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Procédé de curage des collecteurs

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Cette méthode, plus rapide et plus sûre pour le personnel, permet de curer les collecteurs de 3 à 4 m de diamètre, en limitant les nuisances occasionnées aux riverains.

Aujourd'hui, les gros programmes de construction de nouveaux émissaires diminuent pour faire place à des problématiques d'entretien et de maintenance des réseaux existants, « ceux-ci devant être nettoyés afin d'éviter les risques d'ensablement qui limitent les capacités de transfert et peuvent créer des problèmes de toxicité, via le dégagement de H2S », explique Pierre-Yves Klein, directeur de Sol Environment (filiale de Solétanche Bachy). « Or, la seule technique de curage jusqu'alors disponible, assez archaïque, consistait à employer un bull de type minier qui effectue des allers-retours incessants entre la zone à curer et un puits d'évacuation », ajoute Daniel Perpezat, chef de projet en R&D de Solétanche Bachy.

Des solutions peu sûres et performantes

Corollaires pratiques : des travaux très pénibles pour les opérateurs, via la présence de gaz toxiques et l'insalubrité du milieu, des rendements limités, alors même que les collecteurs sont des équipements sensibles pour lesquels il faut limiter les périodes de mises en chômage, et une efficacité pas toujours optimale. « La machine vient souvent souiller les zones nettoyées en repassant, au cours des navettes, avec son godet plus ou moins chargé », commente Daniel Perpezat. D'où l'idée, pour Solétanche Bachy, de proposer une technique plus moderne et innovante pour répondre à ses enjeux, en profitant de l'appel d'offres, lancé par le SIAAP (Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne), dans le cadre du curage de la partie amont du collecteur SAR (Sèvres-Achères, branche de Rueil). Un ouvrage de 6,5 km de longueur, d'un diamètre de 3,10 à 3,75 m, cheminant de 10 à 60 m de profondeur entre le pont de Billancourt, à Issy-les-Moulineaux, et le carrefour de la Bérengère à Saint-Cloud. Dans la pratique, il fallait donc concevoir et fabriquer un équipement capable d'évacuer les 4 500 t de matériaux estimées, le tout dans un milieu hostile, qui n'avait pas été curé depuis 20 ans. L'ensemble des travaux devait être réalisé en 2 mois. Autre contrainte : traiter les 1 200 m3 jour du rue de Marivel, celui-ci ne pouvant pas être détourné vers d'autres parties du réseau, ce dernier point étant résolu via la conception d'une station provisoire (voir encadré) capable de fonctionner 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.

Pour répondre à ce cahier des charges délicat, Solétanche Bachy a fait appel aux compétences spécifiques de sa filiale Sol Environnement, spécialisée dans la conception d'outils de traitement et de dépollution, ainsi qu'à celles de CSM Bessac, connue pour son expertise en matière de travaux souterrains. Résultat de ce brainstorming technique : Proccope ou PROcédé de curage continu et optimisé des émissaires. Autrement dit, une machine composée d'un dispositif de curage, équipée à son extrémité d'une lame réglable et d'une vis de chargement, couplée à un outil de marinage. Ce dernier est muni d'une benne amovible de 5 m3 de capacité et capable d'évacuer les boues collectées vers le puits de sortie, à des vitesses pouvant atteindre 15 km/h.

Une machine double

Cette vélocité assez exceptionnelle, « nous a permis d'effectuer l'ensemble du chantier sans faire appel au puits intermédiaire qui avait été prévu sur le tracé », souligne Pierre-Yves Klein, « l'association des deux engins permettant de travailler en continu, à des rendements deux fois plus élevés qu'avec une méthode traditionnelle ». Dans le détail, la lame de curage pénètre dans les déblais à extraire, sous l'effort de la poussée générée par la motorisation, les matériaux étant ensuite convoyés vers l'arrière puis déversés dans une trémie de stockage tampon tractée par la machine de curage. « Si des encombrants sont rencontrés sur le parcours, il est possible d'intervenir manuellement, à l'avant, l'opérateur devant revêtir des équipements respiratoires appropriées, puis évacuer les obstacles sur le côté de la machine via un chemin de roulement équipé d'un treuil », ajoute Daniel Perpezat.

Côté sécurité, le pilote de l'engin est placé dans une cabine protectrice ventilée et en surpression, un système de ventilation collective (18 m3/s en admission) assurant, par ailleurs, la ventilation forcée dans le collecteur. Quant à la machine de marinage, elle est équipée de 8 roues radiales venant prendre appui perpendiculairement à la paroi, « son centre de gravité surbaissé assurant l'autostabilité », commente Daniel Perpezat. Le marineur se présente à l'arrière de la trémie de stockage, un convoyeur de transfert assurant le chargement de la benne. Ce procédé novateur intéresse, bien entendu, « les grosses agglomérations qui doivent entretenir des collecteurs de 3 à 4 m de diamètre », souligne Pierre-Yves Klein, « l'extrême limite étant 2,80 m ». « Mais nous réfléchissons à d'autres types d'équipement, sans conducteur embarqué, pour des diamètres inférieurs », conclut Daniel Perpezat.

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