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Récupération des eaux de pluie : l’obligation d’un double réseau

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Récupération des eaux de pluie : l’obligation d’un double réseau

Les citernes de recueil d’EP sont le plus souvent en matériaux de synthèse, polypropylène ou PVC comme sur la photo. Livrées finies et prééquipées avec regards, robinet à flotteur et raccordement en attente. (Doc. DR.)

Hormis pour son emploi dans l’arrosage du jardin, la récupération d’eau de pluie nécessite la présence d’un surpresseur et de deux réseaux d’eau froide dans le bâtiment. Revue des techniques et précautions nécessaires.

Longtemps réservée aux écologistes convaincus, la récupération d’eau de pluie a fait son entrée parmi les technologies d’application générale. En effet, depuis le 1er janvier 2007, elle a reçu sa consécration commerciale : un crédit d’impôt (voir encadré) limité aux ménages et aux installations domestiques. Parfaitement rentable en tertiaire et en industrie, la récupération d’eau de pluie restait largement ignorée. L’eau de pluie exploitable est celle recueillie sur les toitures par les gouttières, à l’exception de toute autre. Dans le logement et en tertiaire, elle est utilisable pour des usages non-corporels et non-alimentaires. Ce qui exclut son emploi pour les appareils sanitaires tels que lavabo, évier, douche, baignoire, etc. Depuis le 2 mars 2006, les Ddass tiennent le même discours à propos des utilisations possibles de l’eau de pluie en France. Sont permis : le remplissage des chasse d’eau et l’alimentation des robinets extérieurs destinés exclusivement au réseau d’arrosage. Tout autre usage (alimentation des machines à laver, remplissage du réseau de chauffage, remplissage des piscines, etc.) est proscrit. Un réseau spécifique est toutefois nécessaire pour la distribution de l’eau de pluie dans le bâtiment. En tertiaire et en industrie, tout ­robinet extérieur alimenté en eau de pluie doit porter la mention « non-­potable » ou bien être ­sécurisé, c’est-à-dire non manœuvrable sans clef spécifique. Si le réseau d’eau de pluie est branché en secours sur le réseau d’eau potable (parce que l’on veut néanmoins remplir les chasses d’eau quand il ne pleut pas, par exemple) il faut un dispositif de disconnection par surverse intégrée, conforme à la norme européenne NF EN 1717, pour protéger le réseau d’eau potable d’une pollution par retour d’eau. Cette norme de mars 2001, intitulée « Protection contre la pollution de l’eau potable dans les réseaux intérieurs et exigences générales des dispositifs de protection contre la pollution par retour », porte avant tout sur les équipements de protection, les disconnecteurs et autres clapets antiretour et précise quel type de disconnection doit être mis en place pour chaque appareil domestique et non-domestique raccordé au réseau d’eau froide et d’eau chaude.

Dans le cas des installations collectives et tertiaires, une déclaration doit être faite en mairie. Elle est destinée à l’information de la société chargée du traitement des eaux usées et pourrait à terme déboucher sur une taxe spécifique. En effet, le volume d’eau usée à traiter, et donc le coût du traitement, sont calculés à partir des relevés de compteurs d’alimentation en eau. Si l’usage de l’eau de pluie ne passant pas par le compteur d’eau froide se développait, les sociétés de traitement estiment qu’elles seraient alors confrontées à des volumes imprévus et non financés !

Nécessité d’une étude préalable

Une installation efficace et automatique de stockage et d’exploitation de l’eau de pluie est relativement complexe. Elle comporte :

1– un collecteur pour recueillir les eaux de pluies, évacuer vers un puisard ou vers le réseau d’eau pluviale les brindilles, feuilles, et les impuretés venant du toit. Certains constructeurs proposent des systèmes capables d’éliminer dans une certaine mesure les poussières et la pollution atmosphérique par formation physique de colloïdes.

2– D’une citerne, le plus souvent enterrée. Elle contient une arrivée d’eau de pluie en partie basse, d’une forme qui évite la création de remous qui contribueraient à remuer les dépôts accumulés au fond de la citerne. Elle abrite également un flotteur pourvu d’une crépine qui ­permet le puisage de l’eau à 15 ou 20 cm sous sa surface pour éviter les poussières flottantes,

3– un trop-plein qui permet de passer les épisodes de fortes précipitations. Il est équipé d’une grille antirongeurs et évacue le trop-plein soit vers un puisard, soit vers le réseau d’eau pluviale,

4– un surpresseur à commande automatique,

5– une vanne de by-pass motorisée qui permet de choisir automatiquement le réseau d’eau de ville ou la citerne d’eau de pluie,

6– une régulation électronique, le plus souvent associée à la platine électrique du surpresseur. Elle détecte une demande d’eau (arrosage ou remplissage des réservoirs de chasse), vérifie le niveau d’eau dans la citerne. S’il est suffisant, elle met en route le surpresseur, sinon elle déclenche la vanne de by-pass pour utiliser le réseau d’eau froide.

Selon l’installation, ce déclenchement by-passe aussi le surpresseur et se contente de la pression du réseau d’eau de ville. Ou bien, lorsqu’il existe un stockage d’eau de ville – insuffisance de pression et de débit du réseau d’eau de ville, etc.–, le surpresseur est néanmoins mis en route,

6– un dispositif automatique de vidange de la cuve en cas de non-puisage pendant une durée déterminée à l’avance, pour éviter tout risque de ­croupissement.

L’étude préalable sert à dimensionner la cuve au plus juste en maximisant l’utilisation de l’eau de pluie, tout en réduisant les vidanges automatiques de la cuve. Elle détermine également les caractéristiques du surpresseur : hauteur manométrique, débit à fournir et pression à maintenir dans le réseau, etc.

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