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Peintures décoratives : de l’uni multicolore aux effets de matières

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Peintures décoratives : de l’uni multicolore aux effets de matières

Généralement formuléeS en phase aqueuse, les peintures décoratives à effets permettent une réintégration rapide des locaux, sans odeur de solvant. (Doc. Tollens.)

Éléments premiers de décoration intérieure, les peintures d’aujourd’hui se caractérisent par des effets de matières, d’ombres et de lumières. Davantage qu’une simple protection, elles multiplient les effets décoratifs et restituent aux professionnels un savoir-faire disparu avec le développement des phases aqueuses.

La peinture, qui assure la protection du mur-support (murs, boiseries, façades), est aussi considérée comme un élément de décoration intérieure à part entière. Ces peintures, dites décoratives, combinent diversité des teintes et des effets, créent des décors inédits et chaleureux, et offrent de multiples possibilités. La tendance est à la recherche d’effets de matières, d’ombres et de lumières, rappelant les « stuccos » des palais italiens. Mais aussi aux enduits cirés des maisons provençales, aux torchis des chaumières normandes, ou encore aux badigeons de chaux des maisons. Chacun peut créer des décors originaux en s’appuyant sur les différents effets proposés. La superposition des teintes et le tour de main nécessaires au travail de la matière mettent en valeur les compétences du peintre. Pour les peintures à effets, on utilise une éponge, une brosse, un chiffon roulé…

Dans ces peintures, les jeux de couleurs et d’effets sont les premiers éléments à prendre en compte. En effet, la couleur a une influence directe sur notre humeur. Par leurs tonalités, leurs camaïeux, les couleurs sont porteuses de sensations « chaudes » ou « froides ». Elles réveillent par leurs tons acidulés, apaisent, excitent voire agressent tandis que le blanc intemporel sert de fond neutre et se marie à tous les coloris. La reproduction à l’infini de ces derniers est rendue possible, par des machines à teinter.

Chacun perçoit les couleurs avec sa propre sensibilité. Pour créer des harmonies réussies, il est indispensable de connaître quelques principes fondamentaux. Les tonalités jaune, orange, rouge (les jaunes de Naples, les rouges Pompéi, les terre de Sienne, tous inspirés de la Méditerranée) restituent des ambiances chaleureuses et conviviales. Les tons froids (bleu, vert, violet et dérivés) évoquent l’eau et procurent fraîcheur et douceur. Dans ce cas, il s’agit des verts grisés et des gris bleutés de l’Europe du Nord, mais aussi des bleus gris et lavande traditionnels de nos provinces. Le jeu des couleurs ne transforme ni la surface d’une pièce, ni sa lumière mais il peut en accentuer les qualités ou en atténuer les défauts. Les tons froids donnent une plus grande sensation d’espace que les couleurs chaudes. Les teintes claires agrandissent l’espace, à l’inverse des coloris foncés. Mais une ­petite pièce gagne en personnalité en s’habillant de couleurs vives ou denses.

La couleur se détermine grâce à un nuancier dans lequel chacune possède un numéro RAL. Du brillant au mat, les couleurs possèdent des gradations de brillance. La peinture brillante résiste mieux à la saleté et à l’eau, elle est plus facilement lessivable. Inconvénient : elle accentue les éventuelles irrégularités du support. Ce dernier doit donc être correctement préparé (norme NF P 74-201). Elle est surtout utilisée pour les portes, châssis, meubles et murs de pièces humides. La peinture mate résiste moins à la saleté et elle est moins facilement lavable. Elle est peu adéquate aux applications extérieures car elle résiste moins bien au vent et à la pluie et convient davantage pour des plafonds et des surfaces moins exposées.

