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PLÂTRERIE Déclinaison de plaques de plâtre en réhabilitation

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PLÂTRERIE Déclinaison de plaques de plâtre en réhabilitation

De forme parallélépipédique,le bâtiment s’élève sur neuf étages et affiche un empilage de menuiseries en aluminium identiques, insérées dans une fine ossature en acier.

© (Doc. DR.)

Les montages en plaques de plâtre sur ce chantier répondent aux contraintes de la réglementation incendie, tout en améliorant l’isolation acoustique du bâtiment.

Implanté à Villeurbanne (Rhône), dans le quartier de La Perrallière, cet immeuble de bureaux a été conçu, dans les années 1970, par les architectes Marcel Lods, Paul Depondt et Henri Beauclair. Entièrement réalisé en structure en acier, ce bâtiment emblématique, qui bénéficie du label Patrimoine du xxe siècle, s’élève sur dix niveaux. Mesurant 74,20 m de longueur par 18,60 m de largeur et 30,50 m de hauteur, il se compose de quinze travées identiques de 4,95 m de largeur. Soit 12 418 m2 aujourd’hui ­reconvertis en une résidence étudiante de 270 appartements, complétée d’un logement de gardien et de locaux de service. Une réhabilitation lourde dirigée par l’architecte Michel Ginsburger, pour lequel l’objectif principal est de « respecter l’architecture existante, afin de lui redonner son caractère premier ». Ainsi, il fallait remettre aux normes actuelles cette construction qui, par ailleurs, présentait de nombreuses anomalies : instabilité au feu de la structure, des planchers, des faux plafonds, etc. et absence d’isolation thermique en façade (coulissants en acier, simple vitrage). L’édifice n’étant pas conforme aux règles de sécurité incendie, il a fallu établir un diagnostic global de la structure. Menée par le bureau d’études structure AEC, cette analyse a permis de réaliser des relevés et des prélèvements sur le site, puis de modéliser la structure, afin de vérifier la charge admissible au m2. Le changement de destination en habitation entraîne en effet une surcharge qui se définit en fonction de l’ossature existante. Le diagnostic confirme une surcharge acceptable de 250 daN/m2. Et après des calculs effectués sur les nouveaux planchers projetés, la surcharge sera de 309 daN/m2. Or, la qualité de l’acier de l’ossature des planchers étant supérieure à celle couramment employée à l’époque, ces derniers pouvaient aisément accepter cette surcharge. D’où la mise au point de planchers performants qui ne modifient pas ceux en place.

Quatre étapes clefs de mise en œuvre

La structure légère de l’édifice posait plusieurs problèmes ­relatifs à l’isolation acoustique qui ont nécessité la conduite d’une mission par le bureau spécialisé EAI. Ce dernier a mis en évidence l’importante sonorité de l’ossature dotée de poteaux et de poutres métalliques, de planchers en panneaux d’agglomérés et de façades sandwich, tant à l’intérieur du bâtiment qu’à l’extérieur. Contrainte supplémentaire : la limitation des surcharges imposait de réduire le poids des matériaux.

Les solutions relatives à la protection au feu et à l’acoustique étant étroitement liées, elles ont été réglées ensemble avec l’utilisation massive de plaques de plâtre (Lafarge). Les contraintes juridiques de protection incendie étaient prioritaires sur le confort acoustique. La résistance au feu de la structure est donc d’une heure, une durée identique pour les parois verticales et horizontales (protection des personnes). La mise en œuvre s’est déroulée niveau par niveau, en commençant par l’étage ­supérieur. À chaque fois, l’intervention se déroule sur quinze jours, de façon similaire, selon quatre étapes clefs : les cloisons séparatives et les gaines techniques ont d’abord été encloisonnées et encoffrées puis ce fut au tour des plafonds et des sols. Les trois entreprises Ercp, Paré et Sud-est Plâtre ont réalisé ­toutes les opérations de plâtrerie. Les séparatifs entre logements S 200 (200 mm) se composent de deux ossatures à montants ­Prégymétal M 70-50, désolidarisées l’une de l’autre, sur lesquelles sont vissées, de chaque côté, deux plaques Prégyplac BA 13 STD.

Les cloisons S 140 (140 mm) donnant sur les circulations intérieures sont similaires, mais complétées par un isolant minéral pour combler l’ossature à montants Prégymétal. Les cloisons donnant sur les cages d’escaliers sont conçues sur le même modèle, les ossatures recevant cette fois deux plaques Prégyflam M0 BA13, pour accroître la stabilité au feu. La même solution assure la stabilité au feu des poteaux en acier existants. Les gaines techniques sont habillées de cloisons distributives D 84/48, constituées d’une ossature de 48 mm et de deux plaques de plâtre BA 18 STD assurant l’isolation acoustique et classées CF 1 h. Les parois de cages d’ascenseurs, équipées de contre-cloisons de 136 mm comprennent des montants de 100 mm, accueillant deux plaques de BA 18 STD, le classement CF 1 h étant valable dans les deux sens et des deux côtés dans ce cas précis. Concernant les allèges et les impostes en façade, leur doublage traditionnel a consisté à visser sur le support une ossature métallique doublée de laine de verre qui soutient une plaque de BA 13.

Un gain de temps sur le chantier

Le traitement des éléments ­horizontaux, en particulier les plafonds, a demandé un dégagement complet des solives et des entretoises existantes par la suppression des produits isolants, de l’amiante et des faux plafonds, ainsi que des tuyauteries intégrées. L’isolation de la structure est réalisée à travers quatre éléments : une série de suspentes supportant une épaisse couche de laine de roche, des fourrures métalliques agrafées, puis deux plaques Prégyflam BA 15 (CF 1 h). Les planchers traités acoustiquement s’appuient sur les planchers en bois existants. Ils supportent une chape sèche Prégychape, sur laquelle est collé un revêtement souple en PVC.

L’utilisation de ces plaques de plâtre sur une surface d’environ 120 000 m2 présente plusieurs avantages : un gain de temps et un chantier propre grâce à la filière sèche prédominante. La légèreté de ces produits a permis de ne pas alourdir les planchers. Quant aux façades, elles respectent la modénature originelle. Il a fallu rapporter, à l’intérieur et au droit des poteaux existants, des lignes de profilés HEA 120 qui, filant en façade, sont encoffrés dans les cloisons, afin de renforcer la stabilité au feu. Ces profils sont doublés, du rez-de-chaussée au 3e étage, pour améliorer la résistance structurelle. De plus, l’architecte a respecté la trame du bâtiment et les dimensions des panneaux menuisés, en les adaptant.

Ainsi, chaque châssis préfabriqué mesure 4,66 m de longueur par 2,01 m de haut et présente des profils en aluminium naturel, de 110 mm de largeur, qui intègrent deux ouvrants cachés en partie centrale et une bande d’Emalit de couleur pourpre, de 44 cm de hauteur en partie inférieure. L’allège existante en tôle laquée blanche, de 1,03 m de hauteur, conservée, est repeinte. Quant aux poteaux d’origine HPE, ils sont laqués en noir. Ainsi, la structure originelle en acier, complètement habillée de plâtre, disparaît dans les volumes intérieurs, mais demeure apparente en façade.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°274

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