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Quelle fibre végétale pour habiller les sols d’habitation

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Quelle fibre végétale pour habiller les sols d’habitation

Jadis réservées à la création de paillassons et de tapis, les fibres végétales sont une alternative économique aux sols souples destinés à l’intérieur des bâtiments d’habitation. Sisal, coco ou encore jonc de mer valorisent les intérieurs par leurs tons naturels.

Appartenant à la catégorie des sols souples tels que les moquettes et les sols en linoléum, les fibres végétales sont tissées et collées sur une sous-couche en caoutchouc ou en latex.

Résistantes à l’usure, au poinçonnement et à la circulation des personnes, ces revêtements séduisent aussi pour leurs propriétés imputrescibles, antistatiques, isolantes, leur propension à réguler l’hygrométrie et leur approche environnementale. Ces fibres naturellement renouvelables sont généralement cultivées dans les zones tropicales d’Asie, d’Océanie ou encore d’Amérique du Sud. Elles sont issues de plantes dont la production ne sollicite aucun traitement chimique ou de préservation.

Coco : vert ou brun selon l’usage

Appelées également « coir » ou « bourre », les fibres de coco sont des fibres ligno- cellulosiques courtes qui entourent et protègent la noix de coco, fruit du cocotier Cocos Nucifera, un palmier tropical cultivé sur 10 millions d’hectares dans les régions tropicales. Des 93 pays qui cultivent cet arbre, peu d’entre eux en exploitent la fibre considérée comme un déchet industriel. L’Inde et le Sri Lanka sont les principaux producteurs, mais la culture s’étend aussi au Brésil et en Asie (Indonésie, Philippines, Vietnam, Malaisie). Selon la FAO (Food and Agriculture Organization), 650 000 tonnes de fibres sont produites chaque année. Sollicitées dans de nombreux domaines pour sa grande résistance, ces fibres sont exploitées dans les géotextiles pour lutter contre l’érosion, comme matériau de rembourrage et d’isolation, mais aussi pour la réalisation de brosses et de cordages.
Les noix sont récoltées tous les quarante-cinq jours et 10 kg de fibres sont extraites de 1 000 noix. Ces fibres grossières et raides de 35 cm de long et de Ø 12 à 25 microns possèdent une forte teneur en lignine qui leur confère une grande solidité. Les noix subissent tout d’abord un rouissage qui consiste à immerger les noix plusieurs mois dans de l’eau pour détacher les fibres. Ces fibres sont ensuite battues, cardées, lavées puis séchées avant d’être filées et tissées. Selon la maturité du fruit, deux types de fibres sont récoltés. Des noix vertes sont extraites des fibres blanches obtenues après avoir trempé les noix dans de la saumure plusieurs mois. Elles sont principalement utilisées pour fabriquer des cordages et des filets de pêche. Les fibres brunes sont obtenues à partir de noix de coco mûres. Elles sont plus résistantes et contiennent plus de lignine. Elles sont utilisées pour réaliser des tapis et des revêtements de sol, mais aussi des toiles, des brosses ou encore des paillassons.

Sisal : la seule fibre à être teintée

Sensible aux taches, la fibre de coco se nettoie difficilement et son utilisation est à proscrire dans les lieux humides, mais certains fabricants proposent des revêtements avec un traitement antitache. De texture rugueuse et désagréable au toucher, ce revêtement est principalement utilisé dans des zones à fort passage telles que les couloirs, les escaliers ou encore les halls d’entrée.
Exploitées auparavant par les Aztèques pour fabriquer fils, cordes, nattes ou encore chaussures, les fibres de sisal sont les seules fibres qui fixent la teinture. Elles sont issues des feuilles du cactus Agava Sisalana poussant originairement dans la péninsule du Yucatan au Mexique. Il s’agit d’une plante subtropicale résistant aux milieux chauds et arides. Ses feuilles persistantes pouvant atteindre 1,50 m de long, sont disposées en rosettes autour d’un tronc court, et se terminent par une épine. Elles sont constituées de fibres et à 90 % d’eau. Une fois récoltées, les feuilles sont broyées pour en extraire les fibres qui seront filées puis tissées. Cette plante est aujourd’hui cultivée dans de nombreux pays comme le Brésil, la Chine, le Kenya, ou encore Madagascar.

Jonc de mer : une fibre qui a besoin d’eau

La résistance de ses fibres a séduit d’autres domaines comme l’industrie du géotextile ou la matelasserie. Dans le bâtiment, elles remplacent des produits nocifs tels que l’amiante ou la fibre de verre. Sensible aux taches et à l’eau, ce type de revêtement est parfois traité avec un imperméabilisant antitache. S’il n’est pas adapté aux pièces d’eau et aux cuisines, il est en revanche sollicité pour les pièces de vie et les chambres à coucher, en raison de son toucher doux et régulier. Résistant, il est également employé dans les pièces à fort passage tels les escaliers ou couloirs.
Appelée « Seagrass »par les Anglais, cette plante aquatique aux tiges droites et flexibles appartenant à la famille des joncacées est cultivée dans les estuaires d’eau douce ou de mer en Asie.
La fibre exploitée est continue et non-décortiquée. Imputrescible, c’est la seule fibre végétale employée en revêtement qui est imperméable et qui repousse les taches.
En régulant l’hygrométrie, les revêtements en fibre de jonc de mer assainissent les pièces humides et sont particulièrement adaptés aux salles d’eau et aux cuisines. Ils sont, en revanche, totalement inappropriés pour les pièces sèches et trop ensoleillées. Leur entretien s’effectue en humidifiant mensuellement le revêtement pour qu’il conserve élasticité et brillance.
Quant au jonc de montagne, plus fin que le jonc de mer, il se distingue par sa couleur ocre. Il pousse dans les rivières et les zones marécageuses d’altitude. Contrairement au jonc de mer, cette plante absorbe l’eau, ce qui proscrit ce type de revêtement dans les pièces humides.

Normes et pose

Même si les revêtements en fibres végétales s’apparentent aux sols souples, ils ne répondent en revanche à aucune norme.
La norme EN 15114 A1 s’appliquant aux revêtements de sol textiles plats, tissés, tricotés ou aiguillés sans velours et qui définit le classement d’usage, ne prend pas en considération les fibres végétales.
Absence également de certification Upec, puisqu’elle ne prend en compte que les moquettes à velours 100 % polyamide. Seule la classification au feu est obligatoire pour son emploi dans un bâtiment tertiaire avec un indice Cfl S1.
Concernant la pose de ces revêtements quelque peu particuliers, elle s’apparente à celle des sols textiles en lés qui est régie par le DTU 53-1. La mise en œuvre s’effectue sur un sol sec et régulier. La pose peut être tendue, mais il est vivement conseillé de procéder à une pose collée, afin d’éviter que le revêtement ne gondole. Réagissant assez fortement aux variations thermiques, les revêtements doivent être entreposés dans la pièce à habiller quarante-huit heures avant leur mise en œuvre. La pose s’effectue en relevant le revêtement sur sa moitié pour dégager une partie du sol et procéder à l’encollage.
Au bout de dix minutes, le revêtement se pose en partant du centre pour terminer par les bords et les angles. La même opération s’effectue sur la seconde moitié du revêtement avant la découpe des débords.

Tableau des fabricants

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