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Recommandations RAGE EN construction bois : la thermique avant tout

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Recommandations RAGE EN construction bois : la thermique avant tout

Édité dans la collection des recommandations issues du Grenelle de l’environnement, le document préfigure quelques nouveautés du DTU 31.2

Les « Recommandations professionnelles Systèmes constructifs à ossature bois - Maîtrise des performances thermiques - neuf », publiées en mars 2013, appartiennent aux textes baptisés « Règles de l’Art Grenelle Environnement 2012 » (Rage). Destinées essentiellement à donner des éléments liés à la performance thermique des ouvrages, elles reprennent des dispositifs existants tout en intégrant des dispositions qui devraient être inscrites dans la future version du DTU 31.2 « Travaux de bâtiment - Construction de maisons et bâtiments à ossature en bois ». Claude Fahrner en présente différents aspects.

CTB : Comment se présente ce texte ?

C.F. : Formellement, il est organisé à l’image d’un DTU, traitant des matériaux (dans son chapitre 4), de la conception (chapitre 5) ou encore de mise en œuvre. Ce texte comporte d’ailleurs des éléments qui se retrouveront dans la prochaine version du DTU 31.2 « Travaux de bâtiment - Construction de maisons et bâtiments à ossature en bois », qui, en plus des classiques clauses techniques de mise en œuvre (partie 1.1.) et des critères de Choix des matériaux (partie 1.1.), intégrera une partie nouvelle consistant en un mémento décrivant des exemples de conceptions, accompagnés de croquis. Le document Rage propose une description de ces mêmes solutions techniques, mais relatives à la fiabilisation des performances thermiques, d’étanchéité à l’eau et à l’air, sans aborder leur compatibilité avec les autres exigences. Pour chaque nouveau projet, des justifications sur les aspects acoustiques, de stabilité, de sécurité incendie ou encore de sécurité aux chocs devront être apportées.

CTB : La maîtrise des performances thermiques et d’étanchéité est un élément fondamental de durabilité.

C.F. : En effet, plus encore que pour d’autres, l’étanchéité à l’air et à l’eau commande la durabilité des ouvrages à ossature bois. Il s’agit d’éviter les accumulations d’eau notamment par condensation, apportées par les mouvements d’air, qui, dans les isolants comme dans les pièces de structure, risquent à terme de favoriser le développement fongique. Donc mettre en cause au moins les performances thermiques ou la salubrité des locaux, voire la solidité.
Dans ce sens, les recommandations Rage répondent aux objectifs de durabilité des ouvrages en bois, tout en visant, au premier chef, l’atteinte des objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement sur le plan énergétique.

CTB : Quels sont les matériaux qui me permettent d’atteindre le niveau de performance imposé par la RT 2012 ?

C.F. : Les matériaux évoqués sont en lien direct avec la performance énergétique, puisque ce sont eux qui constituent la paroi d’un mur à ossature bois. Dans cette partie pas plus qu’ailleurs ne sont mentionnées les performances au regard des autres contraintes. Il est d’ailleurs clairement fait renvoi aux DTU spécialisés pour les autres exigences essentielles.
On trouve bien sûr le bois de structure et différents produits à base de bois. Les matériaux isolants sont ceux visés par le DTU 31.2 (laines minérales, fibres de bois, polystyrène, polyuréthanne, etc.), les autres matériaux isolants ne pouvant être employés qu’en fonction des évaluations fournies par les fabricants. Deux chapitres sont consacrés à la mise en œuvre des isolants et des compléments d’isolation (doublage).
Un renvoi clair aux certifications existantes assure que leur détention permet de répondre aux exigences. Une précision qu’on retrouve de moins en moins dans les DTU.
Les matériaux d’étanchéité sont également décrits. C’est l’occasion pour les rédacteurs de rappeler les exigences exprimées en valeur Sd. Rappelons que la caractéristique Sd exprime l’épaisseur de la couche d’air de diffusion à la vapeur d’eau équivalente du matériau, exprimée en mètres. On relèvera qu’à la différence du DTU qui propose des variantes, les recommandations ne comportent qu’une valeur minimale de 18 m lorsque le plan d’étanchéité à l’air est assuré par un film pare-vapeur.

CTB : D’où sont issues ces données ?

C.F. : Les recommandations s’appuient particulièrement sur une étude hygrométrique de l’influence des paramètres sur les performances des ouvrages en bois, menée par Synerbois-Partenaires. Cette étude a permis, notamment, de justifier les épaisseurs de complexes proposées et d’établir des règles de moyens pour atteindre un niveau de performance acceptable. Le texte insiste sur l’objectif performanciel, sans certifier les systèmes proposés qui devront toujours être validés par le calcul par simulation numérique du comportement hygrothermique de la paroi.

CTB : L’évaluation des ouvrages d’étanchéité est-elle évoquée ?

C.F. : La norme méthodologique NF EN 13829, consacrée à la mesure de l’étanchéité à l’air, définit deux méthodes de vérification, dites « A » et « B ». Les recommandations Rage préconisent l’utilisation de la méthode B et sous-entendent une validation intermédiaire des performances de l’étanchéité à l’air de l’enveloppe, après la mise en œuvre complète du plan d’étanchéité à l’air. Rappelons que les exigences de la RT 2012 conduisent à valider la performance du bâtiment par la méthode A, à réception.
Dans ce cadre, il faut aussi évoquer l’annexe C qui concerne la validation des points singuliers, ce qui paraît d’autant plus lourd qu’elle renvoie à des normes exploitables quasiment uniquement en laboratoire. On a du mal à imaginer une entreprise non-industrialisée avoir recours à une validation performancielle d’un détail de conception.

CTB : Le texte se veut-il plus ouvert que le DTU 31.2 actuel ?

C.F. : En effet, ces Recommandations évoquent aussi bien les éléments verticaux comme les murs extérieurs/intérieurs, que les éléments horizontaux (planchers), et plus généralement les toitures. Les liaisons entre ces différents éléments sont présentées sans détailler les exigences particulières que l’on peut avoir sur, par exemple, un ouvrage de plancher (DTU 51.3) ou un ouvrage de toiture (DTU 43.4 ou autres DTU Toitures). Ces détails s’intéressent tout particulièrement aux aspects d’efficacité thermique. Ils font référence à des compléments d’étanchéité, tels les adhésifs ou mastics. Pour ces derniers, compte tenu de la grande variété de produits, pour valider leurs compatibilités et leur efficacité dans le temps, il est impératif de se renseigner auprès des fabricants.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°325

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