Effets de matières : des systèmes multicouches

Pour obtenir un résultat durable, un système complet, avec plusieurs couches, s’impose. La première est appelée « couche de fond » (primer); elle pénètre profondément dans la surface et garantit une adhérence ­optimale. La couche de finition, couvrante, s’applique dans une teinte adaptée à la couleur de la couche de base. Elle donne à la surface sa couleur définitive et la protège. L’aspect de la peinture (sablé, moiré, granité, chaulé…) est rendu par un travail manuel comprenant différentes techniques. Les peintures s’appliquent au rouleau ou à la taloche et se travaillent à la spatule ou au pinceau large… Avec un rouleau, on peint trois fois plus vite qu’avec une brosse ou un pinceau. C’est donc principalement une question de surface qui déterminera le choix. On aurait tendance, en cas de surface importante, à choisir une brosse large d’une vingtaine de centimètres (un spalter). Or, plus la brosse est large, plus l’application est fatigante. Autre solution pour les grandes surfaces : le pistolet à basse pression, à condition de bien protéger les alentours et de travailler avec un masque. Une cire de couleur leur donne vie et laisse jouer la lumière sur sa brillance.

Dans ces systèmes multicouche, l’ensemble peut comporter un seul et même produit. Le type de support est à prendre en considération lors du choix de la peinture : le métal, la pierre et le bois exigent chacun une peinture spécifique.

Parfois, il peut être important d’utiliser une peinture perméable. En effet, elles assurent un passage limité de la vapeur d’eau à travers le film de peinture, ce qui évite les problèmes de condensation. Les composants qui donnent la texture et la couleur , après le liant et les solvants, sont les pigments colorants. Après les éléments de base, et selon le type de peinture, les additifs ou « charges » (talc, marbre, silice…).

Selon les « charges », un aspect différent

Ces dernières donnent une texture à la peinture comme les solvants supplémentaires, les siccatifs qui facilitent le durcissement des huiles ou les plastifiants qui améliorent la souplesse. Ces additifs donnent les textures mates, brillantes ou satinées. Ils diminuent le temps de séchage, augmentent le pouvoir couvrant, aident à la conservation en pot ou jouent un rôle antigoutte sur le pinceau. L’aspect de surface d’une peinture dépend aussi du rapport entre les quantités de pigments et de résines. Une peinture brillante contient environ autant de résines que de pigments. Avec davantage de pigments, l’effet obtenu est plus mat. On peut jouer sur les dosages pour obtenir l’effet satiné. La peinture matière se réalise au rouleau. Avant le séchage, il est possible de lisser au pinceau pour donner un aspect torchis. Structurée à la spatule, la peinture matière donne un aspect d’enduit, alors qu’en touches successives elle donne un aspect plâtre teinté. Enfin, pour lui donner un aspect ciré, le temps de séchage nécessaire est de 2 jours. La cire murale s’applique à l’aide d’un chiffon ou d’un gant à peindre, voire d’un rouleau à mousse. Après le séchage, d’une journée environ, il est possible d’appliquer une deuxième couche.

Plus faciles d’utilisation, les peintures en phase aqueuse

En quelques années, les peintures en phase aqueuse ont pris le pas sur les peintures en phase solvant. Elles regroupent les peintures vinyliques et acryliques. Les vinyliques ne s’appliquent pas sur les métaux ; leur capacité à rester souples et à ne pas durcir en profondeur est un des avantages. Les peintures acryliques tiennent dans le temps et leur jaunissement s’avère assez faible. Elles sont applicables aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. L’acrylique est une peinture murale sans odeur qui convient à tous les besoins (brillant, mat ou satiné) et rivalise avec de vraies laques. Il existe des qualités d’acrylique adaptées aux pièces humides (salles de bains, cuisines, buanderies…), traitées antimoisissures et résistantes à la vapeur d’eau.

De plus, le support peint est lavable à l’eau. Elles remportent un succès grandissant, car elles sèchent vite (deuxième couche, 6 à 8 h après la première), n’ont pas d’odeur et sont d’une application facile. Surtout, elles sont quasiment exemptes de solvants qui polluent l’air ainsi que les bronches des applicateurs. Les peintures en phase solvant sont fabriquées à partir de dérivés du pétrole. Elles possèdent une bonne résistance mécanique et restent, pour beaucoup de peintres, la seule peinture digne de ce nom.

Une assertion qui ne résiste pas à la réalité, sauf en matière de peintures à l’eau bas de gamme. Leur application est plus longue et plus difficile : il faut les tirer plus ou moins, contrairement aux acryliques. De plus, l’utilisation de solvant est nécessaire pour nettoyer le matériel ou « allonger » la peinture.

Elles sont encore employées dans les peintures à effet en ­complément de peintures en phase aqueuse dans des systèmes qui jouent sur la non miscibilité des couches.

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