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Qualité de fabrication et finesse améliorent les menuiseries

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Qualité de fabrication et finesse améliorent les menuiseries

© (Doc. Horizon.)

Poussée par l’industrialisation des process, la baie fait dans le sur mesure. En parachevant les techniques existantes, des produits très techniques et plus esthétiques diversifient l’offre et rendent les parois vitrées aussi performantes que les parois pleines.

Selon Jean-Pierre Loustau, ­directeur du bureau d’études TBC, on assiste aujourd’hui à « l’industrialisation du ”sur mesure” ».

Sans caricaturer, aucune grande évolution n’est intervenue dans le monde de la baie depuis deux ans. Ce qui ne signifie pas qu’il ne s’est rien passé puisque techniques et matériaux se peaufinent, tandis que les formes s’affinent. Le « sur mesure » se généralise pour coller à la demande grandissante de rénovation, mais aussi pour intégrer la fenêtre comme un élément du décor intérieur et extérieur. Ainsi, « la fenêtre peut devenir le seul élément multifonctionnel de la façade ».

L’innovation est également liée à pression environnementale, sécuritaire (comportement au feu, résistance face à l’intrusion) et réglementaire (acoustique et thermique).

En attendant 2005, c’est encore la thermique, via la RT 2000, qui reste la principale préoccupation des gammistes et fabricants. Dans ce domaine, l’innovation est venue des vitrages à couches peu émissives, appelés à isolation renforcée. En effet, au cours de ces deux dernières années, ces derniers se sont généralisés.

Vitrages : une contribution forte à la thermique

À l’image de ce qui s’est produit pour le remplacement des simples vitrages par des doubles vitrages, les VIR pourraient créer un nouveau mouvement de remplacement dans la menuiserie. En effet, ces derniers améliorent fortement le confort thermique en supprimant totalement la notion de paroi froide. Trois fois plus isolants qu’un vitrage ordinaire (pour les meilleurs), ils procurent des économies d’énergie comprises entre 10 et 20 % de la consommation, selon le type de logement et la région.

A contrario, ces performances thermiques permettent, à consommation énergétique égale, d’augmenter jusqu’à un tiers de surface vitrée. D’où, une liberté accrue par rapport au taux de référence retenu par la RT 2000 en matière de surfaces vitrées (50 % de la façade en tertiaire et 25 % en résidentiel).

Économies d’énergie, augmentation de la luminosité et donc du confort, mais aussi éclairage naturel, en font des produits qui s’inscrivent totalement dans une démarche environnementale de type HQE ou bioclimatique. Quoi qu’il en soit, la recherche de lumière naturelle est une tendance forte, concrétisée par une augmentation significative du clair vitrage, quel que soit le type de menuiserie.

Tirer les menuiseries par le haut

Sur plan technique, leurs performances sont obtenues par une mince couche d’argent ou d’oxydes métalliques à base de nickel, déposée sur l’une des faces intérieures d’un double vitrage. Dans la plupart des cas, il s’agit de la surface externe du vitrage intérieur. Ces couches font office de barrière thermique à l’intérieur même du double vitrage, en renvoyant la chaleur vers l’intérieur du bâtiment. Associé au vitrage à couches, le remplacement de la lame d’air par de l’argon augmente encore leurs performances. Insensible aux ultraviolets, ce gaz présente une meilleure résistance thermique que l’air. Ainsi, les VIR agissent sur les trois éléments fondamentaux de transfert d’énergie thermique : conduction, convection et rayonnement. Des solutions proposées en standard par certains industriels.

Déjà, de nouvelles générations de vitrages pointent à l’horizon : les vitrages autonettoyants qui sont passés du stade expérimental à celui de la commercialisation ; les vitrages chauffants qui intègrent une couche peu émissive connectée à une alimentation électrique ; et les vitrages à vide qui, expérimentés en Europe, sont déjà commercialisés au Japon.

