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Plus de performance et moins de maintenance

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Plus de performance et moins de maintenance

Technologie fluorescente et système de détection de présence pour l’éclairage des espaces de travail de l’immeuble Green Office à énergie positive à Meudon (92).

© (Doc. Philips Lighting/ X. Boymond.)

En cinq ans, avec l’arrivée des Led, les technologies d’éclairage ont connu une véritable révolution. Dans les bâtiments tertiaires existants, l’éclairage est donc un gisement d’économies et d’amélioration du confort lumineux. Les meilleures pistes sont le remplacement des lampes associé à une maintenance moindre, et l’utilisation d’automatismes.

L’efficacité énergétique peut se définir comme le rapport entre le service délivré au sens large (performance, produit, énergie, confort, service) et l’énergie qui y a été consacrée.

L’amélioration de l’efficacité énergétique consiste donc, par rapport à une situation de référence, à augmenter le niveau de service rendu à consommation d’énergie constante, et/ou à économiser l’énergie à service rendu égal. À noter que la norme NF EN 15193 « Consommations d’énergie pour l’éclairage des bâtiments » permet l’estimation ou le calcul des consommations d’énergie pour l’éclairage suivant l’occupation du local, et en présence ou non de lumière du jour. Elle donne les durées annuelles de fonctionnement par défaut en fonction du type de bâtiment.
Dès l’instant où un projet d’optimisation des consommations dans un bâtiment et/ou de réduction de leurs coûts est décidé, il devient nécessaire de mettre en place un système de mesure qui peut conduire à un gain potentiel d’environ 10 à 15 %.
Par exemple, le Diagnostic de performance énergétique (DPE) permet d’obtenir un descriptif du bâtiment et de ses équipements, avec une estimation de la consommation annuelle d’énergie (en kWh/m² par an) et de son coût, afin de mieux évaluer la facture énergétique. Afin d’afficher un résumé du DPE, le bâtiment est classé sur deux étiquettes « Énergie » et « Climat » ayant des échelles de référence allant de « A » (Économe en énergie, faible émission de gaz à effet de serre) à « G » (Énergivore, forte émission de GES). Des recommandations de travaux permettent d’économiser de l’énergie du bâtiment avec un ordre de grandeur du coût des travaux ou des équipements... L’objectif consiste à inciter les exploitants à engager des travaux, à remplacer les équipements vieillissants au profit de plus performants. Toutefois, de par son approche globale, le DPE n’est pas encore un outil qui permet d’identifier si l’usage éclairage d’un bâtiment représente un gisement d’économies d’énergie et de maintenance.

Les CEE : faciliter le montage d’actions d’économies d’énergie

Une autre mesure consiste à utiliser les Certificats d’économies d’énergie (CEE), dispositif qui oblige les vendeurs d’énergie à faire eux-mêmes ou à faire faire par leurs clients des économies d’énergie. Un objectif triennal est défini et réparti entre les opérateurs en fonction de leurs volumes de ventes. En fin de période, les vendeurs d’énergie doivent justifier de l’accomplissement de leurs obligations par la détention d’un montant de certificats équivalent à ces dernières. Les certificats sont obtenus à la suite d’actions entreprises par les opérateurs, ou par l’achat à d’autres acteurs ayant mené des opérations d’économies d’énergie. À la suite du succès de la première période (2006-2009), le gouvernement a souhaité proroger le dispositif pour une seconde période triennale. Celle-ci a débuté le 1 er janvier 2011 et l’objectif d’économies d’énergie correspondant est de 345 TWh. Les gains sont exprimés en kWh cumulés actualisés (Cumac) : kWh économisés durant la durée de vie conventionnelle d’un équipement et corrigés d’un coefficient d’actualisation. Des fiches d’Opérations standardisées (OS) ont été élaborées pour faciliter le montage d’actions d’économies d’énergie. Les CEE peuvent être échangés, sous certaines conditions, dans le cadre d’un marché de gré à gré, et ainsi concourir au financement de l’investissement. Dans le secteur tertiaire, plusieurs opérations standardisées s’appliquent à l’éclairage (voir tableau).

