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Penser le bâti selon l’environnement sonore : bientôt une réalité

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Penser le bâti selon l’environnement sonore : bientôt une réalité

"En France, la réglementation en matière de lutte contre le bruit est particulièrement dense. Elle s’organise à partir de la loi « Bruit » n° 92-1444 du 31 décembre 1992 qui en décrit les lignes directrices, à savoir limiter l’émission et la propagation de bruits susceptibles de nuire à la santé des habitants. Pour les bruits de voisinage, le décret n° 2006-1099 du 31 août 2006 fixe par exemple des niveaux d’émergence (différence de niveau sonore entre le bruit ambiant comportant le bruit en cause et le bruit résiduel) à ne pas dépasser. En matière de construction, l’arrêté du 30 juin 1999 contraint les maîtres d’ouvrage à respecter des exigences sur l’isolement acoustique entre pièces et sur les niveaux sonores des équipements. Quant au bruit des transports terrestres, l’arrêté du 30 mai 1996 fixe un isolement acoustique minimal des façades, de façon à limiter le niveau de bruit à l’intérieur d’un logement.D’un point de vue pratique, la garantie du respect de la réglementation nécessite la réalisation de calculs acoustiques préalables et l’emploi de logiciels spécifiques.Dans un premier temps, la détermination des niveaux sonores en façade d’un bâtiment nécessitera l’utilisation d’un outil d’acoustique environnementale, prenant en compte la nature du trafic routier, le bâti, la topographie, la météorologie… Par la suite, la prévision à l’intérieur même du bâtiment nécessitera un calcul d’acoustique du bâtiment, intégrant la multiplicité des sources de bruit internes et externes, la nature des matériaux de construction… S’il s’agit en plus d’un bâtiment abritant une salle nécessitant des qualités acoustiques spécifiques (salle de spectacle), le recours à un outil d’acoustique des salles sera indispensable.

Sans être exhaustif, ce bref rappel du contexte amène à souligner deux aspects importants de l’approche réglementaire actuelle. Tout d’abord, la diversité des approches.Il n’existe pas d’approche globale permettant de réaliser une étude d’impact à différentes échelles, à savoir entre les pièces d’un même logement, ou entre les logements d’un même bâtiment, ou encore entre plusieurs bâtiments. Ceci est d’autant plus problématique que la « demande publique » en matière de lutte contre le bruit incite à proposer des solutions à grande échelle, telles que la mise en place de plans de déplacement urbain limitant l’impact sur l’environnement, ou l’intégration dans les règles d’urbanisme de recommandations destinées à réduire le bruit dans les habitations.Second aspect, la perception non prise en compte. La réglementation se focalise essentiellement sur la notion de niveau sonore. Sans remettre en cause l’intérêt d’un tel indicateur objectif, la question de sa corrélation avec la gêne ou le confort, c’est-à-dire sa relation avec ce qui est perçu par l’individu, en est indissociable. Cette problématique est d’autant plus pertinente que les niveaux sonores tels qu’ils sont calculés aujourd’hui sont souvent le résultat d’un calcul moyen sur des périodes horaires réglementaires, alors que des études montrent que la perception du bruit par l’individu est fonction, entre autres, du mode d’apparition dans le temps des événements sonores.

Alors, pouvons-nous faire autrement ? La réponse est affirmative, au moins sur le principe. En effet, si elles étaient combinées, les recherches récentes menées dans les laboratoires à travers le monde, permettraient dès aujourd’hui de créer des environnements sonores virtuels à l’échelle d’un bâtiment. Ainsi, on pourrait imaginer en amont un individu isolé dans un environnement virtuel, capable d’écouter, de manière anticipée, l’environnement sonore d’un logement avant même qu’il soit construit. Et en aval, un projeteur, transformé en designer sonore, n’aurait qu’à construire « l’acoustique idéale », en jouant notamment sur le bâti et la nature des matériaux.

Sans être de la science-fiction, la création de ce type d’environnement virtuel dans un cadre opérationnel est encore problématique, essentiellement pour des raisons techniques, du fait des temps de calcul nécessaires. Alors encore un peu de patience ! "

N°304

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