Quant aux menuiseries, elles ont moins évolué que les vitrages. D’aucuns leur reprochent d’être le point faible de la fenêtre. Néammoins, toutes ont passé le cap de la RT 2000 et semblent bien engagées pour passer celui de la RT 2005, y compris les menuiseries aluminium (les vitrages peu émissifs y contribuent fortement).

Bois, alu et PVC dominent et les fenêtres en acier, malgré des produits de grande qualité, demeurent très marginales. Ces dernières, bénéficiant de profilés en acier de faible section, s’affranchissent des exigences de la réglementation thermique.

Développement de la lamellisation

Les fabricants – de plus en plus concentrés et avec une offre multimatériau – ont tenté de tirer les menuiseries par le haut en améliorant leurs propriétés et en essayant de corriger leurs défauts.

Ainsi, les industriels de la fenêtre bois ont travaillé sur de nouveaux concepts à base de bois reconstitué et traité. Parallèlement, la lamellisation est en fort développement. Ce procédé, très répandu en Allemagne (90 % des fabrications de menuiserie bois) consiste à superposer, par placage et par collage, plusieurs essences de bois. Ces techniques renforcent la stabilité, améliorent la résistance mécanique et limitent les problèmes de déformations. En outre, elles pallient les difficultés d’approvisionnement en bois exotiques et en limitent les coûts. La filière bois s’inscrivant de plus en plus dans une gestion durable des forêts, on observe un repli vers les résineux d’Europe du Nord ou les essences exotiques « cultivées » telles que l’eucalyptus. Ces nouvelles essences impliquent une évolution et un changement dans les modes de collage. Sur le plan thermique, la fenêtre bois passera le cap de la RT 2005 sans difficulté, d’autant que les fabricants sont sur le point de bannir systématiquement les vitrages avec une lame d’air inférieure à 12 mm. Une mesure qui implique des profilés plus larges, afin de prendre en feuillure des vitrages qui le sont tout autant.

En revanche, grâce à ces procédés de fabrication, on assiste à un affinement des profilés et à une augmentation en rapport du clair vitrage. Côté esthétique, on trouve des formes plus arrondies, exemptes d’angles saillants. Cela rappelle les moulures des anciennes menuiseries, améliore la tenue des traitements de surface– qui se détériorent en premier lieu aux angles – et facilite l’entretien. De plus, les traitements et peintures de protection, s’ils ne sont pas encore totalement « écologiques », sont de meilleure qualité sur le plan environnemental et offrent une meilleure tenue dans le temps.

Malgré ces avancées, pour certains observateurs, le bois n’a pas encore fait sa révolution : elle se produira probablement avec une industrialisation accrue. Une séparation de plus en plus nette entre produit « industrialisé » et « artisanal » est déjà perceptible, sans remettre en cause la qualité de certaines fenêtres artisanales. Un renversement à effectuer d’autant plus rapidement que les pays de l’Est, nouvellement admis au sein de l’Europe, ont gardé une tradition de la menuiserie bois et s’intéressent d’ores et déjà au marché de l’Europe de l’Ouest, accessible avec le marquage CE.

L’association du bois avec d’autres matériaux – bois/alu voire bois/PVC – est l’une des pistes explorées pour le relancer. Ces produits ont atteint une certaine maturité et cumulent les avantages des uns et des autres (voir encadré). Mais des coûts encore élevés les limitent à des opérations haut de gamme.

Aluminium : généralisation des rupteurs

De leur côté, les menuiseries aluminium ont évolué grâce à une plus grande industrialisation des process. Par ailleurs, on assiste à une percée non négligeable de ces produits dans l’habitat. Les fabricants ont, en effet, développé de nouvelles gammes spécifiques à l’habitat individuel et collectif. À grand renfort de publicité, les Français ont découvert ou redécouvert les vertus de la fenêtre en aluminium : couleur, durabilité, entretien limité et finesse des profils.

