Photovoltaïque : sortie du Guide UTE – installations sous tension

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Photovoltaïque : sortie du Guide UTE – installations sous tension

Georges Marques, ingénieur chez Norisko

Le nouveau guide sur les installations photovoltaïques raccordées au réseau, publié par l’Union technique de l’électricité, propose un ensemble de règles précises de mise en œuvre.

Les installations photovoltaïques utilisées dans les bâtiments occupent désormais toutes les parois : toitures et façades.

Jusqu’à présent, l’installation électrique qui en dépend n’était encadrée que par les normes et guides se rapportant à l’ensemble de ce type d’aménagement tel le Guide pratique de l’Ademe « La production d’électricité raccordée au réseau ». L’UTE (Union technique de l’électricité) a publié en février 2008 un Guide Photovoltaïque (Guide C15-712) qui traite de l’installation sous tension et propose un ensemble de règles de mise en œuvre.

CTB : Quels sont les documents disponibles traitant du photovoltaïque ?

Georges Marques : Aujourd’hui, les professionnels disposent de peu de textes, tous assez généraux. En premier lieu, la norme NFC 15-100 s’applique de façon générale et elle est complétée (sauf pour l’habitat par le décret 88-1 056 du 14 novembre 1988 pris pour l’exécution des dispositions du livre ii du code du travail (titre iii : Hygiène, sécurité et conditions du travail) en ce qui concerne la protection des travailleurs dans les établissements qui mettent en œuvre des courants électriques. Pour les ERP du 1er groupe on signalera l’arrêté du 25 juin 1980 (« portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les ERP ») et pour les ERP du 2e groupe, l’arrêté du 22 juin 1990 (« modifié portant approbation de dispositions complétant le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les ERP »). Enfin, pour l’habitat, l’arrêté du 31 janvier 1986 demande simplement l’application des normes.

CTB : Qu’apporte ce guide de l’UTE ?

G. M. : Pour la première fois, un texte technique donne des précisions sur l’installation sous tension qui n’était pas décrite dans les autres textes, ­beaucoup plus généralistes ou qui portaient sur d’autres parties du système. Ou encore, ils s’intéressaient à des installations ilôtées (à batteries) comme le guide de l’Ademe.

Les professionnels ne disposaient que des recommandations des fabricants. Cette harmonisation était nécessaire.

Ce qui signifie que le guide UTE concerne exclusivement les installations raccordées au réseau. Ces installations auront des puissances limitées à 36 kW (le tarif bleu) ou surveillées à 240 kW (tarif jaune).

CTB : Quel est l’objectif du guide et quel est son secteur d’intervention ?

G. M. : Il propose un certain nombre de dispositions dont l’objectif final est la protection des personnes. De façon assez descriptive, il définit les équipements de sécurité nécessaires, les dimensionnements des câbles ou la signalétique, sur la partie comprise entre les panneaux ou les cellules et le local comptage.

CTB : Et de façon pratique ?

G. M. : En premier lieu, et généralement, plusieurs dispositions visent à cette protection par des systèmes de coupure, de mise à terre ou de dimensionnement.

Dans tous les cas, la mise à la terre des structures métalliques des panneaux ou des modules photovoltaïques est fortement recommandée, même si aucune obligation ne les concerne puisqu’ils appartiennent à la classe II. Un dispositif différentiel renforcera la sécurité, conformément aux dispositions normatives. Pour l’habitat, son intensité est limitée à 30 mA.

Concernant les câbles, qui devront être des câbles unipolaires non propagateurs de flamme (de catégorie C2, admettant une température de l’âme de 90 °C), le guide ­recommande de limiter la chute de tension à un maximum de 1 %. Leur dimensionnement devra donc prendre en compte cette contrainte, notamment en intégrant d’éventuelles pertes en ligne dues à la longueur des circuits.

Les documents fournissent des abaques qui permettent de répondre assez simplement à cette exigence.

Dans la continuité de l’idée de protection, le circuit doit comporter des dispositifs de coupure aux différents endroits stratégiques, notamment dès la sortie de l’installation photovoltaïque (qu’il s’agisse de panneaux ou de cellules) et juste avant le local onduleur.

Ces modules de sectionnement ont pour but de faciliter la maintenance. En effet, à moins de disposer des bâches sur les capteurs, le circuit reste en tension en permanence.

CTB : Existe-t-il des contraintes sur les cheminements ?

G. M. : Bien sûr, puisque la mise en tension est permanente. Dans l’idéal, la solution la plus efficace serait une indépendance des différents circuits. Ce n’est pas toujours possible mais il faut éviter des interventions intempestives dans le circuit et limiter les risques d’accidents.

Pour cela, le guide conseille un repérage spécifique autant pour les câbles eux-mêmes que pour tout dispositif qui leur serait associé (boîtiers de dérivation ou tout équipement intercalé par exemple).

Ce qui peut être réalisé par toutes sortes de moyens comme un étiquetage à des distances régulières et relativement fréquentes.

CTB : Comment est assurée la protection contre la foudre ?

G. M. : Le guide renvoie généralement aux dispositions du Guide C 15-443 pour tout ce qui concerne les surtensions d’origine atmosphérique. Dans le principe, on distingue la partie courant continu et courant alternatif. Rappelons que l’intérêt du Guide C15-443 est que, conçu pour être autonome, il donne toutes indications nécessaires à l’étude et au dimensionnement des systèmes de protection. Enfin, le Guide C 15-712 recense le contenu minimum du dossier technique d’installation.

CTB : Considérez-vous que ce document répond aux besoins concernant ce type d’installation ?

G. M. : Il vient combler un vide puisque rien, avant sa publication, ne prenait en compte de façon spécifique les installations photovoltaïques sur la partie courant continu. Toutefois, je regrette que ses prescriptions n’aillent pas plus loin, en particulier pour la protection des personnes en cas d’urgence, en particulier les pompiers. Aujourd’hui, on a tendance à disposer des panneaux ou des dispositifs photovoltaïques sur toutes les parties des bâtiments : en façade comme en toiture. Mais si des dispositifs de coupure de courant à chaque extrémité du circuit sous tension sont prévus, il est nécessaire de se rendre dans les combles pour couper le courant. Une opération complexe et parfois dangereuse. Tout comme les panneaux installés sur les façades, ceux des toits sont difficiles d’accès. Je préconise donc de prévoir des dispositifs de coupure générale, accessibles à l’entrée des bâtiments pour ces cas d’urgence.

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