Réalité virtuelle : l’appli pour tous

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MyCaptR scanne une pièce d’habitation aussi facilement qu’en filmant. Le nuage de points est exploitable sur les logiciels de conception pour créer une maquette numérique ou visualisable en 3D. Il est alors possible de travailler en réalité virtuelle.

© Doc. Levels3D

Après deux ans de recherche, la start-up troyenne Levels3D va commercialiser MyCaptR sur tablette iOS. Cette application de réalité virtuelle simple et rapide présente plusieurs atouts pour l’ensemble des acteurs de la construction.

Jusqu’à présent, la réalité virtuelle était pratiquée parcimonieusement par les ténors de l’infrastructure et du BTP. Expérimentale, coûteuse, fragile, la technologie semblait inaccessible aux architectes, bureaux d’études, artisans, entreprises générales ou de second œuvre. MyCaptR va modifier profondément leur point de vue. Son inventeur, Yannick Folliard, spécialiste de la post-production cinématographique, a eu l’idée de leur proposer ce système de scan facile à utiliser depuis une tablette. Développée pendant deux ans à Troyes, dans les labos de la start-up Levels3D, la première version de MyCaptR sera commercialisée au début de l’année, au prix d’une centaine d’euros. Cette application téléchargeable depuis l’App Store sur une tablette iPad standard sous iOS - une version sous Android est envisagée - exploite les données scannées par un capteur infrarouge (Structure Sensor), mis au point par la start-up nord-américaine Occipital, et fixé au dos de la tablette.

Le système modélise en trois dimensions n’importe quel relief selon le principe du Lidar (Light Detection and Ranging) qui analyse le temps de retour d’un faisceau laser vers son émetteur. Mais, contrairement aux stations totales Lidar de Leica, Trimble ou Faro qui sont fixées sur un trépied, MyCaptR fonctionne sans support. Tenu à la main en filmant à la volée, il utilise un simple rayon infrarouge, ce qui limite son usage à la relève de volumes intérieurs. L’utilisateur scanne dynamiquement la pièce, de droite à gauche et de haut en bas, sans ordre ni rythme précis. Pour plus de précision sur un mur ou une arête, il suffit de s’en approcher : le résultat sera automatiquement repositionné par le GPS et le gyroscope intégrés à la tablette. La relève d’une pièce de taille moyenne (15 m²) ne prend pas plus de deux minutes. Elle doit être de préférence vide, mais une fonction permet toutefois de soustraire des éléments à ne pas prendre en compte. Le nuage de points obtenu au format LAS est ensuite transféré sur un logiciel de conception classique (Revit, Autocad, Archicad, Allplan, etc.) pour générer une maquette 3D et des plans métrés en 2D de la pièce scannée.

En déplaçant la tablette, on visualise les aménagements proposés

La deuxième version de MyCaptR, prévue pour mars, automatisera le transfert de données. La maquette 3D sera alors directement affichée sur la tablette, l’utilisateur la retouchera sans recourir à un logiciel spécialisé. Surtout, il y intégrera divers « objets » : meubles, décoration, accessoires. Ceux-ci seront visibles en réalité virtuelle : il suffit de déplacer la tablette dans la pièce pour voir à l’écran les différents aménagements et décorations proposés.
Depuis quelques mois, plusieurs entreprises du bâtiment testent MyCaptR. Elles sont surtout intéressées par la plus-value qu’apporte l’application dans leur travail quotidien, la relève du métré, la vision d’un aménagement. À leurs yeux, simplicité et rapidité sont au rendez-vous, aussi bien pour les métiers de la conception que ceux de l’audit, de la rénovation ou de la décoration. Le groupe Betom prévoit déjà d’en équiper ses ingénieurs, favorisant le travail collaboratif entre acteurs de la construction.
Levels3D bénéficie du soutien de plusieurs « business angels » de Champagne-Ardenne. Le marché de MyCaptR est important et mondial. Après une présence remarquée lors du dernier Batimat (village de l’innovation), c’est au CES de Las Vegas, du 6 au 9 janvier, que la start-up cherchera ses nouveaux clients.

N°347

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