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PISCINES Systèmes de sécurité : des barrières aux alarmes

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PISCINES Systèmes de sécurité : des barrières aux alarmes

Deux gammes Large choix de barrières à barreaudage ou à panneaux transparents avec ses deux gammes Origine et Swimy. (Modèle Eglantine de la gamme Origine). (Doc Orial.)

La sécurisation de l’accès aux piscines, classiquement assurée par une enceinte de barrières rigides et fixes, a été révolutionnée ces dernières années par l’arrivée des systèmes à alarmes, qui n’ont pas tous donné satisfaction.

La loi du 3 janvier 2003 oblige les propriétaires à sécuriser l’accès à leur piscine privée enterrée, qu’elle soit à usage collectif ou privatif. Ils ont le choix parmi quatre grandes familles de produits – les abris, les couvertures, les barrières et les alarmes – encadrées par les normes Afnor sorties en décembre 2003. Les abris (norme NFP 90-309) peuvent être des structures légères ou des vérandas. Quant aux couvertures, peu de modèles répondent à la norme NFP 90-308, et cette solution n’est pas adaptée aux piscines de grande taille, à l’exception des versions automatisées qui sont oné­reuses. Les propriétaires ont donc essentiellement recours aux barrières ou aux alarmes. L’enjeu est important pour la France qui compte plus d’un million de piscines particulières, et qui peut déplorer annuellement plus d’une vingtaine de noyades d’enfants de moins de six ans.

Barreaux verticaux peu espacés

La solution éprouvée et sécurisante consiste à entourer sa piscine d’une barrière fixe et rigide. Déclinable en différentes matières (aluminium, PVC, bois, verre…) et coloris, la barrière peut épouser toutes les formes de bassins. Ces produits doivent répondre à la norme NFP 90-306. Pour Lucile Prouteau du fabricant Lippi, cela explique que « sur le marché se trouve une majorité de clôtures de piscine de type barreaudage avec une lisse haute et basse horizontales pour éviter l’escalade, et des montants verticaux avec un espacement normé ». L’idée de la norme est en effet de sécuriser l’accès au bassin aux enfants de moins de cinq ans qui sont les principales victimes. Afin d’éviter son franchissement, la hauteur minimale entre deux points d’appui de la barrière doit toujours être supérieure ou égale à 1,10 m par rapport à la traverse basse ou 1,22 m par rapport au sol fini. Elle doit présenter une certaine résistance à la rupture et à la traction, aux déchirures, et ne doit pas blesser les enfants qui chercheraient à la franchir. Les barreaux verticaux ne doivent pas trop être espacés, de manière à éviter les risques de coincement, de suffocation ou d’étranglement. De manière générale, la barrière doit être conçue de manière à éviter tout risque de coupure ou de piqûre. S’il est recommandé de l’installer à au moins 1 m du bassin, elle ne doit pas non plus être trop éloignée. Le mode d’ancrage au sol doit être permanent, vérifié régulièrement et il est conseillé d’employer de la visserie en acier inoxydable. En mode d’usage collectif, le scellement des poteaux est obligatoire (carottage ou plot béton). En revanche, pour un usage individuel de la piscine, la fixation avec platine vissée sur support béton est autorisée. Le portillon d’entrée est aussi normé. S’il est pivotant, l’ouverture doit se faire vers l’extérieur de la piscine, et si l’usage est collectif, la fermeture et le verrouillage doivent être automatiques. Le déverrouillage de l’accès doit impliquer deux actions combinées et/ou séparées. Certains constructeurs ­proposent des modèles ­entièrement configurables à destination des architectes ou des designers. Par exemple, Profil Systemes propose ­Macassar, une gamme de profilés aluminium où toutes les formes de garde-corps sont possibles : droits, rampants, cintrés, à barreaudage, à remplissage vitré ou Altuglass avec Croix de Saint-André. Plusieurs modèles de mains courantes sont aussi disponibles (design galbé, rond ou plat). Dans le même esprit, Technal commercialise la gamme Gypse, un garde-corps alu avec doubles poteaux accolés ou espacés, entre lesquels viennent se positionner des lisses plates ou rondes et des remplissages. Différents matériaux peuvent être réunis (inox, bois, verre, panneau composite).

« Le marché de la barrière de piscine a eu ses heures de gloire en 2005 avec une envolée en 2006, grâce à une médiatisation importante. Depuis, les ventes sont devenues ponctuelles. Les barrières sont en effet fort concurrencées par les alarmes notamment chez les particuliers », confie Vincent Farreyrol, responsable Marketing et produits du fabricant Clonor. Face à l’offensive des alarmes – dont l’un des atouts est de ne pas dénaturer l’esthétique d’une piscine – la réponse de certains fabricants de barrières est de proposer des modèles escamotables. Ils offrent l’avantage de la barrière rigide sécurisée, tout en devenant invisibles à la demande. Un très beau modèle est proposé par Diodon, avec grille en barreaudage inox, qui s’incline et vient s’encastrer (en manuel ou en automatique) dans une ossature primaire au sol, qui peut être en bois exotique, pierre, marbre, ciment lissé…

Alarmes : périmétrique ou anti-immersion

Autre approche que celle du fabricant Profil Systemes, sur le point de commercialiser un nouveau produit Pacoha Close Up, escamotable en quelques minutes sans motorisation, et s’insérant aussi bien dans le neuf que dans l’existant. La barrière est constituée de parallélogrammes déformables en profilés aluminium. Une fois repliée, elle peut se ranger dans un coffre de 20 cm de largeur et 5 cm de profondeur.

