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Pathologie Protéger de la corrosion les armatures du béton

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Pathologie Protéger de la corrosion les armatures du béton

L’opération de rénovation de l’immeuble Le Corbusier de Firminy prévoit la mise en œuvre de 400 à 600 pastilles du système Galvashield XP. Ce procédé galvanique, fonctionnant sans courant rapporté, garantit une protection durable des armatures du béton.

La cité Le Corbusier de Firminy (Loire), ouvrage classé monument historique pour ses couloirs et ses façades, souffrait d’une pathologie assez classique pour ce type de bâtiment datant des années 1960. La barre d’immeubles de 137 x 50 m, orientée est-ouest, laissait en effet apparaître d’importants désordres structurels suite aux phénomènes de carbonatation et de corrosion des aciers. « La façade ouest, soumise à des cycles d’intempéries violents, était particulièrement dégradée », précise Romain Samsoen, chef de chantier de Freyssinet. « Un processus destructeur largement amplifié par l’utilisation, lors de la construction, d’un béton très poreux allié à un faible enrobage des armatures », poursuit Richard Guérin, responsable division entreprise de Fosroc CIA. Mais c’est au niveau des nœuds de jonction entre les voiles verticaux, coulés en place, et les dalles horizontales préfabriquées que le processus de dégradation se révélait le plus avancé. Et ceci en raison d’un déficit d’enrobage des armatures et de l’insuffisance des vibrations lors de la mise en œuvre des bétons dans des zones comportant en outre une concentration d’armatures maximale.

Une rénovation à l’identique de l’esthétique originelle

La réhabilitation de l’ensemble du bâtiment a démarré en janvier 2002. Un projet d’envergure qui nécessite vingt-quatre mois de travaux pour un montant global de 11 637 220 euros HT, dont 6 millions pour le lot façades. La réhabilitation de cet ouvrage classé doit prendre en compte une contrainte principale : conserver une apparence conforme à l’esthétique originelle, autrement dit « restituer un état de surface d’aspect lisse dans les zones de balcons, au niveau des dalles préfabriquées, et une finition d’apparence granuleuse pour les autres parties des façades », explique Romain Samsoen. Un combat technique de tous les jours si l’on sait que certains des garde-corps, fortement endommagés, ont dû être démolis à 90 % et ensuite reconstruits à l’identique !

Autre impératif figurant au Cctp (cahier des clauses techniques particulières) : la mise en œuvre d’un système de protection électrochimique autonome, capable de garantir la pérennité de l’édifice en traitant les courants de corrosion des armatures du béton. Le procédé Renderoc Galvashield de Fosroc CIA semblait le plus approprié : « Cette application est la pre­mière opération que nous réalisons dans le domaine du bâtiment. Et aujourd’hui, c’est l’un de nos plus importants chantiers en cours avec le projet de réparation d’un parking souterrain à Bourg-Saint-Maurice, en Savoie », souligne Olivier Lesieutre, responsable du projet pour Fosroc CIA.

Deux points forts ont motivé le choix du système Renderoc Galvashield : un fonctionnement sans courant extérieur – c’est-à-dire sans les contraintes de main­tenance d’installation électrique propres aux autres solutions (et par ailleurs onéreuses) – et une durée de vie d’une vingtaine d’années. L’absence de recul ne permet pas d’avancer des chiffres précis quant à cette pérennité, les résultats dépendant fortement du taux de corrosion atteint et des conditions climatiques. Cependant, des chantiers tests, réalisés sur des quais en bord de mer au Danemark, auraient conclu à une espérance de vie de 35 à 45 ans, alors que l’efficacité du système serait probablement ramenée à une quinzaine d’années en Floride, en raison des conditions de température et d’hygrométrie pénalisantes.

Une procédure de réhabilitation classique

En dehors des parties fortement dégradées qui bénéficient de la pose de pastilles de contrôle (voir encadré), l’ensemble du chantier a suivi une procédure de réhabilitation classique : démolition des zones dégradées, passivation des aciers, dégrossissage de la réparation (Betec 306) puis recréation de l’état de surface originel avec un mortier fin (Betec 310) associé à un frisoir à joint de carrelage et à un ponçage à la pierre de carborendum. Un silane d’imperméabilisation a ensuite été pulvérisé sur les parties en béton. Les travaux prévoient également la mise en place d’un nouveau joint élastomère de dilatation (Thioflex 600) sur lequel sera collé un couvre-joint en Inox brossé.

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