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Planchers techniques Nécessité d’une pose soignée

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Planchers techniques Nécessité d’une pose soignée

© (Docs Planium, hyperline, intercell.)

Les planchers techniques surélevés sont disponibles dans une large panoplie de résistances mécaniques et de finitions. Cependant, tous doivent être posés très soigneusement pour tenir leurs promesses.

La surélévation des planchers techniques permet de faire circuler en toute discrétion les réseaux informatiques, téléphoniques et électriques, les conduites de climatisation ou d’eau. En outre, la grande variété disponible de finitions et de revêtements (verre, métal, linoleum, moquette, parquets, pierre, porcelaine...) aide à les intégrer dans des lieux très divers. Il n’est donc pas étonnant de rencontrer ces équipements non seulement en tertiaire, mais aussi dans les tours de contrôle aérien, les hôtels et bars, les centres sportifs ou les hôpitaux. Le principe constructif est globalement assez similaire entre les différentes gammes commercialisées, avec un alignement précis de dalles carrées de 600 mm de côté, posées dans leurs quatre coins sur des vérins métalliques réglables par vis. Le choix du bon produit passe par une analyse des besoins en terme de charges, de qualité acoustique, de résistance au feu et de conductivité électrique. Dans les bureaux avec peu de visiteurs, de simples faux planchers avec des dalles minces en aggloméré sur pieds acier peuvent suffire. En revanche, pour des salles informatiques avec du stockage lourd, les dalles doivent être portées par une ossature adaptée.

Tolérances dimensionnelles très strictes

La pose d’un plancher technique demande à chaque étape du soin et de la précision. La hauteur, qui peut varier entre 30 cm et 1,50 m, est un compromis entre les besoins et le volume disponible. Les planchers bas sont souvent indispensables dans des bâtiments existants, et font gagner du volume dans le neuf. Les vérins sont eux-mêmes ajustables par vis pour garantir la planéité, quelle que soit la précision du gros œuvre. Une fois bien positionnés, les pieds sont collés au sol et ajustés. Des patins plastiques sont collés sur les vérins sur lesquels seront simplement posées des dalles (rarement vissées) qui doivent être parfaitement alignées. Leurs rives sont garnies de joints caoutchouc afin de garantir l’étanchéité à l’air et rattraper les tolérances. Rompant avec ce système, le constructeur InterfaceFLOR propose comme support de ses dalles Intercell un système de seize plots à poser d’un bloc, par panneau, ce qui donne une grande résistance à la charge et facilite la pose, à condition de bénéficier d’un gros œuvre de qualité avec ragréage éventuel et de s’accommoder d’une faible hauteur. Les conditions de mise en œuvre d’un plancher technique sont définies par le DTU 57.1. Une fois les vitrages posés et les locaux mis à l’abri des intempéries, l’entreprise doit être en mesure de respecter tout un ensemble de tolérances de pose dont un écart entre le niveau fini et le niveau prescrit de 5 mm, une horizontalité inférieure à 3 mm pour une surface de 5 m de côté prise en n’importe quel point de la surface, une planéité sous une règle de 2 m (pris en n’importe quel point de la surface) inférieure à 2 mm, etc. Le respect des tolérances dimensionnelles horizontales des dalles permet aussi d’assurer l’interchangeabilité des éléments dans le temps.

Les dalles peuvent être auto-portantes et les dalles non métalliques sont parfois renforcées avec une sous-face métallique. Teknofloor annonce ainsi que l’ajout d’une sous-face en acier galvanisé à ses dalles en aggloméré donne une résistance accrue à la charge de 7 %. Certains constructeurs, comme Kingspan ou JVP, ont renforcé leurs dalles en aggloméré en les empaquetant de tôles acier galvanisé et serties sur les arêtes supérieures. Cela vise à renforcer la résistance ponctuelle à la charge de chaque dalle. Par ailleurs, il convient de poser les dalles sur une ossature porteuse qui tienne la charge globale transmise. Pour cela, l’ossature peut être renforcée par des traverses métalliques, des accessoires que la plupart des constructeurs proposent en option. Cette ossature qui renforce la résistance des dalles est aussi appréciée pour stabiliser les grandes hauteurs de planchers.

