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Passivhaus et BBC en climat méditerranéen

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Passivhaus et BBC en climat méditerranéen

Avec quelques modifications, le modèle nord-européen des bâtiments très performants demeure valable dans les climats humides et chauds. Il assure des consommations d’énergie réduites et un bon confort d’été.

Pour promouvoir son concept en Europe, notamment sur le pourtour méditerranéen, le Passivhaus Institut de Darmstadt a répondu à la question, régulièrement soulevée, de la surchauffe d’été dans les bâtiments faiblement consommateurs d’énergie, en raison « de leur isolation thermique très importante ». Il a ensuite examiné les conditions particulières des climats méditerranéens et recommandé des adaptations de son standard, réduisant les consommations de chauffage et autorisant des consommations de climatisation, lorsqu’une déshumidification se révèle nécessaire pour le confort d’été.

Pour prétendre au label BBC-Effinergie, un logement doit être conforme à l’arrêté ministériel du 3 mai 2007 : consommation annuelle en énergie primaire ? 50 x (a b) kWhEP/m² Shon. Sachant que « a » varie selon la zone climatique de 0,8 à 1,3, et « b » dépend de l’altitude et varie de 0 à 0,2. En zone H3 et à moins de 400 m d’altitude, c’est-à-dire sur la côte méditerranéenne, la valeur plafond pour 50 x (a b) vaut seulement 40 kWh/(m².an) pour les logements. Ce qui est très sévère. Il faut de plus respecter l’impératif de confort d’été, exprimé par Tic ? Ticref, sans climatisation, puisque les logements sont en général rangés en catégorie CE1 (chauffés et non-refroidis) et non en zone CE2 (chauffés et refroidis), sauf si on ne peut ouvrir les fenêtres (zones très bruyantes, etc.). L’étanchéité à l’air, enfin, impose une valeur des pertes mesurées ? 0,6 m 3 /(h.m²) en maison individuelle et ? 1 m 3 /(h.m²) en bâtiment collectif.

Les adaptations du label Passivhaus

L’expérience montre que les maisons passives offrent une ambiance plus fraîche en été que les maisons classiques. L’Institut Passivhaus a publié une étude synthétique (http://passipedia.passiv.de/passipedia_en/basics/summer) sur le thème du confort d’été et s’appuie sur plusieurs articles scientifiques et campagnes de mesures (1) . L’étude souligne que les bonnes performances estivales des constructions passives ne sont obtenues qui si celles-ci ont été bien conçues et bien construites, mais que les mêmes principes qu’en Europe continentale demeurent parfaitement valables : forte isolation thermique, qui fonctionne aussi bien contre les pertes de chaleur que contre les apports externes, parfaite étanchéité à l’air pour le contrôle de la ventilation en hiver. Lors du congrès Passivhaus 2010, il a été proposé d’adapter le standard : le plafond de 120 kWhEP/m².an toutes consommations d’énergie confondues demeure, mais les consommations de chauffage sont réduites à 7 kWhEP/m² au lieu de 15, tandis qu’apparaissent des consommations de rafraîchissement à concurrence de 12 kWhEP/m². La part de consommation d’énergie allouée au rafraîchissement doit être compensée par un recours systématique au solaire thermique pour la production de la totalité ou quasi-totalité de l’eau chaude consommée annuellement. Une attention particulière doit être apportée aux protections solaires. La ventilation combine plusieurs modes de fonctionnement et devient plus complexe : double flux à récupération de chaleur en hiver, extraction simple en surdébit pour une surventilation nocturne en été, ventilation naturelle traversante, lorsque les conditions extérieures s’y prêtent. Le rafraîchissement est apporté soit par des climatiseurs multisplit classiques, soit par des solutions de ventilation thermodynamique.

Le label BBC en zone méditerranéenne

La difficulté provient moins du plafond de consommation annuelle de 40 kWh/(m².an), que du respect simultané de Tic ? Ticref, sans climatisation.
Pour satisfaire au critère Ticref, l’association Effinergie recommande de veiller à la protection solaire - toujours extérieure -, de réduire autant que possible les apports internes (éclairage efficace, appareils électroménagers à faible consommation, etc.), de ménager une inertie thermique importante avec une isolation par l’extérieur plutôt que par l’intérieur, d’exploiter cette inertie grâce à une surventilation nocturne pilotée en fonction de la différence entre la température intérieure et extérieure, d’optimiser les dimensions et l’orientation des parois vitrées pour réduire les apports de chaleur en été, et d’utiliser la fraîcheur du sol grâce à un puits canadien.

N°312

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