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Portes coupe-feu : des DAS assurant le compartimentage des espaces

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Portes coupe-feu : des DAS assurant le compartimentage des espaces

© (Doc. Marotte.)

Éviter la propagation du feu, de la chaleur et des fumées durant un temps donné en les contenant dans des espaces prédéfinis de la construction : tel est le rôle imparti dans les établissements recevant du public (ERP) aux blocs-portes coupe-feu type DAS (dispositif actionné de sécurité).

Les blocs-portes coupe-feu (CF) sont des menuiseries techniques dont le choix et l’implantation dans un établissement recevant du public (ERP) sont conditionnés par plusieurs facteurs. Ils compartimentent les locaux et « enferment » le feu, la chaleur et les fumées afin de limiter leur propagation vers des espaces voisins et leurs effets sur l’ensemble du bâtiment. Elles sont mises en place dans les circulations en respectant un certain nombre de règles. En neuf, les ensembles blocs-portes proposés s’intègrent dans les systèmes de cloisons. En rénovation, lorsque les portes CF en place conviennent, il est recommandé de ne pas effectuer des modifications pour « moderniser » le système de fermeture à l’occasion de la mise en place d’un nouveau système de sécurité incendie (SSI), par exemple. Dans ce cas, l’ensemble doit être changé par un système complet, agréé préalablement par un procès-verbal d’essais précisant le degré coupe-feu CF et/ou pare-flamme PF. Les fabricants proposent des ensembles se fixant sur les dormants existants des portes anciennes.

La marque « NF-Portes résistant au feu » distingue trois modes de fonctionnement des portes coupe-feu ou pare-flamme : avec fermeture traditionnelle (mode 0), fermeture automatique (mode 1) ou fermeture automatique de type dispositif actionné de sécurité (DAS) (mode 2). Dans les établissements recevant du public, les système en mode 1 ou 2 sont les plus fréquemment installés. Ces blocs-portes à fermeture automatique font partie de la famille des DAS de compartimentage. Ce sont des portes dont le ou les vantaux sont généralement maintenus ouverts en exploitation normale. Elles assurent la sécurité en cloisonnant les locaux après fermeture de ses vantaux (position de sécurité). L’ordre de fermeture en position de sécurité est donné par une commande électrique en provenance d’un système de détection d’incendie. Cette commande agit généralement sur un déclencheur électromagnétique – couramment appelé ventouse –, qui maintient chaque vantail ouvert en exploitation courante. Les blocs-portes DAS fonctionnent selon deux modes de commande :

– à rupture, lorsque que les ventouses sont alimentées électriquement en permanence, sous une tension de 24 ou 48 V, pour maintenir le vantail ouvert et que la fermeture s’effectue par rupture de courant ;

– à émission, lorsque la ventouse n’est pas alimentée en permanence mais uniquement pour assurer le déclenchement de la fermeture du vantail.

Ventouse autocommandée et/ou télécommandée

La ventouse est télécommandée, en mode rupture ou émission, lorsque l’ordre provient d’un dispositif centralisé éloigné – centrale de mise en sécurité incendie (CMSI). Elle est autocommandée lorsque l’ordre est donné, en mode rupture uniquement, par un dispositif autonome déclencheur (DAD) situé à proximité. Elle peut être en même temps télécommandée et autocommandée lorsqu’elle est raccordée aux deux dispositifs à condition qu’ils soient uniquement à rupture de courant. De plus, la norme NF-S 61-937 – rendue obligatoire par les arrêtés de 21 juillet 1994 et du 15 février 1995 – exige que le dispositif de fermeture automatique de la porte soit à énergie intrinsèque (autonome) avec un amortissement en fin de course. Ce dispositif doit pouvoir fonctionner pendant une heure après avoir été exposé à une température ambiante de 70°C. La force exercée pour déclencher manuellement la fermeture d’un vantail, de même que la force pour ouvrir la porte, doit être inférieure ou égale à 7 daN. Selon l’arrêté du 21 juillet 1994, l’aptitude à l’emploi de ces DAS doit être attestée par un procès-verbal d’essais spécifique – portant sur les ensembles complets – délivré par l’un des quatre laboratoires agréés : Lcpp (2), Cnpp (3), Cstb (4), Cticm (5). La réglementation incendie impose avec précision l’implantation et les degrés de protection CF et PF exigés des portes coupe-feu dans les différents types d’ERP (voir encadré ci-dessous).

Des largeurs minimum de passage imposées

Les blocs-portes DAS de compartimentage ou d’escaliers s’ouvrent dans le sens de l’évacuation des personnes. Suivant les besoins, les portes sont soit battantes – ouvrant dans le sens de l’évacuation – à un ou deux vantaux égaux ou tiercés, généralement dans des dimensions standard, soit coulissantes pour être escamotées dans une cloison (1). Les portes va-et-vient sont également utilisées à condition de comporter une partie vitrée à hauteur de vue, équipée d’un vitrage transparent ne modifiant pas le classement de résistance au feu de la porte, les vitrages de couleurs rouge ou orange étant interdits. Les équipements de sécurité de ces DAS – ventouses, ferme-porte et contacteurs de position – sont intégrés dans le dormant des blocs-portes, généralement en imposte. Les portes à deux vantaux sont en outre munies d’un dispositif sélecteur de vantail permettant d’assurer la fermeture complète des battants. Les vantaux sont constitués d’une structure métallique et d’une âme isolante CF améliorant par ailleurs les performances acoustiques. Les parements sont métalliques ou en panneaux MDF revêtu d’un habillage. Un joint intumescent en périphérie peut être mis en place. Il n’est acceptable que sur les portes dont la vocation n’est pas d’assurer l’évacuation des personnes en cas d’incendie : en effet, ce joint gonfle et bloque les vantaux en position fermée afin de reconstituer une continuité de la cloison de compartimentage. La largeur de passage d’un bloc-porte de sécurité doit être proportion­nelle au nombre total de personnes amenées à l’emprunter. Calculées en fonction des « unités de passage » de 0,60 m, les largeurs obligatoires sont de 0,90 m (1 unité), 1,40 m (2 unités), 1,80 m (3 unités) et n x 0,60 m (n unités de passage). Cependant, une tolérance négative de 5 % sur la largeur réelle est acceptée pour rester compatible avec les largeurs des portes normalisées et tenir compte de l’épaisseur des feuillures et des vantaux. La hauteur des portes est d’au moins 2,04 m. Quelles que soient les dimensions de la porte, celle-ci doit pouvoir être ouverte par une simple poussée ou par une manœuvre facile – telle que bec-de-cane, poignée tournante, barre antipanique ou tout autre dispositif agréé par la commission de sécurité – par toute personne, même prise de panique. Les portes de recoupement des circulations horizontales utilisées dans les deux sens pour assurer une sortie vers l’extérieur sont obligatoirement en va-et-vient. Une attention particulière doit être portée, dans les procès-verbaux d’essais, sur la serrurerie de ces portes. En particulier, comment celles-ci assurent les fonctions va-et-vient, ferme-porte et maintien en position de fermeture lorsque le feu est d’un côté ou de l’autre de la porte ?

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