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Passivhaus, Minergie, Effinergie… les labels européens

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Passivhaus, Minergie, Effinergie… les labels européens

Cette salle polyvalente, construite à Denzlingen (Allemagne) est équipée d’une toiture photovoltaïque Alwitra Evalon Solar de 870 m2. Elle devrait produire 28 000 kWh d’électricité dans l’année. Le bâtiment est ventilé par un double-flux avec puits canadien pour le préchauffage et le rafraîchissement de l’air. (Doc. Alwitra.)

Alors qu’il existe plusieurs systèmes de conception et de labellisation des bâtiments ultraperformants en ­Europe, seuls Passivhaus et Minergie sont utilisés. Comparaison des ­différents niveaux de performances.

Poussée par son adhésion aux protocoles de ­Montréal et de Kyoto et par la prise de conscience de l’opinion publique, toute l’Europe évolue vers des bâtiments consommant très peu d’énergie pour le chauffage, la ventilation, l’éclairage et la production d’eau chaude sanitaire (ECS). Cela concerne aussi bien le logement que les bâtiments tertiaires, voire industriels, la construction neuve comme la rénovation. Grâce à l’action des différents pouvoirs publics et aux directives et normes européennes qu’ils publient à un rythme soutenu depuis trente ans, la manière d’exprimer la performance des bâtiments et les méthodes de calculs convergent. Le calcul des déperditions et des besoins de chauffage est désormais unifié à travers ­l’Europe, depuis l’arrivée de la norme NF EN 12831 de mars 2004 (Systèmes de chauffage dans les bâtiments – Méthode de calcul des déperditions calorifiques de base). Pourtant, le dimensionnement des installations ne l’est pas encore tout à fait, malgré la norme EN 12828 de mars 2003 (Systèmes de chauffage dans les bâtiments – Conception des systèmes de chauffage à eau) et les niveaux de performance réglementaire en construction neuve à travers l’Europe tardent à s’unifier. Certes, tout le monde parle en « énergie primaire », mais les coefficients de traduction de l’énergie « au compteur » en énergie primaire ne sont pas les mêmes.

Pratiquement tous les membres de l’Union européenne ont défini un but exigeant mais relativement lointain (de 2020 à 2050) et publient, tous les 3 ou 5 ans, une réglementation de plus en plus contraignante (en France les RT 2000, RT 2005, RT 2010…). La Directive européenne sur l’efficacité énergétique des bâtiments les y contraint. À chaque étape, ces pays ajoutent des démarches volontaires plus exigeantes. En France, ce sont par exemple, les labels HPE (haute performance énergétique), Thpe (très HPE) qui ont été modifiés le 3 mai 2007 par deux arrêtés et par le tout nouveau label BBC 2005 (bâtiments à basse consommation), créé le 3 mai 2007 également. Ces labels volontaires sont assortis de mesures incitatives : dépassement du COS, droit d’augmenter les loyers en secteur social, etc.

Des démarches qui diffèrent

De surcroît, des initiatives privées sont apparues dans certains pays telles que Passivhaus en Allemagne (1) , Minergie en Suisse, ­Effinergie, bientôt en France... Ces démarches volontaires diffèrent par leur rigueur et la réalité des vérifications sur chantier. À cet égard, l’Allemagne est conforme à sa réputation. Pour être certifié Passivhaus par l’institut de Darmstadt, tout bâtiment, quelle que soit sa catégorie, doit faire l’objet d’un test d’étanchéité à l’aide d’une Blower Door. En Suisse, un récent rapport sur les constructions Minergie a mis en évidence un grand nombre d’insuffisances. Quant à la France, la pratique normale est l’absence de contrôle indépendant sur la performance énergétique. Les créateurs du label Effinergie indiquent toutefois qu’ils adopteront le principe du test Blower Door !