Les performances thermiques (le point faible) sont systématiquement renforcées par la généralisation des rupteurs de pont thermique et par la mise en place systématique de VIR. Mais la rupture de pont thermique ne suffisant pas, les fabricants ont aussi travaillé à la conception des profilés et de la fenêtre dans son ensemble.

Ainsi, on assiste à une multiplication de produits à ouvrants cachés, avec rupture sur dormant. Une technique qui apporte de réelles améliorations thermiques, tout en limitant les coûts. Comme les performances thermiques sont plus difficiles à obtenir en coulissants, il est possible que certaines gammes ne passent pas la RT 2005 sans un travail préalable sur la conception. D’ores et déjà, nombre d’entre eux sont équipés de bavettes polyamide et un travail important est effectué sur les profilés afin de limiter les pertes thermiques.

Deux autres évolutions s’annoncent bien : les solutions blocs-baies – avec menuiserie et volet en aluminium – et le galandage qui se développe considérablement. Une technique ancienne qui requiert l’intervention concertée d’un menuisier et d’un maçon. Des industriels tentent aujourd’hui des solutions plus fiables et rapides à mettre en œuvre.

Côté esthétique, la quincaillerie est de type PVC et l’on trouve désormais des menuiseries en ton bois ou bicolores.

Pour le PVC, aucun souci quant à la réglementation thermique actuelle et future. Libérés de la thermique, les fabricants font évoluer les produits arrivés à maturité technique. Au programme : résistance mécanique, durabilité et esthétique. Un troisième point qui passe par une réduction des masses opaques – et donc une augmentation du clair vitrage à l’image d’une fenêtre aluminium – et la recherche d’un rendu visuel comparable au bois. L’aspect massif des menuiseries PVC est maintenant oublié et, parallèlement, on assiste à l’essor de coulissants PVC.

De nombreuses malfaçons

Également au rendez-vous, la couleur comme pour les revêtements de type placage. Les couleurs grisées ou sablées ouvrent au PVC des perspectives dans la décoration, hors logement social. De même, on note dans toutes les gammes un réel effort dans la qualité de la quincaillerie.

Sans oublier une optimisation de la forme, l’augmentation de l’épaisseur des profilés, la multiplication du nombre de chambres, les renforts sophistiqués. Composites, ces menuiseries conservent la plupart du temps leurs renforts en acier. Les matériaux pultrudés, qui améliorent la thermique des profilés, ont un rapport coût/performance encore défavorable. Mais l’augmentation des prix de l’acier pourrait bien les rendre plus attractifs.

Les blocs-baies – qui associent la fenêtre et le volet roulant – restent une spécificité des menuiseries PVC. Ils évoluent vers des systèmes prêts à poser, ayant plusieurs fonctions : occultation et gestion de la lumière, de la ventilation, des apports solaire, de la sécurité…

L’émergence des composites, annoncée depuis longtemps, est maintenant bien réelle, mais très marginale, pour des raisons de coût. Ces menuiseries multimatériaux combineront et optimiseront les propriétés de chacun selon le principe « le bon matériau au bon endroit ». Un développement qui va de pair avec un souci de préservation environnementale en terme de fabrication et de recyclage.

Mais la plus performante des fenêtres est inutile si elle n’est pas mise en œuvre correctement. D’ailleurs, les fabricants cherchent à modifier les systèmes de pose afin de remédier aux malfaçons – gros point faible – et de réduire, par conséquent, les coûts de mise en œuvre (environ 30 % du coût total d’une menuiserie industrielle posée). Les Compobaies, qui associent la menuiserie, sa fermeture et son encadrement représentent l’une des solutions à destination des maçons. Une autre serait la mise en place d’une certification volontaire pour les poseurs. Prévue pour la fin de l’année, elle devrait sensibiliser les entreprises et à terme, limiter les problèmes. Quant aux industriels, ils souhaiteraient une mise en œuvre de produits certifiés par des poseurs certifiés.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°247

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