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Quatre immeubles de bureaux parés d’une double peau vitrée

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© Doc Agence Dtacc

Plusieurs paramètres influent sur le coût global d’une double façade. Parmi eux, l’épaisseur de la lame d’air, la présence d’ouvrants, le procédé de circulation d’air ou les protections solaires.

Rares sont aujourd’hui les projets de construction comportant une façade double peau. Qu’elle soit ventilée, respirante, mince ou épaisse, cette technique reste l’apanage des ouvrages d’exception, des immeubles de grande hauteur (IGH) et des bâtiments soumis à de fortes contraintes acoustiques ou à des standards d’excellence. Une situation inhérente au coût élevé de procédés souvent complexes, nécessitant une forte implication de la maîtrise d’œuvre. Pour autant, toutes ces façades ne valent pas le même prix.

Un prix fonction de l’épaisseur

Plusieurs facteurs donnent ainsi une marge de manœuvre aux concepteurs. En tête : l’épaisseur de la lame d’air. Plus la lame d’air est importante, plus le prix de la double peau est élevé. De fait, les solutions les plus utilisées appartiennent à la catégorie des façades à double peau mince, dont la lame d’air n’excède pas 600 mm. Il s’agit notamment des façades respirantes dotées d’un espace tampon de l’ordre de 100 mm et dont la technique « franco-française » a été élaborée il y a une quinzaine d’années par les fabricants gammistes, ainsi que de nouvelles façades faiblement ventilées sur l’extérieur. La conception de ces ouvrages permet de n’avoir qu’une seule ossature support pour la paroi intérieure et la paroi extérieure. Les façades respirantes présentent également l’avantage de ne pas nécessiter d’ouvrants sur la lame d’air.
Le coût d’une double peau épaisse est, là encore, fonction de l’épaisseur de la lame d’air, laquelle peut atteindre plusieurs mètres. En effet, plus question ici de reprendre le poids de la peau extérieure sur la même structure que celle intérieure : chaque paroi doit comporter sa propre ossature. En outre, chaque peau est une façade à proprement parler. Si cela offre une grande liberté architecturale - la peau extérieure peut comporter des vitrages extérieurs parclosés, collés ou attachés (VEP, VEC, VEA) -, cela a un prix. Selon Christophe Beuzart, responsable de l’activité « enveloppe » du bureau d’études Egis Concept-Elioth, le coût d’une double peau s’établit, suivant la taille de l’opération et les contraintes programmatiques et environnementales, autour de 750 euros HT/ m2, dans le cas d’un procédé mince et jusqu’à 1800 euros HT/m2 pour une double peau épaisse.
En outre, le volume de l’espace tampon requiert une ventilation adéquate. L’impact financier est plus ou moins lourd selon la nature du système retenu, naturel ou mécanique, avec une extraction qui peut s’effectuer sur plusieurs étages ou étage par étage, et un degré d’ouverture variable moyennant l’intégration de ventelles, coulissants, ou trappes dans la peau extérieure.
À cela s’ajoutent les questions de maintenance et d’entretien, dont l’incidence budgétaire est, une fois encore, plus importante pour une double peau épaisse. Une double peau ventilée doit obligatoirement comporter des châssis ouvrants sur la lame d’air, de même que des passerelles techniques ou une nacelle pour permettre le nettoyage des vitrages et l’accès aux stores, voire aux autres équipements techniques.
Les protections solaires intégrées représentent un autre aspect important, sachant que leur coût dépend beaucoup de la qualité recherchée (robustesse, orientation, etc.). Lorsqu’ils sont motorisés, ce qui est le cas le plus fréquent, les stores doivent également posséder un moteur capable de supporter les variations de température de la lame d’air et le risque d’échauffement.
Au-delà, c’est une approche globale de l’enveloppe qui est plus que jamais nécessaire. Ne pas oublier, comme le souligne Vincent Morael, directeur du bureau d’études Arcora, que « dans la conception de la double peau, il s’agit de trouver une adéquation entre l’image, le coût et les performances que l’on souhaite donner ».

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