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Plantations Trois systèmes adaptés à la structure et à la pente

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Plantations Trois systèmes adaptés à la structure et à la pente

Les micromottes de sedums et autres plantes vivaces sont de petites plantes fournies sur des plaques de culture alvéolées. En mélangeant les espèces fournies en micromottes, il est possible de constituer des motifs et des effets de reliefs pour dessiner la toiture.

© (Doc. DDV.)

Le type de toiture, terrasse ou pente, son accessibilité éventuelle et l’entretien déterminent le choix : végétation classique de jardin ou plantes grasses à faible entretien, végétaux prédéveloppés et végétaux à semer.

Une toiture végétalisée, mais pour quoi faire ? S’il s’agit d’un toit-­terrasse, accessible aux occupants du bâtiment, le choix se portera sur un toit-jardin, dit aussi à « végétalisation intensive ». S’il s’agit plutôt d’un geste écologique, la végétation extensive sur substrat mince conviendra parfaitement. En intermédiaire, la toiture à végétation semi-intensive se caractérise par des substrats spécifiques adaptés aux plantes sélectionnées.

Dans le cas d’une toiture-jardin, toutes les plantes sont admissibles. La seule limite sera la résistance mécanique du support qui définira le poids, donc la hauteur de terre végétale et le type de végétation. Avec 1 m de terre, soit 1 000-1 500 kg/m², il est possible de planter des arbres. Une toiture- jardin peut être réalisée en rassemblant des éléments séparés : isolation thermique, étanchéité, drainage, terre, végétation, etc.

Dans les toitures semi-intensives, pour alléger le poids total de l’ouvrage, la terre végétale est remplacée par un substrat particulier, adapté à la végétation.

Sedums et plantes vivaces

Les solutions de toitures semi-intensives sont souvent fournies en totalité par un même fabricant. Elles commencent par la mise en œuvre du substrat, dont le poids varie de 14 à 15 kg/m² et par centimètre d’épaisseur. ­Selon la surface à équiper, il est livré en sacs de 50 litres, en grands sacs de 1,5 m3 ou en vrac par camion-silo. Dans ce dernier cas, il est soufflé directement sur la toiture. Les herbacées et pelouses sont couramment utilisées pour les toitures semi-intensives. Les principales plantes utilisées pour les toitures végétalisées extensives (TVE) sont les sedums, les herbacées, les mousses et les plantes vivaces, capables de reconstituer un environnement proche du naturel sur une toiture. Même pour les TVE, les fournisseurs recommandent la mise en ­place d’un arrosage automatique pour les toitures, en climat méditerranéen ou en zones à faible pluviométrie. Grâce à leurs qualités, les sedums et plantes vivaces dominent nettement dans les offres combinées des fournisseurs. L’offre « Succulis » d’Ecovégétal est, par exemple, composée de différents sedums, dont la couleur du feuillage évolue du vert au rouge, selon les saisons, avec des floraisons jaunes, blanches et roses. Ils varient, par leur taille, de plantes de rocaille (tapissantes) de 5 à 20 cm de hauteur, à de petits arbustes atteignant 1 m. Capables de pousser dans une faible épaisseur de terre, leurs racines retenant bien le substrat, ils sont particulièrement bien adaptés.

Quatre modes de plantations

Il existe quatre manières de planter la végétation d’une toiture : les semis, les fragments, la mise en place de micromottes et les solutions précultivées sous forme de tapis ou de bacs, aussi appelés godets. Les fragments sont de petits morceaux de sedums que l’on sème sur le substrat. Une fois en contact avec celui-ci, les fragments émettent des racines et couvrent la toiture au cours d’une période de 18 à 24 mois. Trois à cinq inspections sont alors nécessaires, afin de compléter le semis de fragments, et d’arracher les mauvaises herbes qui se développent entre les plans de sedums. La dose de fragments recommandée est de 50 à 80 g/m². Les fournisseurs recommandent de faire suivre le semis d’un roulage, ce qui ne convient qu’à des toitures dont la pente est inférieure à 5 %, et d’un premier arrosage pour favoriser l’enracinement. Dans cette solution, la fourniture des semis est particulièrement économique. Ce mode de plantation est donc recommandé pour les toitures de très grande surface, supérieures à 1 000 m². À partir de 2 000 m², Le Prieuré propose avec sa solution ID-Fragments, à base de fragments de différentes variétés de sedums, un semis par projection permettant une mise en œuvre très rapide.

