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Quand le gaz propane remplace naturellement le fioul

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Quand le gaz propane remplace naturellement le fioul

Une dépense divisée par cinq grâce à l'isolation

Isolation lourde et changement d’énergie ont réduit de 76 % la consommation énergétique des nouveaux locaux de la mairie berrichonne de Préveranges. L’utilisation du propane comporte d’autres atouts en termes d’exploitation, d’espace, d’entretien, de comptage et d’approvisionnement.

Contexte Rénover et transformer un hôtel-restaurant abandonné en 2000

« Certes, le gaz propane est en moyenne nationale 10 à 20 % plus onéreux que le fioul, soupèse Joël Pedessac, DG du CFBP. Mais dans de nombreux cas, cette énergie - dont le prix varie selon les volumes facturés et les zones de consommation - est très concurrentielle. Surtout, elle apporte des atouts d’exploitation et de maintenance. » Pour le directeur général du CFBP (Comité français du butane et du propane), cela explique le choix du propane comme alternative lorsque le gaz naturel n’est pas accessible. Or, les deux tiers du territoire national ne sont pas reliés à une canalisation. Alors qu’une installation de ce type peut rapidement et à moindre coût être raccordée au gaz naturel, lorsqu’il arrive à proximité.

C’est l’ensemble de ces arguments qui a convaincu les élus de la commune de Préveranges (Cher) de choisir le propane pour leur projet de rénovation « Cœur de village » subventionné par la Région Centre. La mairie voulait quitter un bâtiment administratif de 90 m², construit dans les années 80, devenu étroit et inconfortable. Le nouveau lieu est choisi en 2008 : un ancien hôtel-restaurant sis au centre du bourg, abandonné et inoccupé depuis le début des années 2000.
L’avant-projet de rénovation est conduit avec le Pact du Cher, un bureau d’études associatif qui travaille avec les communes. Il vise à créer un espace mairie de 150 m² au RDC, et quatre logements loués sur les deux niveaux supérieurs à raison de deux logements par étage. L’ébauche du projet et le Cahier des charges techniques (CCT) sont réalisés par Christel Auroy, architecte et maître d’œuvre choisi après consultation. L’appel d’offres travaux est lancé fin 2010 avec pour objectif d’atteindre un niveau d’efficacité énergétique comparable aux exigences environnementales du label BBC. À l’époque « le propane s’est révélé être la solution énergétique la plus pertinente pour répondre à nos impératifs de confort, de budget et de respect environnemental », estime Jacques Nicolas, maire de Préveranges. Est-ce toujours vrai aujourd’hui, trois ans après ?

Exploitation Bien comparer le prix des énergies

Les choix énergétiques de cette rénovation ont été étudiés en amont par Nathalie Duchet, conseillère municipale, mais aussi responsable Énergie au Syndicat départemental de l’énergie du Cher (SDE 18). Avec l’architecte, son questionnement portait sur le niveau de confort, le budget travaux et les dépenses d’exploitation. Une isolation lourde étant programmée, il leur fallait déterminer quelle énergie était la plus performante économiquement et techniquement. « D’emblée, le bois a été éliminé en raison de son coût et des problèmes engendrés par son approvisionnement, détaille Nathalie Duchet. Dans la région, il n’y a pas d’accès aux canalisations de gaz de ville, ni de géothermie. Les autres énergies renouvelables, la pompe à chaleur ou le photovoltaïque, sont insuffisantes. » L’électricité a été écartée en raison de son prix élevé et volatile : « L’installation de convecteurs rend difficile un changement d’énergie, malgré un investissement plus faible. Mais sur dix ans, cela n’est pas rentable », poursuit la conseillère municipale. Restait à étudier la mise en place de radiateurs à eau chauffée au fioul ou au gaz propane. En 2010, le prix du fioul était de l’ordre de 9 à 10 centimes d’euros/kWh. Sa variation dépend du prix du baril de pétrole : après avoir grimpé en 2012, il est revenu aujourd’hui à un prix comparable de 10 cts €/kWh. Comparativement, le prix du propane domestique classique était de 12 cts €/kWh. « Mais en négociant avec Antargaz, nous l’avons ramené à 7,5 cts €/kWh avec un contrat prévoyant une augmentation plafonnée et encadrée sur dix ans », conclut Nathalie Duchet. L’équation s’est avérée payante, puisqu’en 2014, la facture n’est que de 8,5 cts €/kWh.

Le second atout du propane est une consommation détaillée par compteur individuel. La cuve, enterrée derrière le bâtiment, est entièrement gérée à distance en radiorelève par Antargaz qui l’approvisionne automatiquement selon les besoins. Ensuite, l’opérateur facture indépendamment chaque logement et la mairie.

Résultat Isolation, énergie, le gain est double

conformément au Diagnostic thermique préalable, les travaux d’isolation et le choix énergétique du propane permettent de réduire la consommation mesurée en Watt-heure (Wh) équivalent pétrole de 76 %, et les émissions de gaz à effet de serre de 86 %.

Le gain est double. Il est réalisé sur une consommation énergétique réduite et sur le coût unitaire de l’énergie. L’isolation d’abord : pour un investissement de 25 000 euros, la dépense énergétique annuelle, hors éclairage, chute de 188 229 kWh EP (Équivalent pétrole) à 33 115 kWh EP, soit une division par cinq. La seconde économie est réalisée grâce au prix propane, actuellement facturé 8,5 cts €/kWh EP, contre 10 cts €/kWh EP pour le fioul, donc un différentiel de 15 %.
Le résultat s’est fait sentir dès la première année d’exploitation. Aussi bien en matière de confort que de dépenses. Sur 2013, pour la seule mairie, la facture de chauffage est de 2 700 €/an, avec un hiver très long (chauffage jusqu’en mai, contre avril habituellement), pour une surface de 150 m² et une température constante de 21 °C en hiver, et 24 °C en pointe l’été. Par comparaison, la consommation du chauffage électrique de l’ancienne mairie se montait à 4 600 €/an pour une surface de 90 m². En hiver, la température atteignait difficilement 19 °C, et grimpait à 27 °C en été.
Le personnel communal, les visiteurs de la mairie et les locataires apprécient le confort thermique des nouveaux locaux. Les autres atouts comme la facturation par compteur individuel, le contrat-cadre de fourniture avec Antargaz, l’entretien simplifié des chaudières à condensation, l’utilisation économique du gaz en cuisson, le gain de place en chaufferie au sous-sol, et surtout la satisfaction d’utiliser une énergie peu émettrice de gaz à effet de serre, ne sont pas comptabilisables.
« Mais si c’était à refaire, nous adopterions la même configuration, conclut Nathalie Duchet. La réflexion menée avec le conseil municipal sur l’isolation et l’énergie permet de maîtriser le budget de la mairie. Tout le monde y est sensible. Ce projet est un exemple que je présente souvent comme une réussite aux communes et aux partenaires locaux. »

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