Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

abonné

Peau en bardage de tôle crénelée pour les Coursives de Pantin

Carol Maillard

Sujets relatifs :

Lieu

1-3, avenue Jean Lolive, route des Petits-Ponts, 93 500, Pantin

Maîtrise d'ouvrage

Coopération et Famille

Maîtrise d'oeuvre

Atelier d'architecture AUA Paul Chemetov

Entreprises

Rossi, Arblade/ Sarmates (bardages et poutrelles), Verre & Métal (garde-corps et portes).

Coût des travaux

7 M€ HT

 

Peau en bardage de tôle crénelée pour les Coursives de Pantin

© Sarmates

Restructurer les façades de cet immeuble trentenaire a demandé de satisfaire aux normes actuelles d'isolation tout en conservant son identité esthétique.

Implantée à la porte de Pantin, face au périphérique parisien, l'emblématique résidence Les Coursives de Pantin (93), abritant 290 logements sociaux et s'élevant sur 12 à 18 étages, a été réalisée en 1981 par l'AUA/ atelier d'architecture et d'urbanisme, Paul Chemetov, Christian Devillers, Valentin Fabre et Jean Perrotet, architectes. Marquant l'entrée de la ville, ce bâtiment monumental, construit en béton et briques, se réfère à l'architecture remarquable des habitations bon marché (années 1930) de la « ceinture rouge de Paris » édifiée en briques rouges. Au regard de l'état de dégradation des parements de briques des façades et de la quasi-absence d'isolation thermique constatés sur l'ouvrage, le bailleur social Coopération et Famille a été amené à rénover intégralement l'enveloppe de cet édifice âgé de plus de 35 ans, dans le but de l'adapter à l'évolution des réglementations thermiques : le bâtiment étant classé sous la mauvaise étiquette énergétique E.

En termes d'objectifs, il s'agissait de consolider et améliorer les performances énergétiques de l'édifice, afin d'induire une baisse notoire de la consommation de chauffage dans les habitations. Les travaux ont été réalisés dans le respect de l'identité architecturale forte de l'édifice, ce qui a représenté un vrai challenge technique et esthétique. Et, fait rare à souligner, c'est à l'un des architectes fondateurs du bâtiment, Paul Chemetov, que cette opération de lifting complexe et délicate a été confiée.

Pérennité et efficacité énergétique

Sachant que le système constructif originel mis en œuvre est le « mur BY » composé d'un mur extérieur en briques (11 cm) bâti entre deux planchers béton et d'une isolation par l'intérieur (ITI) formée d'une lame d'air de 2 cm d'épaisseur et d'un mur en Placoplâtre de 5 cm.

Mais pour traiter thermiquement et acoustiquement de manière efficace cet édifice « énergivore », il a fallu imaginer des solutions techniques appropriées, lui assurant résistance et pérennité, tout en comblant les pertes énergétiques.

Pour les façades sur rue et sur cour, les parements en briques existants, qui ont été conservés, n'ont pas pu être remplacés par de nouveaux, car leur mise en œuvre compliquée aurait été trop lourde et coûteuse. Le choix s'est alors porté sur un bardage contemporain et allégé en structure métallique qui, isolé par l'extérieur et recevant un bardage en tôle d'acier crénelé rouge-orangé, répond aux normes en vigueur. Si l'aspect de ce bardage nervuré se rapproche de la modénature des briques et en restitue le rythme et la teinte, il apporte également un haut degré d'isolation thermique et acoustique aux façades traitées et exposées aux bruits extérieurs.

Il faut noter que cette nouvelle peau a été mise en œuvre en site occupé, une contrainte forte prise en considération par les acteurs du projet. Concernant le socle en briques de l'ouvrage habillant les poteaux en béton, leur bon état de conservation a permis de les garder, et d'opérer un nettoyage et un vernissage les rendant durables.

