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Poignées de portes : vers plus de fonctions liées à la sécurité

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Poignées de portes : vers plus de fonctions liées à la sécurité

1. Afin de retarder l’effraction,la garniture intègre un cache tournant protégeant le cylindre de la serrure.

Du simple bouton en porcelaine à l’ensemble biométrique offrant des fonctions de contrôle d’accès, la garniture de porte évolue vers davantage de technologie.

Destiné à la manœuvre du fouillot actionnant le pêne de la serrure, ou plus prosaïquement à l’ouverture et à la fermeture d’une porte, le bec-de-cane ou le bouton simple est un équipement décoratif par sa forme, son matériau constitutif et sa finition. La poignée s’enrichit d’une plaque ou de rosettes qui habillent les perçages d’accès aux organes de la serrure : carré de manœuvre du pêne dormant, clé, condamnation… En intégrant d’autres fonctions, elle se sophistique et devient un élément de protection de la serrure contre les tentatives d’effraction et le vandalisme. Pour certaines utilisations, elle intègre même la serrure afin d’assurer la fonction plus complexe de contrôle d’accès autonome. La garniture se présente sous différents types, adaptés à la vocation de la porte : avec bouton ou poignée fixe ou de manœuvre, avec ou sans clé plate ou pour cylindre européen, avec bouton de condamnation avec ou sans voyant côté opposé, avec poignée ou bouton d’un seul côté de la porte…

Les fabricants déclinent tous les types pour constituer des gammes de produits cohérentes qui peuvent également intégrer des poignées coordonnées pour les menuiseries extérieures et/ou d’ameublement. On peut noter le cas des portes en verre qui s’équipent de poignées fixes pouvant s’étendre sur toute la hauteur du vantail. Les poignées sont conçues pour actionner un « carré » standard de 7 mm (dans 90 % des cas) avec un entraxe fouillot-serrure de 70 mm, ou de 8 mm (sur serrure allemande) avec un entraxe fouillot-serrure de 92 mm. Dans une gamme donnée, toutes ces informations doivent être précisées au fabricant afin d’obtenir le produit souhaité en sachant que, par défaut, il est proposé en version pour main droite (c’est le côté extérieur de la porte qui détermine le sens de la main) et pour une porte de 40 mm d’épaisseur. Selon le matériau constituant la porte – bois, aluminium, PVC… – et le style du panneau (plan, mouluré…) la largeur de la plaque de protection (de 36 à 42 mm) ou de la rosace (de 52 mm en moyenne) diffèrent. Et ce, afin de s’intégrer harmonieusement sur le montant du vantail en fonction de sa largeur et de la distance du fouillot au bord de la porte (en moyenne, de 50 mm).

Un process moins polluant

Une grande diversité de matériaux est utilisée : porcelaine, bois, verre, laiton, matériau de synthèse, acier ou aluminium. Autrefois utilisée sur les boutons standard, la porcelaine s’enrichit de décors pour proposer des gammes de boutons coordonnés avec ceux des meubles de rangement. Adaptés à la serrurerie actuelle, les garnitures avec ­plaque et bec-de-cane en porcelaine prolongent un style rétro. Les ensembles en laiton avec une finition chromée brillante ou anodisée ont été très utilisés (et le sont encore) dans le secteur du logement. Également disponibles, le laiton poli brillant ou une protection contre la corrosion à base de titane qui donne un aspect proche de cette dernière finition aux garnitures de portes extérieures. La ­palette des aspects de surface et des finitions s’est considérablement élargie afin que la garniture s’harmonise élégamment avec le matériau et le style de la porte. L’acier bronzé ou patiné est encore proposé pour des ensembles en fer forgé « à l’ancienne ». Mais la demande architecturale se tourne actuellement vers des matériaux plus « tendance » tel l’inox avec une finition polie brillante, brossée ou satinée. Pour réaliser des poignées dans de nombreux coloris, le polyamide moulé sur un ­insert continu en acier anti­corrosif autorise des formes très diverses avec un toucher agréable. Très soucieux d’une politique de développement durable, les fabricants s’orientent de plus en plus vers l’utilisation de matériaux et de finitions dont le process de fabrication est peu polluant et peu consommateur d’énergie et d’eau. Matériau en vogue, le zamak – un alliage à quatre composants et à base d’aluminium et de cuivre, facile à mouler – ­offre une surface finie très propre pouvant être proposée à l’état brut ou peut accepter une finition chromée mate ou satinée velours.

