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Privilégier les solutions simples et peu onéreuses

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Privilégier les solutions simples et peu onéreuses

Un Aménagement simple : des boites aux lettres à hauteur. Pour la porte de l’immeuble d’une largeur minimale de 90 cm si un seul battant, soit un passage utile de 83 cm. Si la porte est à double battant, l’un des vantaux doit avoir une largeur minimale de 80 cm, soit un passage utile de 77 cm.

© (Doc. APF.)

Seuils surbaissés, allèges largement vitrées, huisseries coulissantes, poignées facilement manœuvrables, précâblage … Autant d’améliorations du cadre de vie qui relèvent du bon sens et qui resteront s’il faut médicaliser l’espace.

Pour une personne à mobilité réduite, handicapée moteur, mal ou non-voyante, sourde ou tout simplement âgée, les logements, les lieux de travail ou de loisirs, les commerces et centres commerciaux sont parsemés d’embûches, voire de pièges. Mais ces barrières architecturales ne sont pas une fatalité. Il existe des moyens simples, peu onéreux pour adapter un logement ou un hall d’immeuble. L’adaptabilité d’un logement répond à une amélioration du confort pour tous, y compris pour les personnes valides. De plus, elle contribue à améliorer la sécurité domestique en minimisant les risques de chute et en renforçant le niveau de confort. Pour Rémy Hugault, chargé des questions techniques à l’Association des paralysés de France (APF) : « On doit comprendre que handicap n’implique pas forcément équipements spécialisés. Il s’agit plutôt de problèmes d’usage et de confort qui concernent l’ensemble des occupants potentiels, sans exclusion. Il faut penser le bâtiment pour l’usage de tous ses occupants en appliquant des règles simples de mise en œuvre, qui relèvent du bon sens et n’ont, la plupart du temps, aucune incidence sur le budget. Ces règles doivent devenir des réflexes sans même parfois en avertir le client. Par exemple, pour l’accessibilité d’un purgeur de radiateur qui ne doit pas être coincé dans l’angle d’un mur ou l’accès au compteur électrique. » Il n’est pas question d’apporter des solutions standardisées ou médicalisées – c’est le rôle des ergothérapeutes –, il s’agit plutôt de prévoir l’adaptabilité du logement et toutes les petites astuces qui facilitent la vie.

Seuils surbaissés et accès de plain-pied

Les seuils de portes ou de portes-fenêtres en sont l’un des exemples. En adoptant des portes-fenêtres coulissantes à seuils encastrés ou en supprimant leur pièce d’appui (transformation en portes), il est possible, tout en respectant les DTU, de rendre accessibles les jardins, balcons et terrasses. Il suffit de préférer les seuils surbaissés à ceux présentant des dénivelés supérieurs à 2 cm. Dans le cas de baies coulissantes donnant sur une terrasse ou sur un balcon, la mise en œuvre d’un caniveau avec grille permet d’encastrer le rail bas du cadre à galandage et de régler les problèmes d’étanchéité. Les portes pivotantes et les fenêtres battantes présentent un risque de choc frontal pour les mal-voyants lorsqu’elles sont entrouvertes. Pour limiter ce risque, il devra être possible de les ouvrir complètement afin qu’elles puissent se rabattre sans saillie sur un mur. Les portes et fenêtres coulissantes évitent ce risque et sont donc à choisir en priorité. Autres exemples, les portes collectives et portes extérieures qui auront une largeur minimale de 90 cm. Très lourdes, elles sont difficiles à manipuler. Pour en faciliter l’ouverture sans renvoi rapide, il est possible de l’équiper d’un ferme-porte réglé et entretenu pour faciliter la manœuvre. Ainsi, les portes automatiques et coulissantes sont les mieux adaptées. En revanche, il est interdit d’installer des dispositifs de blocage sur les portes coupe-feu ou pare-flamme. Pour les poignées de portes, les becs de canne manœuvrables avec le coude sont préférables aux boutons ronds et lisses. L’accès aux boîtes à lettres doit être situé entre 40 et 110 cm du sol comme pour les commandes d’ascenseur, les interrupteurs et les commandes de l’interphone qui seront accessibles par tous si leur position n’excède pas 110 cm du sol. Avant d’entrer dans le logement ou dans l’immeuble, les cheminements auront une largeur minimale de 1,20 m : cela autorise la circulation d’un landau, d’un fauteuil roulant ou d’une tondeuse. Sont à privilégier l’accès plain-pied, les cheminements stabilisés avec un revêtement non-glissant et l’absence de ressauts supérieurs à 2 cm. Une petite rampe peut aussi permettre un appui. Si des pentes sont nécessaires, elles doivent être inférieures à 5 %. Lorsqu’elles excèdent 4 %, on trouverra un palier de repos tous les 10 m. Les dévers supérieurs à 2 % sont à éviter.

Éviter les produits spécifiques

Dans le logement, d’autres solutions simples facilitent la vie : installer les prises principales, les convecteurs et le tableau électrique de sorte qu’ils soient accessibles à une personne valide ou en fauteuil : prises à 0,90 m du sol et armoire électrique au maximum à 1,50 m (de préférence à 1,20 m). De même, afin d’éviter tous les cheminements dans l’obscurité, l’éclairage électrique doit être commandé directement à l’entrée et à la sortie de chaque pièce par un interrupteur positionné près de la poignée de la porte (1,20 m). Il en est de même pour la plomberie et le chauffage : il conviendra de veiller à ce que les robinets d’arrêt et ceux des radiateurs soient accessibles à tous. Dans la salle de bains, la douche sans receveur (avec siège ou non) est à privilégier par rapport à une baignoire spécialisée. Cette solution onéreuse renvoie à un environnement plus complexe et proche des milieux hospitaliers. La mise en œuvre de la douche à siphon intérieur demande une attention particulière pour éviter les infiltrations. Une solution qui n’est pas toujours envisageable en immeuble collectif. Dans ce cas, un receveur extraplat intégrant le siphon avec rampe d’accès peut convenir.

Dans les endroits stratégiques, il peut être utile d’installer des rampes. Pertinents également, les renforts dans les cloisons sèches aux endroits où elles seront installées. Inutile de mettre en œuvre des barres d’appui médicalisées, les rampes classiques, voire décoratives, suffisent amplement et ne viendront pas rappeler en permanence à la personne sa condition.

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