Les micromottes de sedums et autres plantes vivaces sont de petites plantes fournies sur des plaques de culture alvéolées. Avec un diamètre entre 3 et 4 cm, les fournisseurs recommandent une vingtaine de micromottes par m². Pour la plantation, il suffit de la retirer de son alvéole pour la replanter dans le substrat. Six à douze mois sont nécessaires pour obtenir une couverture totale. La technique de mise en œuvre, nécessairement manuelle, convient aux toitures de moins de 500 m². En mélangeant les espèces fournies en micromottes, il est possible de constituer des massifs, des motifs, des effets de relief, afin de dessiner la toiture. Les plantes fournies en micromottes sont généralement le gazon d’Espagne (Armeria maritima), les œillets (Dianthus deltoïdes), la ciboulette (Allium schoenprassum), la marjolaine sauvage (Origanum vulgare), le thym serpolet (Thymus serpyllum), le thym commun (Thymus vulgaris), la lavande (Lavendulla augustifolia), etc. Les tapis précultivés, disponibles en gazon pour les toitures-jardins et en sedum pour les TVE, constituent la seule technique possible pour obtenir une couverture végétale totale immédiate. La mise en œuvre est le plus souvent prise en charge par l’entreprise d’étanchéité : les tapis, dont la surface est à 80 % végétalisée, sont déroulés sur le substrat. Lorsqu’elles sont livrées sur le chantier, les plantes ont atteint une maturité et un développement racinaire qui facilitent l’enracinement. L’entretien se limite à un ou deux passages la première année pour le désherbage. Les variétés de sedums les plus couramment utilisées en tapis, notamment dans les tapis ID Mat sedum de Le Prieuré, sont : Sedum sexangulare (feuillage vert clair, fleurs jaunes), Album coral carpet (variété tapissante, feuillage rougeâtre à vert, fleurs blanches), Glaucum, Floriferum (feuillage vert sombre, fleurs jaunes)… Tous les fournisseurs mélangent les variétés de sedum pour obtenir le meilleur aspect ­possible. Le standard allemand « FLL Green Roof Guideline » spécifie les quantités de semis, de fragments, etc. nécessaires pour les TVE. Le printemps (d’avril à juin) et la fin de l’été (septembre) sont recommandés pour la plantation. Si la plantation a lieu en fin d’automne, les premières gelées sont susceptibles d’endommager les plantes.

Maillage ou bacs sur les pentes

Lorsque la pente de la toiture dépasse 10° (17 %), le substrat supportant la végétation subit une force de déchirement croissante avec l’augmentation de la pente. Il doit donc être protégé contre l’érosion. Les fabricants utilisent alors soit une plantation en bacs, soit un maillage du substrat avec des filets en matière de synthèse imputrescible et à larges mailles. Les plantes retenues et les techniques de plantation diffèrent nettement dans le cas des toits en pente. Outre la barrière antiracines, la structure du toit végétalisé comprend des barrières antidéchirement. Leur calcul doit être confié à un spécialiste, en général le fournisseur du système, qui prend en compte la surface, la forme et la pente du toit, l’exposition au vent, les charges de neige prévisibles, le ­détail de la composition de la toiture végétale retenue, etc. Si certaines toitures végétalisées affichent des pentes de 45° (100 %) en Allemagne et aux Etats-Unis, la profession recommande de ne pas dépasser 30° (58 %). Plus la pente est importante, plus le système devient complexe et plus les coûts d’entretien augmentent. Dans le cas des toits en pente, l’objectif est d’obtenir une bonne couverture par les plantes le plus rapidement possible afin de minimiser l’érosion initiale. Les tapis et les bacs précultivés ou la plantation dense sous forme de micromottes sont privilégiés. Le Prieuré propose par exemple « ID Mat Sedum renforcé » une version spécifique de ses tapis de sédums précultivés pour des toitures dont la pente peut atteindre 70 % (35°). Le tapis contient un géo­textile non-tissé, fixé sur une trame tridimensionnelle en polyamide pour lutter contre l’érosion. Ce produit pèse en moyenne 35 kg/m² à saturation d’eau. De même, Ecovégétal ­propose « Saxatilis », composé de sédums variés précultivés en godets, pour des toitures en pente jusqu’à 45 % (24°). Pour les toitures dont la pente est de 15 à 25 % (de 8 à 15°), le fabricant recommande une densité de 16 plantes/m², de 20 plantes/m² pour les pentes de 25 à 35 % (de 15 à 20° et de 24 plantes/m² pour les pentes de 35 à 45 % (de 20 à 25°). Si les plantes grasses et les graminées conviennent à des toitures en pente, les sedums sont particulièrement bien adaptés. Comme le ruissellement des eaux est bien plus rapide sur une toiture en pente et les possibilités de rétention d’eau réduites, il est recommandé d’installer un système d’arrosage, soit par goutte-à-goutte dans le cas des sédums et des plantes grasses, soit par sprinkler pour les graminées.

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