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Notre-Dame : « Les travaux de rénovation sont la cause de trois quart des incendies des bâtiments historiques » Claude Delahaye (Verspieren)

Stéphanie Obadia

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Notre-Dame : « Les travaux de rénovation sont la cause de trois quart des incendies des bâtiments historiques » Claude Delahaye (Verspieren)

© Xrenault

Entretien avec Claude Delahaye, directeur de la construction chez le courtier en assurances Verspieren, à propos des risques liés aux travaux de rénovation sur les bâtiments historiques.

Sur les chantiers de rénovation du patrimoine, les risques d’incendie sont-ils plus nombreux que sur du neuf ? Avez-vous des statistiques ou des chiffres ?
Il n y a pas de statistiques sur le risque incendie pour ce type de monument. Cependant trois sources prédominent : le court-circuit, la foudre et, pour trois quarts des incendies dans ce type de bâti, les travaux de rénovation. Les artisans travaillent au point chaud (soudure, perçage, scie circulaire…) et peuvent générer des incendies qui sont aggravés par la présence de bois (souvent très sec, car ancien) et l’exiguïté des lieux où ils effectuent ces travaux. Le risque d’effondrement des bâtiments est également à ne pas négliger.

Quels enseignements tirer de sinistres précédents type hôtel Lambert, à Paris, ou basilique Saint-Donatien, de Nantes ?
Dans un premier temps, il faut travailler sur le volet prévention et mettre en place des scénarios d’intervention en cas d’incendie avec l’aide des sapeurs-pompiers notamment et des spécialistes. Puis il faut mettre en place des couvertures d’assurance qui soient en capacité de répondre au niveau de risque et à la valeur du bâti, même si aucun contrat ne pourra couvrir la valeur globale du monument.

Quels sont les dispositifs incendie et sécurité imposés pour assurer ce type de chantier ?

La détection par alarme, le gardiennage, les camera, les exercices d’intervention…

Comment va fonctionner le processus d’indemnisation et quelles pourraient-être les responsabilités ?
En droit, la question est simple : ce sont les entreprises qui interviennent sur le chantier qui en ont la garde. Elles sont responsables de plein droit sauf à apporter la preuve qu’un tiers est responsable.

Les entreprises sont généralement assurées, mais pour des montants souvent faibles et n’ont pas une solidité financière suffisante pour faire face à des sinistres de l’ampleur de celui de Notre-Dame. Pour pallier ce type d’inconvénient, en plus de leur contrat d’assurance RC, les entreprises du bâtiment peuvent souscrire avant le chantier une assurance Tous Risques Chantier incluant le sinistre incendie. Dans ce cas le montant de l’indemnisation peut être amélioré, mais ne sera toujours pas à la hauteur de la valeur de reconstruction de la cathédrale en l'occurence.

Et pour la reconstruction ?
Pour la reconstruction, il faudra soigner la prévention des risques et prendre le maximum d’assurances, d’autant que le financement va être fait par des dons et que les donateurs (entreprises, collectivités, particuliers…) ne verront pas d’un bon œil que leur argent soit perdu en cas de nouveau sinistre.

 

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