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Préparation du fond :une étape essentielle des travaux

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Préparation du fond :une étape essentielle des travaux

Les finitions les plus élaborées nécessitent toujours une grande qualification ainsi que l’expérience des applicateurs.

© (Doc. entreprise Borry.)

L’état d’un support neuf ou à rénover, ainsi que la finition recherchée, dictent le choix des produits ou des systèmes de préparation des fonds. Une interface dont la qualité de réalisation conditionne celle de la finition.

La préparation des fonds représente un exercice ­délicat et qui nécessite une main-d’œuvre importante. Mal étudiée, elle peut très vite dégrader la rentabilité d’un chantier. En rénovation, la multiplicité des cas rencontrés ­conduit à des prescriptions spécifiques, et nécessite des mises en œuvre avec une main-d’œuvre expérimentée. Face à la multiplicité des paramètres, les fabricants ont mis au point des systèmes – enduits, fixateurs, impressions et sous-couches – compatibles avec la plupart des supports. En contrepartie, ces performances élevées peuvent malheureusement amener à des utilisations de « cache-misère ». La préparation des fonds est également conditionnée par la finition prévue. Le DTU 59.1 (norme NF P 74-201) détaille quatre niveaux de finition (voir encadré).

Selon le support, son état et la finition recherchée, la préparation des fonds s’appuie sur des ­enduits, des fixateurs, des impressions, des sous-couches, mais aussi des toiles de verre. Les enduits sont formulés en fonction de la nature des travaux : rebouchage, finition, niveau de dureté, importance du temps d’ouverture… La plupart d’entre eux sont constitués de bases acryliques, et des ajouts de charges et/ou de résines les ­différencient.

Des contraintes parfois contradictoires

Les formulations sont d’abord étudiées pour une application manuelle mais la mécanisation est possible dans le cadre de rénovations lourdes et/ou de surfaces importantes. La composition des enduits réunit des contraintes parfois contradictoires. Une majorité d’entre eux peut être chargée en épaisseur sans retrait significatif, avec un temps de séchage limité, tout en conservant un temps d’ouverture important. Certains présentent, une fois secs, des duretés de surface élevées, tout en restant facilement ponçables. D’autres annoncent des temps d’ouverture très stables, quelle que soit la porosité du support. Qu’il s’agisse de fixateurs, d’impressions ou de sous-couches, les formulations en phase aqueuse sont maintenant majoritaires. Elles s’alignent sur la réglementation concernant la réduction de la part des COV (composés organiques volatils) dans les peintures. Toutefois, les impressions glycérophtaliques représentent toujours une demande forte en rénovation, pour leur capacité à recouvrir des fonds anciens par une seule couche. Évoluant vers des applications mixtes, les impressions et les fixateurs pigmentés, théoriquement moins performants, sont de fait beaucoup plus utilisés que les produits purs. En effet, ils peuvent, dans certaines configurations, remplacer la première couche et ainsi réduire le coût de main-d’œuvre. Conçues à l’origine comme des produits ­décoratifs, les toiles de verre assurent un triple rôle : préparer les fonds, augmenter la résistance du support et apporter un aspect décoratif. Elles permettent de masquer des fissures ou des défauts de support, mais ne lui rendent pas sa tenue mécanique lorsque la cohésion est douteuse. Ces produits présentent des caractéristiques très variables. La qualité d’une toile de verre se définit notamment par le nombre de fils par centimètre, qui ne doit pas être inférieur à 17. Cette valeur conditionne la densité de la toile et sa stabilité, avec une incidence importante sur la consommation de peinture en phase de finition. Par souci d’économie, certains fabricants proposent des peintures-colles qui réalisent en une seule opération le collage de la toile et la couche d’impression.

Sur les supports neufs, une préparation réduite

Le DTU 59.1 précise que le support doit être sain, sec, lisse, plan, normalement absorbant, et ne pas être exposé à une humidité excessive. Ces exigences sont simples à respecter dans le neuf lorsque le support est sec, mais plus difficiles à gérer en rénovation. En neuf ou en rénovation lourde, la plaque de plâtre est le support le plus répandu. Une finition dite élémentaire – selon la définition du DTU – comporte une impression précédée d’un époussetage. Une finition courante prévoit une révision des joints, l’application d’un enduit non repassé et un ponçage suivi d’un époussetage. Une finition soignée implique aussi une opération de rebouchage, l’application d’un enduit repassé et une révision de l’ensemble du support entre la couche intermédiaire et la couche de finition. Quant aux finitions laquées, elles sont considérées comme incompatibles avec les plaques de plâtre, du fait de l’impossibilité de « gommer » totalement la zone de jointoiement. Certaines plaques pré-imprimées en usine économisent la réalisation sur chantier de la couche d’impression. Pour les carreaux de plâtre, les briques plâtrières et les éléments en béton cellulaire, le support après préparation ne doit pas comporter de défauts de surface supérieurs à 1 mm et de planéité supérieurs à 3 mm. En fonction de l’état du support et de la finition prévue, il sera prescrit l’application d’enduits de rebouchage ou pelliculaires, ou la mise en œuvre d’impressions spécifiques. Les supports liés à des contraintes de feu, de résistance à l’humidité, d’acoustique ou de résistance aux chocs – tels que plaques de plâtre spéciales, fibre-ciment, bois-ciment… – peuvent nécessiter une préparation particulière. En rénovation, le risque principal provient de l’hétérogénéité possible du support. Cela explique en partie le succès des toiles de verre, avec les risques d’excès déjà mentionnés. Il est important de vérifier la tenue du support par des sondages suffisamment rapprochés, mais également de traquer d’éventuels désordres intervenus sur le gros œuvre : fissures, ­pénétrations d’eau ou d’humidité, remontées capillaires, pourrissement de structures en bois, corrosion d’aciers… Lorsqu’une finition lisse est prévue, les différents fonds doivent être homogénéisés afin de permettre une finition uniforme et stable. Les défauts d’aspect sont corrigés à l’aide d’enduits de finition ou de rebouchage. Les supports bruts et/ou poreux sont traités avec des impressions pigmentées, les supports poreux ou présentant une décohésion superficielle (farinage), reçoivent un fixateur incolore ou pigmenté. Selon leur degré de dégradation et la finition souhaitée, les supports peints sont nettoyés, lessivés et dégraissés avant l’application des enduits, des impressions ou des fixateurs. Ces derniers sont particulièrement recommandés dans le cas d’anciennes laques qui ne facilitent pas l’accrochage de nouvelles finitions.

Niveau Finition Aspect
1 Élémentaire Mat ou poché
2 Courante Mat ou satiné
3 Soignée Mat, satiné ou brillant
4 Très soignée sur prescriptions spéciales Tendu de peinture laque

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