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PARQUET

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PARQUET

Les parquets à trois largeurs panachées, comme ici l’Extend Trio de Marty (90, 125 et 184 mm), peuvent rythmer des espaces sobres avec leur mouvement de lames atypique. (Doc. Marty.)

À l’origine réservé aux demeures royales et aristocratiques, l’usage du parquet s’est généralisé avec son évolution technologique à l’ère industrielle. Ses qualités thermiques, acoustiques et hygrométriques, associées à sa durabilité et à son esthétique intemporelle, en font un revêtement haut de gamme, adapté aujourd’hui à tout type d’usage.

Un revêtement intemporel et authentique qui rime avec évolution technologique

L’appellation de parquet répond à une définition bien précise, cadrée et normalisée. Elle s’applique à tout revêtement de sol en bois ou à base de bois, dont la couche supérieure d’usure (ou parement), faite de bois massif, mesure au minimum 2,5 mm d’épaisseur, afin de permettre plusieurs opérations de rénovation. On distingue deux grandes familles de parquets, les parquets en bois massif et les parquets contrecollés. Les premiers, les plus anciens, sont composés de lames pleines d’une seule et même essence de bois, alors que les seconds, apparus au cours du xx e siècle, sont constitués de deux ou trois couches superposées de nature différente.

D’autres revêtements en bois, tels les panneaux mosaïques (faits d’un assemblage de petites lamelles parallélépipédiques), les pavés en bois de bout (sciés transversalement au fil du bois) ou les lamelles sur chant (posées chant contre sol), font également partie de la lignée des parquets mais sont beaucoup moins courants.
Un autre type de revêtement de sol, le stratifié, souvent portant le terme abusif de « parquet stratifié », n’en est pas un. Son parement n’étant pas constitué de bois massif, il ne fait pas partie de la famille des parquets.
Les revêtements stratifiés affichent en parement une image imitant le bois, imprimée sur une couche composite. Ils offrent certes un grand choix de coloris et décors, sont légers et rapides à installer en pose flottante, mais souffrent d’inconvénients spécifiques - sol sonore, surface dure et brillante, dégradations non-réparables - dont ne pâtira jamais la nature « vivante » d’un parquet en bois.

Du bois au sol, une histoire de prestige

C’est à la fin du Moyen Âge que l’usage du plancher en bois, ancêtre du parquet, est entré dans les mœurs. Alors que le bois ne servait jusque-là qu’à habiller estrades et marchepieds, on commence au xvii e siècle à réaliser des planchers menuisés en chêne. Les lames de bois sont alors préférées aux dallages en pierre ou aux carreaux de terre cuite, autant pour leur légèreté et leur facilité de pose dans les étages que pour leurs qualités thermiques, acoustiques et hygrométriques. Moins gourmand en énergie que le carrelage pour se réchauffer, apte à conserver la chaleur, le bois isole également du froid et de l’humidité. Il reste cependant le privilège des plus riches, et ces planchers sont alors réservés aux châteaux royaux et demeures seigneuriales.
Le terme « parquet », qui provient de « petit parc », enclos en bois entourant l’estrade où siégeaient les hommes de loi, est officialisé par le Roi Soleil. À sa demande, ébénistes et menuisiers créent de minutieux parquets marquetés en chêne, sous forme de panneaux aux motifs géométriques sertis dans des cadres. Éléments décoratifs incontournables des règnes de Louis XIV à Louis XVI, ces panneaux carrés mesurant 1 m², encore fabriqués de nos jours, portent les noms des châteaux où ils ont été réalisés (Versailles, Chantilly, Aremberg, etc.). Après la Révolution française, le parquet se démocratise et apparaît dans les intérieurs plus modestes, sous forme non plus de panneaux ouvragés, mais de simples combinaisons de lames de bois clouées sur lambourdes ou chevillées. Se généralisent alors les parquets à disposition de lames décoratives, comme la pose à point de Hongrie, à l’anglaise, en échelle, à bâtons rompus ou à coupe de pierre.

