Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Dossier

Passivhaus : les performances au rendez-vous

Sujets relatifs :

Passivhaus : les performances au rendez-vous

Le mouvement Passivhaus a commencé avec des maisons individuelles en 1996. Dès 1998, sont apparus les premiers immeubles collectifs passifs. Le tertiaire a suivi à partir de 1999. Aujourd’hui, les concepteurs allemands savent tout construire en standard Passivhaus, sauf les locaux ouverts, comme les gares, par exemple. (Doc DR.)

Les bâtiments construits selon les standards ­Passivhaus ou Minergie-P atteignent réellement des performances énergétiques étonnantes. Les techniques ne sont pas révolutionnaires, mais font l’objet d’études préalables approfondies, puis d’une vérification sur site.

Selon l’institut Passivhaus de Darmstadt, après douze ans d’application, il faut déjà songer à durcir le standard Passivhaus. En effet, les divers monitorings de bâtiments passifs en Allemagne et en Autriche montrent que les trois conditions nécessaires à l’obtention du label sont facilement atteintes et régulièrement dépassées par tous types de constructions. Ces trois conditions sont :

1 – des besoins de chauffage annuels ? 15 kWh/m² de surface habitable,

2 – une étanchéité à l’air de l’enveloppe, vérifiée par un test réel mené avec une Blower Door, telle que les débits de fuite parasites soient inférieurs à 0,6 volume/heure (n50 ? 0,6/h),

3 – des besoins annuels totaux en énergie pour le chauffage, l’ECS, la ventilation, l’éclairage et les usages domestiques de l’électricité ? 120 kWhep/m² exprimés en énergie primaire. Lors du ­dernier congrès ­Passivhaus, réuni en avril, les architectes Christian et Barbara Wolfert (Treberspurg & Partner Architekten ZTGmbH) ont présenté un immeuble de 114 logements et de 9 900 m² de surface habitable, livré en décembre 2006 à Vienne. Construit selon le standard Passivhaus pour un coût total de 12 millions d’euros hors foncier, soit 1 212 e/m², il affiche des besoins de chauffage de 7,3 kWh/m².an. Un site dédié (1) répertorie plus de 800 bâtiments passifs de tous types, construits à travers l’Allemagne depuis 1998. La moyenne de leurs besoins de chauffage annuels s’établit à 11,2 kWh/m². Leur débit de fuite moyen est de 0,44 V/heure. Leur consommation globale moyenne se situe à 98 kWhep/m². Le coût moyen de construction, hors foncier, atteint 1 411 e/m² HT. Les premiers bâtiments construits en 1998 sont moins performants que les derniers livrés en 2006.

Solaire thermique en maison individuelle

Dans un bâtiment passif, les ponts thermiques sont systématiquement traités. Des industriels ont développé des coffrages perdus isolants en polyuréthanne pour les fondations en béton, afin d’éviter tout pont thermique en maison individuelle et en petit tertiaire. Le coefficient Uw est toujours inférieur à 0,12 W/m². K pour les murs, à 0,14 W/m². K pour les sols et sous 0,09 W/m². K pour les toitures. Les fenêtres atteignent en général un coefficient Uw global de l’ordre de 0,7 à 0,8 W/m². K, toujours avec un triple vitrage. La forte étanchéité à l’air réduit les besoins de chaleur. La ventilation repose sur une solution double-flux avec échangeur pour la récupération de chaleur. Le Passivhaus Institut demande que le rendement de récupération soit supérieur ou égal à 80 %. En réalité, les fabricants allemands ont développé des machines dont le rendement dépasse 90 %.

L’ensemble a deux conséquences. Premièrement, les besoins de chauffage sont tellement réduits que l’air devient souvent l’unique vecteur de chauffage. On peut, sans inconfort, apporter jusqu’à 10 W/m² de puissance thermique par l’air. Cela a permis à une vingtaine d’industriels (2) de développer pour le logement des pompes à chaleur sur l’air extrait, capables d’assurer à la fois la ventilation double-flux avec récupération de chaleur, la production d’ECS, le chauffage et, parfois le rafraîchissement. En tertiaire, les concepteurs utilisent plutôt le « béton activé » et des ventiloconvecteurs multifonctions assurant chauffage, rafraîchissement et ventilation avec récupération de chaleur (voir CTB n° 268, mars 2007).

Deuxièmement, la forte réduction des besoins permet aux énergies renouvelables gratuites de couvrir au moins 40 % des consommations d’énergie résiduelles. Tout d’abord, un puits canadien est pratiquement toujours mis en œuvre. En hiver, il permet de gagner 5 à 9 °C par rapport à la température de l’air extérieur. En été, l’échangeur du double-flux est by-passé et le puits canadien rafraîchit l’air neuf, contribuant au confort estival.

En maison individuelle, le solaire thermique est privilégié. Mais en logement collectif et en tertiaire, solaire thermique et photovoltaïque sont presque toujours déployés simultanément. La Commission européenne a l’intention de faire du standard Passivhaus la cible à atteindre à travers la prochaine révision de la Directive sur l’efficacité énergétique des bâtiments.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdo Cahiers techniques du batiment

Nous vous recommandons

RE2020 : tout savoir sur les bâtiments demain

Dossier

RE2020 : tout savoir sur les bâtiments demain

Le gouvernement a annoncé les grandes lignes directrices de la RE2020. A noter, la prise en compte de l’impact carbone sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, y compris ses phases de construction et de démolition, la disparition...

Centres aquatiques (5/5) - Inspirer, expirer

Dossier

Centres aquatiques (5/5) - Inspirer, expirer

Centres aquatiques (4/5) - Produire et récupérer des calories

Dossier

Centres aquatiques (4/5) - Produire et récupérer des calories

Centres aquatiques (3/5) - Garantir une eau saine

Dossier

Centres aquatiques (3/5) - Garantir une eau saine