Un portillon tout aussi escamotable peut être intégré. Les systèmes avec alarme (norme NFP 90-307) ont ­pénétré en force le marché ces ­dernières années. Deux grandes familles existent, les systèmes périmétriques et les systèmes anti-immersion, capables de détecter la chute dans l’eau d’un objet d’au moins six kilos. Avec le périmétrique, la piscine est entourée par un réseau de 2 à 6 poteaux, émettant et recevant des rayons infrarouges, en général au nombre de 4 (rarement 2) et situés vers 20 et 45 cm de hauteur. L’avantage en ­doublant les rayons est que « les 2 rayons optiques du bas ou des 2 rayons optiques du haut doivent être coupés simultanément pour provoquer un déclenchement d’alarme. Cette configuration élimine tout type de déclenchement intempestif désagréable lié aux insectes, oiseaux, feuilles… », explique le constructeur Dytech. Les poteaux d’une hauteur d’environ 60 cm, parfois pourvus d’un système de chauffage intégré antigivre, sont capables de détecter le franchissement de leur ligne par un enfant et de déclencher automatiquement une alarme par sirène. La distance entre deux poteaux est couramment de 20 m, exceptionnellement de 30 m.

Alignement des émetteurs en deux temps

Un autre critère de différenciation est l’alignement des poteaux en horizontal et en vertical. L’alignement des émetteurs et récepteurs infrarouges lors de l’installation est une étape délicate, qui se fait en deux temps. La première étape est visuelle, il faut régler l’inclinaison des lentilles pour faire correspondre, d’une borne à l’autre, les émetteurs avec les récepteurs. Ensuite, électroniquement, avec le boîtier de commande mis en position tests, il faut affiner le réglage initial jusqu’à ce que le système indique que tout fonctionne correctement (en général par des voyants lumineux). Le terrain n’étant pas toujours plat, il faut savoir que la tolérance de l’angle vertical de l’alignement est de quelques pourcentages, jusqu’à /-10° pour les modèles les plus performants. L’alignement horizontal varie suivant les modèles entre 125 et 165°. L’alarme périmétrique apparaît ainsi comme une solution assez économique (surtout pour les piscines de grandes dimensions) et esthétique (quasi invisible). Ces systèmes nécessitent impérativement qu’un adulte puisse intervenir en moins de trois minutes si l’alarme se déclenche. D’après la norme, le signal sonore de la sirène doit être audible depuis la maison dans le cadre de la vie courante, et son niveau est compris suivant les modèles entre 100 et 115 dB. Plusieurs constructeurs proposent de déporter l’alarme ou d’installer une double alarme, l’une sur site et l’autre dans la maison.

Matériel étanche et poteaux fixés avec visserie inoxydable

Un autre point important est que le système doit être activé, fonctionner 24 h/24 h, prévenir en cas de défaillance et être équipé d’une batterie de secours. Il doit aussi être pourvu d’une réactivation automatique au bout de 30 à 45 minutes, même après avoir été volontairement neutralisé, par exemple lorsque la piscine est utilisée. Sa neutralisation doit être protégée par un digicode ou nécessiter deux actions indépendantes. Enfin, le matériel doit être étanche et les poteaux de préférence fixés avec une visserie inoxydable.

Les produits commercialisés présentent des différences dans le nombre de poteaux (ce qui permet de suivre la forme du bassin), dans le nombre de sirènes (en général une ou deux), dans l’organe de contrôle (console centrale, télécommande…) et dans la durée d’autonomie des batteries pour l’alimentation des bornes.

Suivant les modèles, l’alimentation de secours peut être assurée par des piles 3 V ou des batteries de 9, 12 ou 24 V, avec une autonomie pouvant aller jusqu’à 24 heures. Leur durée de vie étant comprise entre un et quatre ans suivant les modèles, il faut penser à les changer régulièrement. L’alimentation de la console centrale, située en général dans la maison ou dans un local technique, se fait par le secteur.

Et comme il est essentiel qu’il n’y ait pas de rupture de l’alimentation des bornes, les ­câbles très fins de liaisons (12 ou 24 V) doivent être protégés (fourreau et gaines), dissimulés dans la mesure du possible, et de préférence enterrés. Le constructeur First Innov propose avec son produit Primaprotect un système d’alimentation sans fil des bornes plus rapide à installer. Enfin, suivant les modèles, divers accessoires peuvent être proposés comme la télécommande, un deuxième boîtier de commande, une deuxième alarme, un bracelet de protection pour l’enfant, un digicode…

TABLEAU : Bornes (marques et fabricants)

Barrières (marques et fabricants)

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