Vers plus de confort et de sécurité

Indiquant la conformité du produit à la norme NF EN 1906, un code à 8 caractères (voir encadré) permet de s’assurer de l’adéquation d’un ensemble à son usage. La gradation affectée aux différents caractères reflète l’étendue du rôle attendu d’une garniture de porte. Mais d’autres critères sont à prendre en compte. Outre sa résistance mécanique et son aspect esthétique, la forme d’un bouton ou d’un bec-de-cane doit être choisie en fonction de la nature de la pièce et des utilisateurs. Par exemple, le bouton sphérique ou ovoïde n’est pas recommandé pour des ­personnes dont la capacité de préhension est réduite (personnes âgées ou rhumatisantes). Les formes trop anguleuses peuvent être agressives pour les jeunes enfants. Les poignées avec une extrémité se retournant vers la porte réduisent les risques de déchirure de vêtements. La fonctionnalité oriente vers des formes ergonomiques. Évitant le manuportage des bactéries et des maladies nosocomiales, la béquille à double cambrure en propylène pharmacopée (de Cyclope) permet d’ouvrir et de fermer une porte en utilisant l’avant-bras. La forme de la poignée laisse les vêtements glisser, l’anse étant située au niveau du coude. La sécurité peut également s’allier au ludique. Pour les chambres d’enfants, des poignées en matériau de synthèse luminescent rassurent en permettant de s’orienter vers la porte dans l’obscurité. Les garnitures de portes palières ou d’entrées extérieures peuvent être soumises à des actes malveillants. Aussi, l’intégration des composants de protection s’est avérée nécessaire. Afin de résister aux tentatives d’effraction, les plaques de garniture s’élargissent et accueillent un renforcement métallique supplémentaire. Masquant le cylindre de serrure, un petit cache, avec une fente pour l’introduction de la clé, tourne librement pour rendre impossible toute attaque du canon à l’aide d’une perceuse. Pour sécuriser les logements anciens, les fabricants proposent des ensembles de ré-équipements ayant obtenu un label A2P à une ou deux étoiles. Mais ces derniers coûtent ­encore 3 à 4 fois plus cher qu’une garniture simple. Autre exemple d’élargissement des fonctions : les modèles récents de « bâtons de maréchal » qui intègrent la serrure de sécurité et le mécanisme de fermeture de la porte en verre, tout en préservant la pureté de la forme de la poignée. Outre le fait de conserver la transparence de la porte, cette poignée est un raidisseur efficace du vantail. La serrure placée à hauteur d’homme évite d’avoir à se baisser ou à se hausser pour fermer la porte. L’intégration des fonctions de fermeture et de sécurité dans le tube de la poignée permet l’économie de la découpe des encoches nécessaires sur le panneau de verre pour l’installation des serrures. Fermeture et sécurité, deux fonctions qui, en devenant compatibles, font évoluer la garniture de porte vers un produit « responsable » ou technologique. Selon la norme européenne NF EN 179, la manœuvre par béquille est autorisée pour des fermetures mécaniques d’issues de secours, conçues pour le cas où une situation d’urgence a peu de risque d’advenir (voir encadré). Nouvelle approche : la plaque de garniture s’épaissit pour capoter un électromécanicien qui ne déclenche l’ouverture de la porte qu’aux personnes reconnues à partir d’une autorisation préalablement enregistrée. Ces ensembles sont encore proposés à des prix très élevés, mais la serrure IDC 410 (voir encadré) à reconnaissance biométrique – dont le prix est divisé par 4 ou par 5 – laisse penser que ces produits technologiques vont pouvoir se développer dans des secteurs comme le tertiaire, l’hôtellerie et, pourquoi pas, le logement.

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