En attendant, deux labellisations volontaires fonctionnent réellement : Passivhaus et Minergie. Plus récent que Passivhaus, créé en 1996, Minergie rattrape son retard puisque chaque année, environ 30 % de la construction de logements neufs en Suisse est ainsi labellisée. De son côté, le mouvement Passivhaus s’est étendu à la Belgique, à la Grande-­Bretagne, à l’Italie, à plusieurs pays nordiques. Depuis février dernier, il existe même une association La Maison Passive France, qui a reçu l’agrément de l’institut de Darmstadt. En 2005, le Cstb a reçu un financement de l’Ademe pour étudier l’adaptation à la France du référentiel suisse Minergie. Il semble avoir été pris de vitesse, puisque depuis le début 2007, l’association Prioriterre est devenue « seule certificateur officiel du label Minergie France ». Elle devrait commencer en 2007 par certifier des constructions au niveau le plus bas du label Minergie qui en compte quatre. En conséquence, le Cstb a participé, aux côtés d’industriels et de collectivités territoriales, à la création d’Effinergie, début 2006. Cette association propose de développer des bâtiments très performants à partir du nouveau label BBC 2005.

Passivhaus : déjà 15 ans d’expérience

Pour être labellisée Passivhaus, une construction neuve doit respecter les quatre conditions suivantes :

1– des besoins de chauffage annuels inférieurs à 15 kWhep/(m²a) en énergie primaire,

2– des consommations d’énergie globale inférieures à 120 kWhep/(m²a),

3– une étanchéité de ­l’enveloppe, telle que les fuites soient inférieures à 0,6 V/h (n50? 0,6 h-1) pour une différence de pression de 50 Pa entre l’intérieur et l’extérieur.

4– Enfin, le label Passivhaus n’est attribué qu’à des constructions dont les calculs ont été effectués avec l’outil diffusé par l’institut et l’étanchéité de la construction vérifiée (in situ) par un test Blower Door.

Pour aider les maîtres d’ouvrage et les entreprises à atteindre ces performances, l’Institut Passivhaus propose certains conseils : emploi de matériaux d’isolation opaques dont le coefficient UW soit inférieur à 0,10 W/(m2K), des ouvrants (fenêtres et portes) dont le Ug soit au plus égal à 0,7 W/(m²K), avec un facteur solaire de 50 % pour les fenêtres, des systèmes de ventilation double-flux dont le taux de récupération soit supérieur à 90 %, etc. Tous ces composants nécessaires existent ­depuis des années. Une maison passive allemande est avant tout une construction surisolée, très étanche à l’air, dotée d’une ventilation double-flux efficace, et construite avec soin.

Quatre niveaux pour le label Minergie

Le label suisse Minergie est un peu plus complexe et s’applique lui aussi à toute construction neuve, à l’exception des locaux industriels. Il compte quatre niveaux de performance. Le moins performant s’intitule Minergie. Viennent ensuite par ordre croissant de performance Minergie-P (P pour Passivhaus), Minergie-ECO et Minergie P-ECO. Le label Minergie définit la consommation maximale chauffage ventilation ECS climatisation pour les bâtiments en utilisant des indices pondérés de dépenses d’énergie. L’indice pondéré Minergie est calculé d’après le rendement du générateur de chaleur, divisé par un facteur de pondération, différent selon l’énergie. Jusqu’en ­janvier 2005, les pompes à ­chaleur bénéficiaient d’une pondération nettement plus favorable que les chaudières de toutes natures. Pour les maisons individuelles, le label Minergie simple fixe un indice plafond à 42 kWh/m².an. Depuis 2002, le label Minergie-P correspond à l’introduction du standard maison passive dans le référentiel. Il exige le respect de cinq conditions, dont un dimensionnement de la puissance de chauffage inférieur à 10 W/m² et un indice pondéré de dépense d’énergie inférieur à 30 kWh/m².an. Les labels ­Minergie-ECO et Minergie-P-ECO ajoutent des exigences en matière de modes de construction sains et écologiques. Mais contrairement au Passivhaus, l’attribution du label Minergie n’est pas soumise à un contrôle systématique sur chantier, ni à une vérification de la perméabilité à l’air. Il est impossible de comparer directement les kWh des Passivhaus et ceux de Minergie, tout comme la RT 2005 et les labels HPE. Les méthodes de calculs, les surfaces considérées et les utilisations de l’énergie concernées n’étant pas les mêmes.

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