaines. L’emploi, notamment, des panneaux Wedi nous a permis de tenir les délais. Nous avons dessiné chaque cabine en amont, en prévoyant toutes les réservations pour l’emplacement des caniveaux, des siphons de sol, des puits de lumière, des renforts dans les parois pour les fixations des rampes à jets, réservations également pour les tuyaux de plomberie… Et tout cela est arrivé en « kit » sur le site, prêt à être assemblé ; les murs se sont emboîtés les uns dans les autres, les plafonds sont venus se coller sur les murs, comme un jeu de Lego. En une semaine, les carreleurs ont monté toutes les cabines ! Contraire- ment au Placo ou au carreau de plâtre, le matériau porteur, étanche et imputrescible ne demande qu’une légère étanchéité au niveau des jonctions sol/mur et mur/plafond ».
Une centrale de traitement d’air (Innetech) a par ailleurs été installée sur une mezzanine de 26 m 2 en acier galvanisé construite au-dessus de quatre cabines (hauteur sous toit : 5 m). Elle est raccordée à un réseau de gaines permettant de réguler dans chaque cabine non seulement le débit d’air (grâce à deux bouches d’amenée et d’extraction), mais aussi le taux d’hygrométrie et la température constante (27 °C maxi). « L’eau de mer est un milieu très agressif : l’alu est proscrit car il rouille, toutes les quincailleries sont en galvanisé ou en inox 316 L », souligne Régis Letort.
C’est le cas également des cadres des portes de communication en panneaux compacts HPL (stratifié haute pression), composés de résine thermodurcissable et de fibre cellulosique imprégnée (Polyrey).

Cloisons vitrées avec store intégré

La rénovation des 88 chambres du bâtiment construit en 1989 s’est répartie de 2008 à 2010, en trois phases annuelles de trois mois. L’hôtel modernisé répond désormais aux exigences d’un cinq étoiles au luxe discret. Coût des travaux : 3,5 M€ HT. La maîtrise d’œuvre a été confiée à l’architecte Desa Anne-Catherine Pierrey, basée à Puteaux (92).
Dans ces volumes généreux, dont la superficie varie de 22 à 65 m 2 pour les trois suites familiales, les travaux ont permis la redistribution des réseaux électriques, la réfection des plafonds et la modification des cloisons séparatives de salles de bains jusqu’ici aveugles : des châssis doubles vitrages avec store intégré (H. 190 x l. 60 cm, ép. 5 cm, Véralam) ont été insérés dans les parois en Placoplâtre existantes. Seules douze salles de bains ont été complètement rénovées.
La totalité de l’agencement a été réalisée par une menuiserie spécialiste du sur-mesure, la société Tercy Levillain installée à Saint-Malo. Au programme, création d’un dressing dans chaque alcôve et mobilier bois aux lignes arrondies, emprunt du charme d’autrefois. L’amélioration de l’isolation a concerné uniquement le cinquième et dernier étage. En revanche, toutes les chambres ont été équipées d’un climatiseur multiplit, une cassette encastrable en froid seul (Daikin). Les unités centrales ont été implantées sur le toit dont un pan a été modifié de façon à créer une toiture-terrasse (40 m 2 ).
À noter, en 2011, la rénovation de 22 chambres au quatrième étage de l’ancien bâtiment et de 8 chambres au deuxième étage, cette année.

Jeux de couleurs contrastées pour décoration épurée

En 2011, c’est la décoration intérieure du restaurant Le Cap Horn (120 couverts sous une imposante verrière en cuivre), qui a été entièrement réactualisée par le cabinet Stindel, à Saint-Malo, dirigé par l’architecte d’intérieur Didier Ruckstuhl. Destinée à offrir une vue directe sur la mer, l’ossature métallique réalisée en 1985 avait permis d’agrandir le bâtiment d’origine en créant une avancée sur la terrasse grâce à de larges ouvertures en façade.
Située sur deux faux niveaux, la salle de restaurant n’a pas été modifiée à l’exception de l’escalier qui sépare le volume intérieur du bâtiment (partie haute) et le sol de la verrière. Cet effet de gradin préserve la vue sur mer aux personnes situées en fond de salle. Mis aux normes, l’escalier comprend désormais quatre marches (au lieu de trois) pour faciliter l’accès des personnes à mobilité réduite. « Les mains courantes en laiton ont été retirées, les ornements de ferronnerie épurés. Dans la salle, les éléments superflus tels que le staff ou les statues antiques ont été supprimés, sans toutefois effacer le classicisme du restaurant qui reste un bâtiment balnéaire. Les éléments de plafonds en Placo et les pilastres en pierre ont été conservés, mais simplifiés en rendant leur lecture beaucoup plus contemporaine par une mise en peinture avec des tons contrastés entre blanc, noir et gris foncé », explique M. Ruckstuhl, dont le cabinet collabore à l’aménagement intérieur des Thermes marins depuis une vingtaine d’années. Le budget s’est ici élevé à 250 000 € HT, précise le directeur technique.

N°316

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