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Protéger les réseaux contre la corrosion et l’entartrage

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Protéger les réseaux contre la corrosion et l’entartrage

Les installationsde distribution d’eau dans les établissements thermaux se trouvent toujours en milieux extrêmement humides. Le HTA valorise son incorrodabilité interne et externe.

© (Doc. Girpi.)

La lutte contre la corrosion et la légionellose passe nécessairement par des réseaux de distribution en tubes très lisses et incorrodables par les eaux thermales naturelles et l’ambiance humide des locaux.

Dans un établissement thermal, le risque de corrosion est autant interne qu’externe. L’atmosphère saturée d’humidité favorise la corrosion externe des tubes. Le caractère souvent très agressif des eaux minérales et de l’eau de mer accélère cette corrosion. Aujourd’hui, les matières envisageables pour la distribution d’eaux agressives froides ou chaudes sont l’acier inoxydable, le PVC surchloré C-PVC, le polypropylène random copolymère PP-R, le polyéthylène réticulé PE-X, le polybutène ou polybutylène PB et les tubes multicouches (PE-X/ Aluminium/ PE-X ou PE-X/ Aluminium/ PEHD). Le cuivre, bien que parfaitement alimentaire, ne convient pas dans ces milieux particuliers. Trois matériaux de synthèse permettent de construire des réseaux non-métalliques et sans risque de corrosion : le PB, le PP-R et le C-PVC. Leur face interne très lisse et leur dilatation rendent difficile la fixation du tartre. Tous trois résistent aux traitements et chocs chlorés ou thermiques. Des raccords de divers types, soudables par polyfusion ou électrofusion, et des vannes sont moulés dans ces trois matériaux. Ainsi, les procédés de raccordement ne font pas appel à des éléments métalliques et la mise en eau peut être effectuée quelques minutes après le soudage.

Des réseaux homogènes en matériaux de synthèse

Complètement inerte vis-à-vis d’un grand nombre d’acides et de bases, le PP-R est un matériau « alimentaire » adapté aux eaux thermales. Il est encastrable dans le béton sans protection particulière et transmet mal les bruits. Egalement très mauvais conducteur de chaleur, il diminue les pertes thermiques sur les réseaux de distribution d’eau chaude et permet de réduire l’isolation des canalisations. Par exemple, la conductivité thermique d’un tube PP-R Coprax de Prandelli à 20°C n’est que de 0,24 W/m.K contre 45 à 60 W/m.K pour l’acier inoxydable. Ses excellentes propriétés d’isolation électrique le rendent insensible aux courants vagabonds. Ce qui n’oblige pas la mise à la terre du réseau.

Plus particulièrement destinés à la distribution en pression de l’eau froide ou chaude, les systèmes complets conçus en C-PVC offrent une mise en œuvre simple. HTA, le système C-PVC de Girpi est classé ininflammable (M1). Le réseau accepte une pression de 6 bars à 80°C en continu. Sa conductivité thermique médiocre (0,16 W/mK), encore inférieure à celle du PP-R, permet de réduire les isolants thermiques. Les tubes en PE-X et les tubes multicouches sont parfaitement incorrodables, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ils sont couramment mis en œuvre avec des raccords, vannes et diverses robinetteries de réseau en laiton alimentaire, bronze, cuivre ou acier. Dans le milieu particulier des établissements thermaux, de thalasso ou de balnéothérapie, la seule solution contre la corrosion interne est d’utiliser des raccords sertis, vannes et robinetteries en acier inoxydable. Les tubes multicouches, composés d’une couche intérieure en PE-X, d’une âme en aluminium et d’un habillage extérieur en PE-X, PP-R, PEHD ou PE, sont aussi largement disponibles, fréquemment sous formes de rouleaux préisolés. Les raccords sertis résistent à des pressions jusqu’à 10 bars.

La combinaison d’une forte teneur en sel et de chaleur constitue la meilleure recette pour une corrosion accélérée. Les pompes de puisage et de surpression y sont particulièrement exposées. La solution consiste à revenir aux pompes immergées en acier inoxydable.

Fabrications à la demande

Si l’eau pompée est chaude, il convient de surdimensionner le moteur des pompes pour qu’il fonctionne correctement dans ces conditions extrêmes. Les stations de surpression que les établissements de thermalisme, thalasso et balnéothérapie utilisent pour obtenir les pressions nécessaires à leurs systèmes de douches filiformes, de douches multijets, etc. doivent être entièrement réalisées en acier inoxydable : pompes, réservoirs et robinetteries. Aucun appareil de ce genre n’existe sur catalogue. Ce sont des fabrications à la demande, réalisées soit par les fabricants de pompes, soit par des petits intégrateurs. Grundfos et Salmson, Wilo et KSB proposent des programmes de dimensionnement de pompes qui tiennent compte, non seulement des débits à pomper, des hauteurs à compenser et des pressions à rendre disponibles au point de puisage, mais aussi de l’environnement dans lequel devra fonctionner l’appareil. KSB propose tout un ensemble de contrats de maintenance, y compris de maintenance préventive.

Matériaux et filtration contre la légionellose

L’utilisation de matériaux de synthèse dans les réseaux de plomberie élimine le problème de la corrosion en thermalisme, et participe à la réduction des risques d’incrustation de ­tartre qui doivent être envisagés sérieusement. D’autant que la multiplication des bactéries est facilitée par le développement de biofilms sur la face interne des canalisations.

En octobre 2001, le Kiwa (1) a évalué ce phénomène et établi une hiérarchie des matériaux en termes de développement de biofilm. Après 50 jours, les tubes en verre sont les mieux placés, suivis par les canalisations en C-PVC, puis en cuivre, en PP-R et en PE-X. Les tubes multicouches se comporteraient comme le PE-X. Les tubes de PB n’ont pas été étudiés. Par ailleurs, lorsque l’eau peut être « traitée », le seul traitement qui n’altère pas les vertus des eaux minérales reste la filtration relativement peu fine, destinée simplement à retenir les particules, les sables, etc.

Deux technologies sont disponibles : les filtres à sable sous pression pour des débits importants de l’ordre de 10 à 15 m3/heure ou les filtres à cartouche pour des débits inférieurs.

Largement disponibles, les filtres à sable sous pression constituent une technique ancienne et éprouvée. En revanche, les filtres à cartouche sont rapidement encrassés par l’eau de mer et les eaux minérales. Il est nécessaire de les équiper de deux manomètres (entrée et sortie) et de surveiller l’évolution du ?P pour intervenir et changer la cartouche avant ­qu’elle ne soit colmatée. ­Naturellement, cette mesure est « électronisable » pour une surveillance à distance et une prise en charge par la GTC de l’établissement, voire même pour un report à distance par ­Internet, directement auprès d’une l’entreprise de maintenance.

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