Du côté cour, la façade arrière de l'immeuble est parée du même bardage assorti d'un autre bardage de même type, de couleur bleue ou grise et doté de nervures plus plates.

Quant aux percements en bois et simple vitrage existants, ils ont été remplacés par des menuiseries en PVC, à double vitrage (4/16/4) et à faible émissivité, tandis que les terrasses privatives ont été étanchées et isolées : ces travaux ayant été menés en 2011 et 2012.

Mise en œuvre simultanée

La mise en œuvre des bardages, assurée par les entreprises Sarmates pour la façade sur rue et son retour, et Rossi pour la façade arrière, s'est déroulée selon plusieurs étapes successives menées en parallèle et de manière semblable.

Côté rue, sur la partie centrale de la façade, ont été accrochées des nacelles de ravalement, mais jugé peu efficace et rentable, ce système a été ensuite remplacé par des échafaudages qui, équipés de plateformes et d'ascenseurs de chantier, sont montés sur les deux autres zones de façade situées de part et d'autre. Les échafaudages permettent l'intervention en simultané de plusieurs équipes sur plusieurs étages et de façon indépendante, et ne nécessitent pas un sens de pose prédéfini. Au centre, puis de chaque côté, un nettoyage général de la façade a eu lieu ainsi que la restauration de points altérés, tel que le colmatage des fissures.

A suivi la pose de la structure métallique de support de l'enveloppe extérieure, avec la mise en place de platines de console en acier chevillées au croisement des dalles et des refends en béton, suivant un pas de 6 m. À chaque étage, les consoles hautes et basses, fixées en nez de dalles, ont reçu des poutres d'acier en forme de U (8 x 18 cm) boulonnées dessus et servant aussi à renforcer les murs en brique.

Une ossature secondaire à profils d'acier a été ensuite apposée au droit des encadrements des ouvertures (chevêtres) qui, dessinant un maillage, était apte à rigidifier la charpente et accueillir les panneaux d'isolant en laine de verre semi-rigide (ép. 14 cm). À alors débuté la pose des panneaux de bardage vertical en tôle crénelée prélaquée (Trapéza) mesurant 2,70 m de haut par 0,70 m de large, et où les nervures emboîtées, venant en recouvrement les unes par rapport aux autres, ont été vissées en creux d'onde sur les poutres. Pour s'adapter aux divers cas de figures, chaque plaque de bardage a été découpée à façon. Il est à noter que ce bardage moucheté, mixant deux tons rouge et orangé, se rapproche de l'aspect et de la couleur de la brique.

Par ailleurs, le bâtiment a fait l'objet de différentes sujétions techniques singulières ayant trait aux balcons, entourages de percements, garde-corps, etc. À ce sujet, les coques en béton, cernant les grandes baies vitrées carrées (2 x 2 m) saillant de 40 cm, ont été habillées de plaques d'Alucobond gris clair confectionnées sur mesure.

Économies d'énergie substantielles

Côté performances environnementales, l'étiquette énergétique s'est nettement améliorée en passant de E à C, tandis que les économies de chauffage devraient avoisiner les 38 % prévues. Au final, ces travaux d'envergure ont duré seize mois, avec la pose de quelque 20 000 m² de bardage. Les habitants de l'immeuble, qui durent attendre longtemps cette rénovation ambitieuse, bénéficient désormais de logements nettement plus confortables.

N°359

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°359

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2017 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Une cuve géante contre les inondations

Une cuve géante contre les inondations

Pour lutter contre les inondations, la Métropole européenne de Lille a lancé un grand programme de bassins de rétention afin de temporiser les effets des orages dans le réseau d’égout. La[…]

13/06/2018 | ChantierEnvironnement
Triple certification pour bâtiment d'enseignement

Triple certification pour bâtiment d'enseignement

Nouveau cap pour l’Hôtel de la Marine

Nouveau cap pour l’Hôtel de la Marine

Une peau irisée en écailles de verre

Une peau irisée en écailles de verre

Plus d'articles
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX