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Quand la sécurité passe avant l’amusement

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Quand la sécurité passe avant l’amusement

La réglementation ne privilégie aucun sol. Toutefois, dans toutes les zones où les enfants sont susceptibles de tomber, en utilisant les équipements, le décret de 1996 impose que les zones soient constituées de matériaux amortissants. (Docs. Bois d’Orraine.)

Concevoir une aire de jeux peut relever du parcours du combattant. Les normes et leurs applications, extrêmement strictes, sont tournées essentiellement vers la sécurité, on en oublierait presque que ce sont des lieux ludiques et de détente.

Avec la résidentialisation du parc HLM qui consiste à donner un caractère privé aux immeubles – avec l’espoir d’une appropriation de l’espace par ses habitants et d’une amélioration de la qualité de vie –, se développent des espaces collectifs ludiques. Notamment des aires collectives de jeux pour les enfants de tout âge. Avec une particularité : ces espaces semblent davantage mis en place au cours d’opérations de requalification plutôt que dans le neuf et les écoquartiers, où les concepteurs ont tendance à privilégier les espaces naturels ou les jardins partagés. Il faut dire que les aires de jeux, principe de précaution oblige, sont soumis à une réglementation sévère qui peut en décourager plus d’un (voir encadré).

Contraintes environnementales

L’environnement dans lequel est implantée l’aire de jeux est un autre paramètre à considérer. Ainsi, voitures et deux roues (cycles ou cyclomoteurs) sont à bannir sur tout le pourtour. Une clôture, qui, elle aussi, satisfera à l’obligation générale de sécurité, peut alors l’entourer et doit porter un affichage spécifique sur les diverses interdictions et les conditions d’utilisation des jeux. Attention, comme les portillons d’accès sécurisé (anti-pince-doigts), elle doit se trouver en dehors du périmètre de sécurité dévolu à chaque jeu.

Si l’on prévoit des plantations dans le périmètre de l’aire de jeux, là encore attention. On n’imagine pas, en effet, le nombre de végétaux à proscrire en raison des risques qu’ils représentent pour les enfants. Ainsi, tous les épineux – rosier, acacia, yucca, ajonc… – sont à éliminer, de même que les plantes ou arbustes à baies toxiques tels gui, houx, if, muguet, belladone, chèvrefeuille rouge et noir… La liste n’est pas exhaustive, d’autres arbustes sont à bannir ; parmi les plus connus, citons le laurier rose, la glycine, l’aucuba ou encore la ciguë. Idem pour les arbres qui ne doivent pas avoir de branches basses sur lesquelles les enfants seraient susceptibles de grimper. Les branches ne doivent pas non plus empiéter sur l’espace qui doit rester dégagé en tous sens, autour des équipements. Point de racines saillantes dans les zones de sécurité des équipements, il convient d’éviter les chutes. Enfin, les arbres donnant des fruits à bogues, comme les marronniers et châtaigniers, ne doivent pas être à proximité des équipements.

Matérialisation des abords

Lors de la conception en elle-même, la disposition des jeux est conçue de manière à éviter toute interférence entre les jeux proprement dits, les enfants ou d’autres objets présents sur l’aire de jeux. Le mieux est de prendre en compte au minimum les périmètres de sécurité de chaque élément. La norme précise que si, par exemple, balançoire et toboggan ont chacun un périmètre de sécurité de 2 m, le dégagement requis peut être commun aux deux équipements. Le décret du 18 décembre prévoit, en outre, la matérialisation des abords. Celle-ci a un caractère plus incitatif et éducatif que dissuasif pour les enfants. Toutes sortes de repérages sont possibles : marquages visuels, sols de différentes couleurs et lignes de marquages ou délimitations physiques comme des haies, barrières ou murets. Dans ce dernier cas, toutes les recommandations de sécurité sont à prendre en compte de manière à ne pas provoquer de chutes ou de ne pas inciter les enfants à grimper.

Un affichage spécifique à chaque jeu, en dehors du périmètre de sécurité de chaque équipement doit obligatoirement figurer. Sur ce point, l’administration, tatillonne, ne tolère aucune exception. Les tranches d’âge indiquées pour le jeu seront dûment mentionnées. D’une manière générale, affichage et pictogrammes doivent répondre à trois impératifs : lisibilité, durabilité et compréhensibilité par tous.

Plans entretien et de maintenance

La norme oblige encore à l’élaboration d’un plan de l’aire de jeux. Le but : aider l’exploitant à mieux connaître ses particularités et à en organiser l’entretien. Sur ce plan réalisé à l’échelle et indiquant l’orientation, figurent tous les équipements, que ceux-ci aient ou non la qualité d’équipements d’aires collectives (au sens du décret de 1994), les éléments de mobilier (tables, bancs…), les principaux éléments de décor (arbre, haies…), l’emplacement des clôtures. Sont également représentés les repères topologiques immédiats comme les voies adjacentes, qui permettent de localiser l’aire rapidement.

Côté entretien et maintenance, là encore le législateur a prévu, via le décret de 1996, toute une palette de contraintes visant, toujours pour des questions de sécurité, à maintenir les jeux en l’état. Trois types de mesures complémentaires sont à mettre en œuvre :

•Elaborer un plan d’entretien de l’aire de jeux et un plan de maintenance de ces derniers.

•Organiser une inspection régulière pour en vérifier l’état et déterminer les réparations à effectuer.

•Tenir un registre avec date et résultat des contrôles effectués.

La Fifas (Fédération française des industries sport et loisirs) recommande trois types de contrôle : visuels au quotidien (éléments cassés, ratissage du sable…), mensuels ou trimestriels en fonction de l’utilisation – ce sont des vérifications d’ordre technique (détection des points de corrosion, de l’usure, de la stabilité…) – et annuels par des personnes qualifiées (examen détaillé des structures et de leurs fondations, par exemple).

Toutes ces dispositions peuvent décourager les plus valeureux, qui, s’ils ne les appliquent pas, peuvent se voir infliger des amendes conséquentes lors des contrôles. Outre ces contraintes, il s’agit de ne pas sous-estimer l’imagination fertile de nos chérubins pour détourner l’utilisation des jeux. De quoi s’arracher les cheveux.

N°326

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