Pour construire plus durable, Saint-Gobain veut former et sensibiliser

Mathieu Michel
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Pour construire plus durable, Saint-Gobain veut former et sensibiliser

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Les coûts, le manque de formation et la méconnaissance du grand public sont les principaux freins au développement de la construction durable, comme le révèle le baromètre international de Saint-Gobain sur le sujet.

Le coût apparaît comme l'obstacle principal à la construction durable dans le monde (70% du panel interrogé) et spécifiquement en Europe (75%). C’est ce que révèle le premier baromètre international de la construction durable de Saint-Gobain. Viennent ensuite le manque de formation et de qualification pour 56% des sondés, la méconnaissance du sujet par le client final (55%) et la réglementation et les normes (52%). Les pays émergents ciblent surtout le manque de formation (71%) et la méconnaissance du grand public (63%).
« La construction durable restera plus chère en rénovation, estime Benoit Bazin, directeur général de Saint-Gobain. Il est largement préférable d’intégrer cet aspect dans le cahier des charges de départ pour limiter le surcoût. » En prenant en compte la totalité de la vie du bâtiment, il affirme que l’effet durable diminue les coûts d’exploitation et revient même moins cher. Selon lui, « s’organiser à l’avance avec une maquette numérique et tous les outils de pré-industrialisation diminue jusque 20% les coûts d’un chantier. »
Si les enjeux de la construction durable semblent largement assimilés par le secteur, le baromètre révèle tout de même que 12% des sondés disent n’avoir jamais entendu parler de construction durable et 30% ne voient pas vraiment ce dont il s’agit. Un encouragement à poursuivre l’effort de pédagogie, en se concentrant sur les élus et les pays émergents. Au-delà de la sensibilisation, le secteur ne se sent pas forcément en mesure d’agir. En effet, 38% des professionnels interrogés à travers le monde ne se sentent pas assez formés pour répondre à l’enjeu.

Les entreprises montrent la voie

Le directeur construction durable du groupe, Pascal Eveillard, constate une progression constante parmi les étudiants : « Depuis 2005, Saint-Gobain organise un projet national d’architectures pour la construction durable. On voit l’exigence monter au fil des éditions. » Bien que ces futurs professionnels estiment pour 27% d’entre eux bénéficier d’enseignements réguliers, ils demeurent 40% à penser n’être pas suffisamment formés. Un manque de formations initiale et continue dont Saint-Gobain veut s’emparer en créant « des écoles, avec des parcours d’alternance pour former 3 000 jeunes d’ici 2026 », souligne Pascal Eveillard.
Sur le terrain, 87% des professionnels du secteur disent avoir déjà une activité dans la construction durable. Pour 27%, elle représente même la moitié de leur activité. De leur côté, 81% des élus considèrent la dimension durable « importante », voire « très importante » pour l’attribution de marchés publics. Pourtant, seulement 17% d’entre eux affirment avoir déjà rejeté une offre à cause d’un caractère moins durable qu’une autre. Pascal Eveillard déplore cette dissonance entre le discours et les faits et croit que « le public peut entrainer le secteur en montrant l’exemple. Jusque-là, ce sont surtout les acteurs privés qui se sont montrés précurseurs en adoptant des certifications volontaires. Le taux de croissance des bâtiments certifiés est supérieur à celui de la construction. »

Différentes perceptions de « durable »

La notion de construction durable ne renvoie pas aux mêmes perceptions à travers le monde. Pascal Eveillard remarque qu’en Afrique du Sud et en Inde par exemple, elle est abordée avec un regard beaucoup plus équilibré entre l’écologie, le sanitaire et le bien-être. « Attelons-nous à décloisonner la construction durable de son aspect purement environnemental cultivé en Europe, prône-t-il. En France, on parle énormément de carbone, ce qui semble résonner avec la RE2020. Mais il nous faut combiner durabilité et performance, au-delà de l’environnemental. » Egalement, les conditions économiques doivent être réunies pour un modèle abordable.
Le baromètre a été réalisé par le CSA en interrogeant 800 acteurs situés parmi 10 pays où Saint-Gobain est présent. Il vise à « prendre le pouls » chaque année de l'évolution des consciences des professionnels des secteurs de la construction, l’architecture, l’habitat et l’environnement ; les étudiants en BTP, génie civil, architecture ; ainsi que les adhérents d’organisations et associations et les élus locaux.

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