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Plaques de polycarbonate à ressaut en protection de tribune

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Plaques de polycarbonate à ressaut en protection de tribune

Les huit portiques sont constitués d’une poutre de toiture qui se retourne, la transformant en poteau arrière.

La commune de Chevreuse (78) complète l’aménagement du centre sportif par cette petite tribune aérienne qui s’inscrit dans un site protégé. Une réalisation en finesse dont la structure métallique s’adapte à sa couverture faite d’écailles de polycarbonate bicolore.

La réalisation de la tribune du centre sportif de la commune de Chevreuse (78) a été confiée au cabinet d’architecture Béguin & Macchini (75) et achevée fin 2010.Petit par la taille avec ses 300 places abritées, cet édifice devait s’intégrer dans une zone protégée et être, de ce fait, soumis à l’aval de l’Architecte des bâtiments de France (ABF).

La commune se situe, en effet, dans une zone naturelle et boisée appartenant au parc régional de la vallée de Chevreuse. Son centre sportif a été aménagé sur un terrain en pente qui descend jusqu’aux berges sud du cours de l’Yvette. Orienté face à la ville, aux coteaux et auxremparts du château médiéval, le nouvelaménagement devait s’inscrire dans le siteet se fondre dans le paysage.

C’est sur un terrain encore vierge d’installations formant une butte de 5-6 mètres de haut et constituée de remblais organiques que s’estporté le choix de l’implantation au cœurdu complexe sportif. La tribune, appuyée à la déclivité du site, borde le côté sud du terrain multisports, offrant aux spectateurs un panorama sur la commune de Chevreuse, sur le fond de la vallée et sur le château.

L’ossature métallique forme une arborescence rappelant le houppier de l’arbre avec ses membrures très fines, donnant ainsi à la structure plus de légèreté. Sa géométrie complexe en poutres brisées et non-cintrées découle d’une recherche d’éléments simples et lisibles avec une préférence pour une structure tubulaire aux largeurs identiques (100 mm).

Architecture bionique

L’ossature est constituée de portiques composés d’éléments en acier galvanisé, un matériau pérenne ne nécessitant que très peu d’entretien et dont la garantie anticorrosion est de dix ans. Les huit portiques soutenant la couverture ont été soudés et préfabriqués en atelier par la société Atelier Bois.

Ces portiques ont ensuite été fixés sur des platines préscellées avec un mortier de scellement à retrait compensé (Clavex 701), dont la mise en place requiert une précision millimétrique. Les pieds de poteaux semi-rotulés de la charpente se terminent par une réduction de section avec deux plats en croix et biseautés. Enfin, les portiques ont été entre-toisés avec des pannes. Les pannes d’extrémités dans les parties hautes et latérales se terminent à demi-biseau.

L’architecte Gilles Béguin et le bureau d’études GMGB ont alors envisagé de réaliser une couverture en porte-à-faux formant une feuille à ressaut. L’objectif était de ne pas tomber dans le schéma classique de type croix de Saint-André, mais plutôt de former un système en trapèze aux contreventements invisibles. Les pannes reliant les huit poutres ont donc été placées en diagonale, de sorte qu’elles ne convergent pas sur un même point. Évitant, ainsi, une connotation industrielle, tout en s’autobloquant par rapport au vent.

Cet aspect à ressaut a permis alors d’obtenir un motif plus graphique et structurel aux bords d’attaque dentelés lui conférant, ainsi, plus de souplesse. La toiture est fermée à l’arrière avec deux ouvertures pour l’accès des spectateurs, elle se retourne telle une enveloppe pour faire le bardage arrière assurant, ainsi, une continuité structurelle.

Approche environnementale de la conception

Restait à trouver une couverture qui réponde à la fois à un besoin de protection, de sécurité par rapport aux gradins, mais aussi de camouflage, afin de la fondre le plus possible dans le paysage. Le choix d’un verre sérigraphié a été rapidement écarté en raison de son prix,le résultat ne correspondant pas non plus à l’effet désiré. L’architecte a finalement opté pour du polycarbonate vert et translucide utilisé en alternance. Ce matériau présente l’avantage d’être rigide, résistant aux chocs et très léger. Cette couverture allège les volumes et apporte de la lumière naturelle dans les gradins. Parmi le large éventail de plaques extrudées en poly-carbonate, le choix s’est porté sur le modèleSun Modul de la marque Akraplast (épaisseur 16 mm, largeur d’un module 500 mm), en raison de son système d’attache moins rigide permettant de donner plus de liberté en angulation au niveau des connecteurs, tout en restant étanche.

Tous les matériaux utilisés ont été pensés pour un recyclage maximum en fin de vie et un entretien minimum. Outre la possibilité de recycler l’acier galvanisé et les plaques de couverture en polycarbonate, les assises des gradins vissées à la tribune sont constituées de planches massives quatre bords arrondis, de 4 cm d’épaisseur, en plastique issu durecyclage de déchets ménagers et industriels(Plas Eco). Un produit imputrescible, insensible aux UV, ne nécessitant aucun entretienet difficilement tagable ou entaillable.

Les eaux de pluies sont également récupérées. Aussi, des chéneaux sur mesure de dévoiement des eaux pluviales ont été installés au-dessus des entrées, permettant ainsi à l’eau de descendre en cascade le long des tuiles et d’être déversée dans un caniveau à l’arrière de la tribune qui rejoint une cuve de récupération pour l’arrosage de la pelouse du terrain multisports (Entreprise Technicité).

Quant à l’éclairage, il est constitué de projecteurs basse consommation d’une puissance de 150 W et fixés sous chaque portique.

Un an d’étude a été nécessaire pour la réalisation de cette tribune à l’architecture complexe. Un budget modeste qui avoisinait les 380 000 3, a joué un rôle dans le choix de matériaux simples et durables. La moitié du budget a servi à la réalisation du gros œuvre, l’autre moitié ayant été utilisée à la mise en place de la charpente et de la couverture. La préfabrication en atelier des portiques soutenant la couverture a permis de limiter la durée du chantier à six mois.  

N°306

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