De même, toujours dans le cas de grandes hauteurs, la pose d’un plancher intermédiaire permet non seulement de bénéficier d’un deuxième niveau de câblage, mais de renforcer la stabilité de l’ensemble. La nécessité d’une ossature avec traverses se présente aussi avec des dalles dont la masse est conséquente pour assurer le transfert de charges vers les pieds. Un bon exemple est Eurotherm, le plancher surélevé chauffant de Planium, qui doit obligatoirement être soutenu avec une ossature métallique. La dalle est en effet composée de quatre couches superposées, un bac acier revêtement zinc, la tuyauterie lovée dans une armature métallique habillée d’une dalle béton pour l’inertie, une couche de protection en acier revêtement zinc et la surface de finition. Outre les traverses, la panoplie des accessoires proposés par un constructeur comprend généralement des dalles spécifiques, comme les dalles d’accès, dalles de ventilation, rampes, joints de dilatation, faces verticales...

Résistance à la charge

La classification de la résistance des dalles à la charge est normalisée par la norme européenne EN 12825 datant de janvier 2002, qui a repris les éléments de la norme NF 67.101 et 102. La classification va de 1 (le moins résistant) à 6 (le plus résistant). Le premier niveau équivaut à une valeur de rupture correspondant au minimum à une charge de 4 kN (soit 0,4 tonne) alors que la classe 6 correspond à une valeur de rupture de 12 kN, soit 1,2 tonne. Les dalles de classes 1 et 2 répondent à des besoins standards, à des bureaux sans machines lourdes ni stockages d’archives, et avec peu de visiteurs. Les classes 3 et 4 deviennent nécessaires pour un fort trafic d’utilisateurs ou du fait de la présence d’archives (bibliothèques, par exemple) ou de machines relativement lourdes. Des besoins très spécifiques, comme ceux des laboratoires industriels, vont nécessiter des classes 5 ou 6. Il faut encore aller au-delà de ces limites pour un showroom avec des véhicules.

Un coefficient de sécurité, de valeur 2, est appliqué pour déduire la charge maximum admissible de la charge de rupture. Exemple : il n’est pas recommandé pour une dalle de classe 1 de dépasser une charge locale de 200 kg.

La norme européenne définit aussi une classe de flèche qui indique les propriétés de déformation élastique temporaire de l’élément constructif. La flèche est la valeur en millimètres de la mesure de la déflexion obtenue en soumettant la dalle sur une zone de 25 mm2 à sa charge de rupture divisée par le coefficient de sécurité. Si la déformation est inférieure à 2,5 mm, la dalle très rigide est dite de classe A, si elle est inférieure à 3 mm, elle est dite de classe B et si la déformation est inférieure à 4 mm, elle est dite de classe C, la classe la plus souple. Ces mesures sont restreintes à une évaluation de la résistance de la dalle aux charges ponctuelles. Il faut utiliser d’autres critères pour évaluer la résistance à une charge globale du plancher technique dans son ensemble avec son support. Les éléments porteurs (les vérins) des dalles de planchers qui concentrent les efforts doivent résister à une charge égale à quatre fois la charge admissible.

Des dalles parées à toute épreuve

Les propriétés anti-feu relèvent de la normalisation habituelle, les dalles sont soumises à des tests de réaction au feu.

Le classement français Mo (incombustible), M1 (non inflammable), M2, M3 et M4 (facilement inflammable) a été remplacé par le système européen (EN 13501-1), A1, A2, B, C, D, E et F. L’âme de la dalle et le revêtement de la face supérieure sont classés séparément. Un autre indicateur est la résistance au feu, qui est l’aptitude de la dalle à assumer sa fonction malgré l’incendie auquel il est soumis, et qui relève de la norme EN 13501-2. Le constructeur Hyperline met en garde, suite à des tests comparatifs effectués entre ses produits et ceux des concurrents : la norme définit la résistance au feu, mais ne tient pas compte du temps nécessaire pour une évacuation. D’après ces tests, les dalles Hyperline permettraient une évacuation pendant soixante minutes, car la surface supérieure met une heure à monter à 100 °C alors que certains produits concurrents dans les mêmes conditions montent à 200 °C en quinze minutes.

La résistance à l’eau est pour sa part définie par la variation dimensionnelle après 24 heures d’immersion de la dalle dans l’eau (EN 317/93), et l’absorption de l’eau par la norme ISO 769/92. La norme européenne définit aussi des tests pour l’isolation acoustique des dalles (NF EN 10848-2).

L’isolation aérienne mesure ­l’atténuation du son (airborne insulation) entre deux locaux contigus séparés par l’élément constructif avec son revêtement. D’autres mesures portent sur le niveau sonore d’impact sur le revêtement (impact sound insulation).

Enfin, la dureté de la surface des revêtements est aussi mesurée, par le test d’abrasion Taber mesurant la résistance à l’usure, ou par le test de dureté Brinell qui donne la profondeur de l’empreinte laissée sur la surface par une bille de 23 mm de diamètre, d’un poids de 1 kg, lâchée d’une hauteur de 50 cm.

Tableau des fabricants

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