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Quatre chantiers exemplaires accessibles à tous

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Quatre chantiers exemplaires accessibles à tous

Bâtiments des Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine (93)

© (Doc. Serge Ferrari - Archives nationales)

L’adaptation des bâtiments à une complète accessibilité entraîne des dépenses non négligeables. L’adéquation à tous les handicaps reste encore à améliorer.

« Le respect des normes en matière d’accessibilité est plus problématique en rénovation que dans le neuf, confie Florent Philippot, responsable des Services généraux et immobilier du CCI Reims Épernay et d’Acobha (maître d’ouvrage des logements étudiants de la Business School de Reims). Cela coûte beaucoup plus cher à construire. Dans certains cas, il vaut même mieux détruire et reconstruire que rénover. »

Mais que faire avec un patrimoine immobilier historique ? Pour le centre de vacances de Beyssac, géré par le ministère de la Défense, une réhabilitation complète (traitement des boiseries, isolation, respect des règles incendie) a permis une mise aux normes réussie pour tous les handicaps, à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtiments du XVII e siècle.
Même chose dans les immeubles Sixt’in aux façades classées. Le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre ont su associer une efficace rénovation thermique à une meilleure accessibilité des locaux.

Des ascenseurs coûteux

La qualité de circulation représentait ici l’un des principaux défis. Les deux bâtiments n’étant pas au même niveau, l’objectif était de pouvoir desservir une grande partie des demi-niveaux avec un seul ascenseur. Cette modification a permis aussi de faciliter la collecte des déchets de bureaux, pour les acheminer au sous-sol. Un second ascenseur « de service » a cependant été créé pour libérer l’ascenseur destiné aux personnes à mobilité réduite (PMR) des usages de « maintenance ». Le fait d’éviter l’implantation d’un ascenseur PMR dans chaque bâtiment n’est pas anodin, au vu du coût élevé de son installation et de sa maintenance. Par exemple 28 515 € HT pour la résidence étudiante de la Reims Business School.
Pour la nouvelle gare SNCF Créteil Pompadour, les ascenseurs représentaient aussi l’un des principaux postes de dépense en matière d’accessibilité. Mais respecter les normes d’accessibilité, c’est aussi créer des surfaces plus spacieuses pour se déplacer.
« Le défi s’est concentré en phase de conception, l’utilisation intensive en études de la 3D a permis d’optimiser et de faciliter la prise de décision entre les partenaires du projet », explique Luc Coutant, directeur de Projets pour la SNCF Ile-de-France. « Il fallait s’assurer que l’implantation des ascenseurs et des escaliers (fixes et mécaniques), sur les quais, soient en adéquation avec les référentiels SNCF en vigueur. Nous devions prévoir les largeurs nécessaires de passage du public, entre les bords de quais et les équipements, en tenant compte des risques ferroviaires ou du risque de traversée des voies, en cas de forte affluence. »
Près d’un milliards et demi d’euros ont ainsi été prévus en Ile-de-France par la SNCF et RFF (Réseau ferré de France) pour rendre plus de 90 % des gares accessibles. « Il faut aussi penser aux dépenses de fonctionnement », remarque Florent Philippot. « Ainsi, par exemple, dans la nouvelle résidence d’étudiant, si un siphon de douche à l’italienne adapté aux PMR se bouche, cela posera bien plus de problèmes qu’un siphon de bac à douche classique. D’où l’importance d’une bonne réflexion en amont et d’une conception sans défaut des installations. »

Repenser la conception

L’adaptabilité des locaux aux personnes handicapées entraîne parfois des conséquences insoupçonnées. « Le fait de concevoir tous les studios suffisamment spacieux pour les PMR entraîne une augmentation du loyer à supporter par l’étudiant, ajoute M. Philippot. Le plus petit, de 28 m², coûte par exemple 456 € par mois. L’étudiant se retrouve souvent obligé de trouver un colocataire pour partager les frais. Beaucoup auraient préféré habiter seul dans un 10 m² plus abordable ! L’idéal aurait été de proposer 50 % de logements PMR par étage, par exemple, pour contenter tout le monde. Enfin, certains équipements, comme les touches d’ascenseur, le vidéo portier ou les boîtes aux lettres placées à hauteur de fauteuil, posent des problèmes aux personnes de grande taille ou aux femmes enceintes (obligées de se baisser). » La conception universelle reste à imaginer.

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