Performance et contrôle de l’installation

De la simple variation jusqu’à la gestion centralisée en passant par la détection de présence et de luminosité, les systèmes de contrôle de l’éclairage permettent de réduire les consommations et les opérations de maintenance et donc le coût global de l’installation. Bien entendu, l’utilisation de sources peu énergivores - lampes fluorescentes et à Led - et la mise en œuvre de luminaires à haut rendement constituent la base pour une exploitation efficace de l’installation d’éclairage. Mais la Led n’est pas toujours la réponse adéquate : il faut raisonner en coût global sur la durée de vie estimée de l’installation et calculer le retour sur investissement. Il peut s’avérer plus efficace et plus économique de procéder au changement complet du matériel d’éclairage en mettant en œuvre des luminaires équipés de détecteurs de lumière naturelle et de présence.
Les protocoles ouverts et systèmes de communication intelligents permettent d’ajouter à ces automatismes des fonctions de recueil d’informations et de télégestion. On peut, ainsi, piloter et paramétrer l’ensemble du bâtiment en intégrant plusieurs fonctions comme l’éclairage, le chauffage, les volets roulants. Par exemple, Philips Lighting, en partenariat avec Somfy, a créé « Light Balancing », dispositif connecté qui agit simultanément sur les protections solaires en façade et sur les sources lumineuses dans le bureau. Il vient de recevoir le Grand Prix de l’alliance de compétences à l’occasion du Salon Batimat 2013. Le système a un double objectif : améliorer le confort lumineux ambiant via des capteurs de luminosité et météorologiques et minimiser l’impact énergétique des bâtiments, et optimiser le confort thermique en limitant les apports de chaleur en été, ou en captant la chaleur gratuite en hiver, grâce à l’association de détecteurs de présence et de capteurs de température, qui automatisent la descente et la remontée des stores.

De la maintenance à la rénovation

Pour garantir la meilleure exploitation de l’installation d’éclairage, il est essentiel de maintenir les performances des matériels : effectuer un changement systématique des lampes avant qu’elles n’arrivent en fin de vie et nettoyer les luminaires. Mais ces opérations ne sont pas suffisantes et souvent onéreuses, il est alors nécessaire de procéder à une rénovation complète. C’est ainsi que le TEP « Thorn Energy Partnership » de Thorn a été conçu afin d’accompagner ses partenaires dans le remplacement d’installations d’éclairage inefficaces, et de fournir des conseils sur les produits et technologies les plus avancés. Il propose une aide aux gestionnaires des bâtiments tertiaires ou industriels, où l’éclairage est encore trop souvent vétuste, énergivore, source de fatigue, et peu efficace.
Les rénovations simples qui consistent à changer les appareils d’éclairage sans modifier leur nombre (1 pour 1) peuvent s’avérer très efficaces. À l’instar du projet réalisé par Trilux, dans un parking couvert à Gennevilliers (92) qui a permis une réduction de la consommation d’énergie de 61 % par an. Les appareils étanches équipés de T8 2 x 70 W (lampe + ballast) ont été remplacés par des luminaires Led dernière génération de 55 W. La consommation annuelle est passée de 680 000 à 268 000 kWh, soit une économie de 48 500 € par an. L’investissement de départ, 214 500 €, sera amorti au bout de 3,5 années. « Une bonne exploitation de l’éclairage est celle qui s’adapte aux besoins de l’installation », souligne Éric Jacquot, directeur Marketing et Service commercial sédentaire, Trilux.
Une simple détection de présence ajoutée aux luminaires existants peut constituer une solution pertinente en attendant une rénovation plus importante et peut représenter 30 % d’économies. Dans d’autres cas, notamment dans les commerces, le passage à la Led et l’éclairage dynamique sont plus appropriés. Il n’existe pas de réponse toute faite, la gestion la plus efficace de l’éclairage est celle qui tient compte de l’ensemble des besoins et des enjeux économiques et environnementaux. »

L’opération BAT-SE-01 (CPE) permet de bonifier ces opérations dans le cadre d’une rénovation globale. À noter : une Opération standardisée relative à la mise en oeuvre de luminaires Led dans les parties communes d’immeubles résidentiels

Opérations standardisées en éclairage dans le tertiaire

Luminaire pour tube fluorescent T5

BAT-EQ 01

Horloge sur un dispositif d’éclairage

BAT-EQ 02

Luminaire avec ballast électronique pour tube T8 avec ou sans dispositif de contrôle

BAT-EQ 06

Luminaire pour lampes iodures métalliques céramique à ballast électronique

BAT-EQ 08

Luminaire pour lampe fluorescente compacte à ballast électronique séparé

BAT-EQ 09

Bloc autonome d’éclairage de sécurité à faible consommation

BAT-EQ-10

Nappe d’éclairage fluorescent en tube T5

BAT-EQ-11

Système de mise au repos automatique de blocs autonomes d’éclairage de sécurité

BAT-EQ-13

Lampe fluocompacte de classe A (DOM)

BAT-EQ-16

Lampe ou luminaire à Led pour éclairage d’accentuation

BAT-EQ-26

Luminaire Led de type downlight

BAT-EQ-27

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