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Optimiser la qualité de l’air et la maîtrise énergétique

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Dans le système InspirAir Home de Aldes, une centrale DF compacte est installée dans chaque appartement. Connectée, celle-ci permet de piloter sa propre ventilation par le biais d’une application iPhone ou Android.

La performance des systèmes de ventilation est d’autant plus importante aujourd’hui pour assurer le renouvellement de l’air des logements que ceux-ci sont de plus en plus isolés et étanches à l’air. De nouveaux développements concernent la récupération des énergies fatales et la filtration de l’air neuf.

En France, l’obligation de réaliser un renouvellement général et permanent de l’air dans les logements neufs a conduit au développement de la ventilation mécanique contrôlée (arrêté du 24 mars 1982, modifié par celui du 28 octobre 1983). Son principe : réaliser un balayage de l’ensemble du logement en faisant entrer l’air neuf dans les pièces de vie et en extrayant l’air vicié au moyen d’un ventilateur depuis les pièces dites techniques (cuisine, salle de bains, WC, buanderie). Parmi les solutions en cours, « la VMC simple flux hygroréglable représente plus de 90 % des systèmes installés dans le résidentiel neuf », constate Julien Piriou, ingénieur chargé d’évaluation au CSTB. Offrant un équilibre entre les exigences réglementaires d’une part et les critères de coût et d’entretien d’autre part, cette technique a remplacé la technologie autoréglable moins adaptée au renforcement de la RT.

Pour ces systèmes, l’enjeu consiste aujourd’hui à répondre aux nouveaux défis énergétiques. Les fabricants cherchent de fait à améliorer les performances des ventilateurs en privilégiant compacité et basses consommations électriques. De nouvelles solutions émergent par ailleurs sur le marché pour récupérer les énergies fatales de la ventilation. C’est le cas, notamment, du procédé Soraya de France Air, une ventilation SF hygroréglable dédiée au logement collectif qui permet de récupérer la chaleur sur l’air extrait pour préchauffer l’ECS, via une PAC air/eau. Chez Atlantic, la ventilation basse consommation Aéraulix 2 est associée à un chauffe-eau thermodynamique.

Filtres et double flux

À côté des systèmes simple flux, se développent des solutions double flux dédiées au logement neuf. Les entrées d’air sont ici remplacées par des bouches d’insufflation. L’air neuf est régulé thermiquement en passant par un échangeur de chaleur qui récupère les calories sur l’air extrait. Il est également traité par des filtres à pollens, à particules fines et à bactéries, ce que n’offre pas une SF dont le moteur d’extraction n’est pas assez puissant pour vaincre les pertes de charges de l’échangeur et des filtres. Malgré un coût d’installation et d’entretien plus élevé, « un système DF permet de marier deux exigences qui sont l’optimisation de la qualité de l’air intérieur des logements et la maîtrise énergétique », relève André Chouquais, responsable marketing Habitat de France Air. Les rendements thermiques des échangeurs les plus performants atteignent, en effet, de 85 à 90 % selon les conditions d’hygrométrie. En outre, comme le souligne Michel Bernard, directeur marché habitat chez Aldes, « les conditions d’usage sont améliorées et le balayage constant, quelles que soient les ouvertures pratiquées dans le logement. Ce qui n’est pas le cas d’une simple flux qui sera très perturbée par l’ouverture d’une fenêtre ». Des avantages auxquels s’ajoute la possibilité, pour les modèles équipés d’un by-pass, de faire du free-cooling et de profiter de la fraîcheur des nuits d’été. Certains systèmes, comme le Duolix à haut rendement de Atlantic ou Pavillon’Air DF de Autogyre, sont en outre compatibles avec un puits canadien.

Solution déportée en collectif

Depuis quelques années, les gammes double flux des fabricants se sont adaptées aussi bien au logement collectif qu’à la maison individuelle. Dans le collectif, les solutions sont soit centralisées soit individualisées. Les premières offrent de grands débits, allant de plus de 1000 à 6 500 m3/h. Les systèmes sont installés en toiture ou dans des locaux techniques où leur facilité d’accès permet d’en assurer l’entretien sans passer par les logements et répond à une demande forte de nombreux bailleurs sociaux. Des conduits collectifs organisent la distribution par appartement par le biais de gaines techniques.
L’individualisation de la ventilation des bâtiments collectifs - on parle également de ventilation déportée - correspond à une autre tendance du marché, davantage axée sur la promotion privée, qui permet aux utilisateurs de gérer leur propre équipement et de bénéficier de rendements optimisés. Chaque logement est équipé d’une petite centrale DF et de son réseau de distribution. Pour Rodolphe Cherruault, directeur commercial de Zehnder Ventilation, « son intérêt est également lié à la compacité de nouvelles machines, qui s’intègrent dans des placards de cuisine standard de 60 x 60 cm, et aux gaines de distribution d’air très plates qui permettent de limiter les faux plafonds ». Dans cette famille de produits, l’industriel Aldes propose une nouvelle offre connectée InspirAir Home, qui va donner la possibilité à l’utilisateur de piloter sa qualité d’air en fonction d’une sonde CO2 et de l’occupation de son logement et surveiller le niveau d’encrassement des filtres.

BBC et expérimentations hybrides

Dans les bâtiments passifs ou labellisés Effinergie +, où les besoins en chauffage sont réduits, d’autres solutions voient le jour, combinant ventilation DF individualisée et chauffage par vecteur air au moyen de batteries d’eau chaude additionnelles. Comme avec les systèmes CA350 de Zehnder ou Ysentis Evolution de France Air. « L’air est très peu inertiel, ce qui permet à ces systèmes de réagir très rapidement », note André Chouquais.
Alternative économique aux systèmes mécaniques, la ventilation hybride - qui permet de passer d’un tirage naturel à une assistance par un ventilateur lorsque les conditions de vent et de température sont insuffisantes - a fait l’objet de plusieurs expérimentations en résidentiel neuf. « Pouvant convenir dans le petit collectif, des freins demeurent cependant quant à son développement, liés à des aspects acoustiques et à la difficulté de satisfaire l’ensemble des exigences réglementaires lorsque les projets dépassent plusieurs étages, sachant que les performances du système dépendent à la fois du bâtiment et des conditions climatiques », résume Julien Piriou.

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