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Qualité de l’enveloppe : le signal d'alarme est tiré

Stéphanie Obadia
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Qualité de l’enveloppe : le signal d'alarme est tiré

Le Groupe de travail sur la qualité de l'enveloppe (GTQE) du Pôle de compétitivité Fibres-Énergivie publie un livre blanc en faveur d’une enveloppe performante pour un bâtiment sain et économe. À travers ce livre blanc c’est l’inquiétude de la non-prise en compte de la qualité de l’enveloppe et des ponts thermiques qui transparaît. 

Le Groupe de travail sur la qualité de l'enveloppe du pôle de compétitivité Fibres Energivie* dédié aux matériaux et bâtiments durables, tire la sonnette d’alarme. Aujourd’hui, en France, 7 millions de logements sont mal isolés et 3,8 millions constituent de véritables “passoires thermiques” occupées par des ménages en situation de précarité énergétique. Pour ce groupe de travail, la qualité de l’enveloppe et des ponts thermiques sont des éléments essentiels à prendre en compte dans la construction de logements.

Mais aussi étonnants que cela puisse paraître, ce n’est, selon eux, pas toujours le cas aujourd’hui en France. La RT 2012, et la future RE 2020 telle qu’elle semble s’écrire, permettraient de passer outre. Thermographies et exemples à l’appui, ce groupe de travail démontre que des bâtiments répondant à le RT 2012 présentent de multiples ponts thermiques ponctuels et linéiques. Pire encore : « Alors que le gouvernement souhaite décarboner le bâtiment afin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, les émissions des bâtiments ne cessent d’augmenter depuis 2013 selon une étude de l’observatoire Climat Energie. Nous allons dans la direction inverse ! », alerte Philippe Bousssemart, président du groupement mur manteau. L’inquiétude de ces professionnels est d’autant plus grande que la Loi Essoc met en avant une obligation de résultats et non de moyens. « L’important n’est pas le résultat, mais bien le chemin que l’on empreinte. La performance réside dans l’homogénéité de l’ensemble d’un bâtiment », argumente Andre Pouget.

Quelles solutions ?

Ce groupe de travail propose trois axes majeurs de travail. Tout d’abord modifier les coefficients relatifs à la mesure de la performance de l'enveloppe dans la RE2020 : à savoir abaisser le coefficient de transmission thermique linéique des liaisons avec les planchers intermédiaires et les murs donnant sur l'extérieur ou un local non-chauffé Ψ9 à une valeur maximale moyenne à 0,5 W/ml.K (contre 0,6 dans la RT2012). Ou alors réintroduire au côté du Bbio le coefficient de type Ubât, auparavant présent dans la RT 2005, qui donne en effet un seuil maximum à la conductivité thermique de l'enveloppe du bâtiment par type de paroi.

« Il sert donc de garde-fou au regard des calculs globaux de moyennes sur l'ensemble de l'enveloppe, et garantit ainsi une isolation plus homogène. Réintroduire le Ubat dans la future RE 2020 serait plus pertinent, efficace et serait en soi une grande avancée », argumente David Corgier du cabinet d’ingénierie énergétique Manaslu, pour qui il faudrait prendre exemple sur nos voisins étrangers exploitant un autre indicateur FRsi (caractérisant un pont thermique sur le plan de la condensation). Pour Philippe Boussemart, président du groupement Mur Manteau, « la stratégie nationale bas carbone déposée le 6 décembre au gouvernement, prend pour référence le facteur Bbio seul. Il est intéressant mais pas dimensionnant : il est possible d’y répondre tout en isolant mal le bâtiment ».

Autres points évoqués : développer le commissionnement - le contrôle qualité structuré - d'un projet de construction dès sa phase de programmation jusqu'après sa livraison afin de garantir l'atteinte des performances énergétiques. Et enfin piloter la qualité grâce au numérique : « Couplée à des mesures de contrôle de conformité grâce aux nouveaux outils tels que RFID, drones, laser... la maquette numérique a un rôle fondamental à jouer dans la performance de l'enveloppe du bâtiment », évoquent-ils dans le livre blanc.

Le choix gagnant

Le groupe milite donc pour concevoir et réaliser une enveloppe du bâtiment performante sur toute la durée de vie du bâtiment. Les avantages sont multiples. Cela permet d’économiser sur la facture énergétique ; d’améliorer la qualité de l'air dans les bâtiments en préservant ainsi la santé des occupants et alléger le coût pour la société, la prise en charge des effets sanitaires étant évaluée à 19 milliards d'euros par an (étude de l'ANSES, l'OQAI et ABM) ; d’économiser sur le dimensionnement des équipements de production d’énergie ; de réduire le coût exorbitant de la non-qualité dans le bâtiment (13,8 milliards d'euros en 2017) ; d’augmenter la valeur du bien (+ 3 à + 13 % selon les régions si le diagnostic de performance énergétique -DPE- est supérieur à D) ; de ne pas léguer aux générations futures des bâtiments à rénover car dégradés par les effets d'une enveloppe non performante ; et d’atteindre les objectifs de baisse des émissions de gaz à effet de serre (le bâtiment est en 2017 le secteur qui présente le plus grand écart par rapport aux objectifs de réduction des émissions de GES en France : + 22,7 %). « C’est un choix gagnant », concluent-ils de concert. Autant d’arguments à lire dans le livre blanc “Réussir la Transition Énergétique : Une enveloppe performante pour un bâtiment sain et économe”. Un outil de synthèse, de prospective et un guide pour atteindre une isolation optimale de l'enveloppe à télécharger sur le site du Pole Fibres Energivie.

 

*Le Groupe de travail sur la qualité de l'enveloppe (commission du Pôle de compétitivité Fibres-Énergivie dédié aux matériaux et bâtiments durables) réunit 9 membres représentant des industriels (Etanco, Schöck France), des bureaux d’études (Manaslu, Pouget Consultants, Medieco), des assureurs (Pôle Aléarisque) et des organismes professionnels et des syndicats (le Groupement du Mur manteau, le Syndicat national des bardages et vêtures isolées (SNBVI) et le Pôle Fibres-Energivie). 

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