Industrialisation et évolution technologique

L’utilisation massive du parquet s’est développée à la fin du xix e siècle avec les premières scieries fonctionnant aux machines à vapeur. La fabrication industrielle, d’abord rudimentaire et approximative (lames d’épaisseur variable, emboîtements imprécis, séchage inégal), devient plus précise à partir des années 1920-30 avec les scieries fonctionnant à l’énergie électrique.
C’est alors que peu à peu apparaissent divers types de parquets industrialisés et que se développe la normalisation des produits.
Le parquet mosaïque marque à cette époque une véritable popularisation du parquet. Il est formé de panneaux carrés (48 x 48 cm) affichant seize damiers de petites lamelles à chants plats de 2,4 x 12 cm. Les panneaux sont préassemblés sur papier kraft et présentent une faible épaisseur, 8 mm, soit deux à trois fois plus fine que le parquet massif. Économique, facile et rapide à mettre en œuvre, grâce à sa pose collée en dalles, le parquet mosaïque connaît son essor avec la généralisation de la construction en béton armé, une plus faible hauteur intérieure des logements et l’apparition des colles vinyliques. Il sera leader du marché pendant les grandes vagues de construction de logements des trente glorieuses, avant d’être supplanté par la moquette, plus efficace pour améliorer l’isolation phonique des constructions de l’époque… De nombreux logements des années 1950 à 1970 sont encore dotés de parquet mosaïque au sol, preuve de sa bonne résistance à l’usure. Bien que sa production ait aujourd’hui grandement chuté, il est toujours commercialisé, recherché pour sa facilité de pose et son esthétique bien caractéristique d’une époque.

Parquet massif : authentique et pérenne

Ce sont les parquets massifs et les parquets contrecollés qui aujourd’hui dominent le marché. Le massif, version haut de gamme du parquet, bénéficie toujours d’un attrait important. Les parquets massifs existent dans un grand nombre d’essences de feuillus, résineux ou bois exotiques. Depuis une dizaine d’années, le bambou a également fait son apparition dans les familles de parquets. D’une épaisseur pouvant varier de 10 à 24 mm, les lames massives présentent une largeur comprise entre 4 cm et 18 cm, voire plus. La longueur minimale des lames varie de 25 à 200 cm selon les essences. Elles peuvent être dotées de chants plats en cas de faible épaisseur (< 15 mm), mais sont dans leur grande majorité usinées à rainures et languettes, afin d’être emboîtées à la pose pour une meilleure stabilité. Le parquet massif est proposé soit brut de rabotage, soit préponcé, soit fini en usine (verni, huilé ou ciré), avec ou sans préparation spéciale (brossé, vieilli, teinté, etc.).
Le parquet contrecollé, d’origine suédoise, est apparu après la seconde guerre mondiale. Moins gourmand en matière noble que le parquet massif, il fait la part belle au résineux, un bois abondant dans les pays nordiques. Alors que le parquet massif est constitué à 100% d’une seule et même essence de bois, le contrecollé se compose de trois couches différentes. Seule sa couche d’usure, ou parement, est en bois massif noble. Elle présente une épaisseur d’au moins 2,5 mm (aujourd’hui le standard approche plus souvent les 3,4 mm) pour pouvoir supporter plusieurs sessions de ponçage après la pose. L’âme intermédiaire, ou support, est en panneau dérivé du bois (MDF, HDF, contreplaqué, aggloméré). La couche inférieure, ou contre-parement, qui apporte stabilité à l’ensemble, est composée d’un bois déroulé résineux, plus tendre et de moindre qualité. D’une épaisseur de 13 à 30 mm, les lames de contrecollé affichent une largeur supérieure à 5 cm.

Parquet contrecollé : stable et résistant

Ce procédé multicouche, génère un produit à haute stabilité dimensionnelle et très résistant dans le temps. Il souffre moins des variations hygrométriques ambiantes que le parquet massif, qui aura naturellement tendance à « travailler ». Comme le parquet massif, son parement est disponible en de nombreuses essences de bois, feuillus, résineux ou exotiques. En version haut de gamme, son parement, composé d’une seule planche de bois, est dit « monolame ». Mais il existe également en version « multifrise », et dans ce cas, c’est un assemblage de deux ou trois lamelles de bois de taille identique qui est collé sur le support intermédiaire. Sa fabrication permet, en outre, la réalisation de lames larges de faible épaisseur et il peut se décliner en de nombreuses teintes, aspects, finitions… Il n’est d’ailleurs jamais livré brut comme un parquet massif peut l’être, mais est toujours poncé verni, huilé ou ciré en usine.
Il peut être posé collé pour garantir une meilleure stabilité, surtout lorsque les lames sont larges, mais en général il est usiné pour une pose flottante, plus rapide et économique. Le parquet contrecollé est leader du marché depuis les années 1980 et représente aujourd’hui 70 % des parquets posés en France.
Qu’il soit massif ou contrecollé, de nombreux critères autres que l’esthétique entrent en compte dans le choix d’un parquet. Il doit notamment être choisi en fonction de l’usage qui en sera fait et du type de bâtiment dans lequel il sera posé.

