Objets connectés : de l’eldorado économique au fiasco environnemental ?

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Depuis quelques années, nul n’a pu passer à côté de l’immense engouement suscité par les objets connectés, dont le marché a constitué un véritable eldorado économique presque salvateur après ces longues années de crise. Les dernières estimations prévoient que celui-ci représentera, en 2020, plus de 7 000 milliards de dollars au niveau mondial, avec plus de 50 milliards d’objets connectés ! Un marché exponentiel, dont le nombre de produits aura été multiplié par 10 en dix ans, et qui n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin.
Mais attention, derrière ces innovations technologiques sans pareil, l’ombre d’un fiasco environnemental plane et l’issue se trouve entre les mains de tous.
En septembre 2002, à Johannesbourg [Afrique du Sud], devant l’assemblée plénière du 4e sommet de la Terre, Jacques Chirac avait cité cette phrase désormais célèbre : "Notre Terre brûle et nous regardons ailleurs." L’Histoire lui a malheureusement donné raison et, à l’aulne du sommet sur le climat qui se tiendra à Paris à la fin du mois, nous devons nous aussi éviter de regarder ailleurs !
Quelle que soit notre relation aux objets connectés [utilisateur, consommateur, développeur, fabricant, prescripteur, veilleur, etc.], il est de notre devoir de se détacher du côté purement pratique de ce marché afin de mieux appréhender ses conséquences environnementales.
Rappelons rapidement qu’un objet connecté est d’un point de vue matériel une carte électronique avec plus ou moins d’intelligence [microprocesseur, mémoire, capteurs, etc.], majoritairement autonome en énergie grâce à une pile ou une batterie, et transmettant ses données grâce à une technologie de communication sans fil. On comprend donc que ce marché va générer une plus grande production d’énergie électrique, nécessaire pour alimenter l’ensemble des piles et batteries embarquées, ainsi qu’une augmentation des ondes émises, pouvant aller jusqu’à une saturation complète.
Bien sûr, l’idée n’est pas de freiner ou de faire acte de déni quant aux merveilleux bénéfices que l’ensemble de ces nouveaux objets connectés vont nous apporter, tant dans notre vie personnelle qu’au sein de notre activité professionnelle. Au contraire, nous devons prendre cet engouement comme un formidable vecteur de réflexions et d’innovations environnementales.
La préconisation est d’être vigilant quant à la technologie choisie pour connecter les objets, car toutes ne se valent pas et sont plus ou moins "gourmandes" en énergie électrique et en communication des données.
En pleine effervescence, le marché regorge de nouveaux acteurs présentant diverses technologies qui peuvent être difficiles à différencier aux yeux des consommateurs non initiés. Cette tendance doit donc nous obliger à penser et innover, avec de nouvelles technologies qui devront consommer et diffuser le moins possible, tout en garantissant, voire augmentant, les performances fonctionnelles attendues.
Mais avant que cela ne se concrétise, nous pouvons tous, dès maintenant, agir simplement, en prenant le temps de comparer les objets connectés, leurs technologies, leur autonomie et la puissance émise.
En optant pour une démarche écoresponsable, ce que nous faisons d’ores et déjà pour de nombreux autres objets [électroménager, éclairage, TV/hi-fi], chaque concepteur et consommateur contribue à éduquer un marché qui s’apparente plus au Far West qu’à une usine Ford.
Conceptuellement, nous devrons envisager le marché des objets connectés comme un marché à énergie positive, dont chaque acteur en est le moteur ! Dans tous les cas de figure, les premiers qui intégreront cette logique dans la conception et la diffusion de ces produits seront probablement les leaders en 2020.
Ne regardons plus ailleurs et tentons d’éteindre le feu, maintenant !

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