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Plomberie : Nouvelle version du DTU 60.1

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Plomberie : Nouvelle version du DTU 60.1

La nouvelle mouture du DTU 60.1 intègre l’évolution réglementaire européenne et prend en compte les risques de légionellose.

L’ancienne version du DTU 60.1 « Plomberie sanitaire pour bâtiments à usage d’habitation » de mai 1993, qui avait connu des amendements en 1999 et 2000, a été remplacée par une nouvelle version qui a pris effet au 21 décembre 2012. Elle sera suivie par un DTU 60.11 qui traitera des calculs.

Ce dernier texte, déjà soumis à enquête publique, devrait être publié dans les prochains mois.
Il s’agit d’une mise à jour complète qui prend notamment en compte les textes européens, dont les normes NF EN 717 et NF EN 12056-2. Son champ d’application est le logement neuf ou existant. Sans apporter de changement considérable, ce nouveau texte comporte pourtant quelques nouveautés ou précisions sur les matériaux ou la protection contre la légionellose, la mise en œuvre ou encore la définition des marchés de travaux.
Il est organisé en cinq parties : Réseaux d’alimentation d’eau froide et chaude sanitaire ; Réseaux d’évacuation ; Appareils sanitaires et appareils de production d’eau chaude sanitaire ; Critères généraux de choix des matériaux et Cahier des clauses administratives spéciales types.
Jacques Avondo, ingénieur spécialiste de la thermique, des gaz et des fluides, à la Direction des Techniques et des méthodes de Socotec, en présente les principales nouveautés.

CTB : Ce DTU s’intéresse donc à la légionellose ?

Jacques Avondo : En effet, ce qui n’était pas le cas du précédent, le nouveau texte se réfère à l’arrêté de 2005 (Protection contre les brûlures et la légionellose) concernant les installations de production d’eau chaude sanitaire pour lesquelles existent des prescriptions précises. On s’aligne, ainsi, sur la prise en compte de ce risque dans les installations de chaufferie.
En fonction des possibilités, le DTU demande soit une boucle du réseau d’ECS, soit la mise en place de rubans chauffants. Ce dernier dispositif est souvent plus adapté aux contraintes de la rénovation dès lors que l’alimentation électrique est possible. Car la température de l’installation doit atteindre impérativement 50 °C, dans la boucle de distribution.
Dans le cas d’une installation en boucle, le DTU prescrit une vitesse minimale de circulation de l’eau. Dans tous les cas, le calorifugeage des tuyauteries s’impose. Concernant la pression dans les installations, en revanche, il n’y a pas de changement. Elle est toujours fixée à 0,3 bar au point le plus défavorisé. Le texte précise qu’en cas de voisinage des tuyauteries d’eau chaude et d’eau froide sanitaire, il faut prévoir deux calorifugeages séparés. Par ailleurs, un dispositif permanent doit permettre de vérifier les températures de départ et de retour d’ECS et, au point le plus défavorisé de la boucle, un autre dispositif doit faciliter la vérification de la température. En revanche, il n’est rien précisé quant à l’exploitation de ces données et les éventuelles opérations à mener. En toute logique, les corrections éventuelles sont à confier à l’exploitant du dispositif.

CTB : Sur les matériaux, existe-t-il d’importants changements ?

J.A. : Plutôt une importante mise à jour et des précisions de mise en œuvre. On relève déjà la disparition du plomb, de l’amiante-ciment, du grès qui ne sont plus considérés comme des matériaux utilisables. Le texte assure ensuite quelques rappels de mise en œuvre ou d’utilisation en fonction de chaque matériau.
Pour le cuivre, il insiste sur le fait que les canalisations constituées de ce matériau ne peuvent pas être installées en amont des canalisations en acier galvanisé. Pour l’acier galvanisé, il indique que l’eau ne peut pas dépasser 60 °C pour éviter la détérioration de la couche de galvanisation et prescrit l’installation de dispositifs abaisseurs de température si nécessaire. Avec ce matériau, la marge de température de l’eau est d’ailleurs limitée : de 50 °C minimum pour éviter le développement de la légionellose, et de 60 °C maximum pour éviter les dégradations. Afin d’en vérifier l’état intérieur, le DTU prévoit la pose de tubes témoins, qu’il est possible de démonter pour les inspecter. Ils doivent être posés en aval du traitement sur le retour de boucle.
Le polyéthylène et son montage sont traités.
Par ailleurs, le nouveau DTU aborde la mise en œuvre, interdisant certains percements (conduits de fumée ou de ventilation), donnant des prescriptions sur les assemblages, le façonnage, le cintrage, etc. Il traite, notamment, des raccords à compression. Des indications concernent les supports et la prise en compte de la dilatation, comme dans l’ancien texte.

CTB : La protection des installations est-elle inscrite dans ce nouveau texte ?

J.A. : Oui. Notamment pour éviter les pollutions d’eau potable avec l’obligation de disconnecteurs hydrauliques. Le texte décrit d’ailleurs les différents types de clapets antiretour et fournit de nombreux détails en fonction des types d’installations. Il distingue, notamment, les réseaux d’eau destinés à la consommation humaine, les réseaux destinés à des usages techniques (chauffage, climatisation), les réseaux de protection incendie ou de production industrielle. Cette partie comporte d’ailleurs des schémas.
En revanche, le nouveau DTU est peu précis au regard de la protection contre le gel, indiquant simplement que la profondeur d’enfouissement est à déterminer en fonction de la région.

CTB : Qu’en est-il des réseaux d’évacua-tion ? Et des appareils sanitaires ?

J.A. : Le nouveau DTU aborde plus clairement le système de chute unique qui consiste à regrouper la colonne des eaux-vannes et celle des eaux usées. En France, ces dispositifs sont rares et soumis à la procédure de l’ATec. La norme européenne distingue quatre types de systèmes pour lesquels le remplissage prévisible est plus ou moins important en fonction des diamètres.
Des nouveautés : la baignoire en acrylique, la baignoire à brassage d’eau, les receveurs de douches à l’italienne sont en partie concernés. Pour la douche à l’italienne, toutefois, le DTU ne s’intéresse pas aux aspects acoustiques.

CTB : Une partie est consacrée aux marchés de travaux.

J.A. : Elle est notamment utile par les précisions apportées pour les responsabilités des interfaces. Par exemple, à qui revient le rebouchage des percements. Elle indique clairement que la justification du calcul est exclue du marché, sauf disposition contraire des CPM. Elle donne enfin quelques définitions utiles, notamment la distinction entre vide sanitaire et vide technique et les exigences à avoir au regard de ces derniers.

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