Dureté et épaisseur définissent l’usage

La norme européenne EN 685 définit depuis 1996 des classes d’usage en fonction de la nature des locaux, affectée d’un niveau d’utilisation. Dix classes d’usage ont été établies, du 21 au 43. Le chiffre des dizaines correspond à la nature du local : 2 pour domestique, 3 pour commercial, 4 pour industriel. Le chiffre des unités correspond à l’intensité du trafic : 1 pour modéré, 2 pour général, 3 pour élevé, 4 pour très élevé (voir tableau en encadré).
La classe d’usage attribuée à chaque parquet est définie selon la dureté de son essence (dureté de Brinell, exprimée en N/mm²) et l’épaisseur de sa couche d’usure. Les essences sont réparties en 4 classes de dureté (A, B, C, D) : • la classe A correspondant aux bois tendres de 10 à 20 N/mm² (pin Sylvestre, sapin, épicéa, aulne) ; • la classe B aux bois mi-durs de 20 à 30 N/mm² (pin maritime, châtaignier, noyer, bouleau, mélèze, merisier, teck) ; • la classe C aux bois durs de 30 à 40 N/mm² (chêne, hêtre, frêne, orme, érable, robinier, charme, eucalyptus, moabi, movingui, iroko, padouk, doussié) ; • et la classe D aux bois très durs de plus de 40 N/mm² (olivier, ébène, cumaru, ipé, jatoba, wengé). Selon sa nature, un parquet peut être mis en œuvre selon trois types de poses : clouée, collée ou flottante. Matériau noble, le bois est susceptible de subir des déformations s’il n’est pas posé selon les règles de l’art. Ainsi, la pose clouée relève du DTU 51.1, la pose collée du DTU 51.2 et la pose flottante du DTU 51.11. La pose clouée sur lambourdes est une pose traditionnelle, généralement réservée aux lames massives d’une épaisseur supérieure à 15 mm. La pose collée « en plein » est impérative sur sols chauffants et préférable en salles de bains et cuisines. La pose collée « au cordon », plus économique et plus rapide à réaliser, est réservée aux parquets à rainures et languettes. Enfin, la pose flottante, sur sous-couche obligatoire, est réservée aux parquets contrecollés. Les exigences vis-à-vis de ces sous-couches (acoustique, compressibilité, désafleurement, pérennité et tenue à la chaleur) sont différentes selon que le parquet est collé, cloué ou flottant.

Des finitions à profusion

En réhabilitation, la pose d’un parquet neuf sur revêtement ancien obéit à certaines règles. Sur béton, carrelage, pierre, tomettes ou marbre, tous les parquets massifs ou contre- collés peuvent être mis en œuvre en pose collée ou flottante, à condition de respecter certaines règles de préparation du support.
Sur revêtement plastique ou tapis aiguilleté, la pose de parquet contrecollé en flottant est parfaitement adaptée. Sur moquette épaisse, la pose d’un parquet flottant ou collé est déconseillée.
Le choix d’une finition pour parquet dépend de l’utilisation envisagée et de l’aspect recherché. Aujourd’hui, de nombreux produits disponibles offrent un large choix de finitions tout en conférant aux ouvrages qualité et durabilité. Parmi ceux-ci, on peut citer les teintes, qui appliquées avant toutes finitions et de préférence sur les vieux parquets, sont destinées à en modifier l’aspect ou la couleur. Les céruses sont à l’inverse appliquées en usine sur parquets finis. Les sealers (ou fonds durs) sont des préparations de surfaces assurant une fonction de bouche-pores, destinés notamment à limiter la pénétration des taches. Les vernis (ou vitrificateurs) présentent une grande résistance à l’usure et protègent efficacement le parquet contre les taches.
Les cires offrent des finitions traditionnelles dégageant une odeur appréciée, mais nécessitent un entretien permanent et sont peu résistantes à l’eau et à l’usure.
Les huiles, modifiées ou végétales, imprègnent le bois profondément et confèrent au parquet un aspect mat et naturel. Elles nécessitent un entretien régulier mais aisé, car permettent des réparations ponctuelles.

Tableau des fabricants

Tableau : définitions et exemples des classe d'usage

Tableau : dClasse d'usage des parquets selon la classe de dureté de l'essence et l'épaisseur de la couche d'usure

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