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Neutralité carbone, l’Ademe et Carbone 4 s'engagent

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Neutralité carbone, l’Ademe et Carbone 4 s'engagent

Face aux enjeux du climat, l’Ademe et Carbone 4 ont réalisé une étude qui vise à clarifier le concept de neutralité carbone sur la base d’une définition rigoureuse et partagée, la traduire en termes de valeurs cibles « carbone » attendues au niveau national pour le secteur et proposer 3 modes d’interventions permettant aux acteurs de la filière bâtiment de s’inscrire dans une dynamique de neutralité à l’horizon 2050, compatible avec l’ambition nationale.

 

La neutralité carbone correspond à l’équilibre entre les émissions de GES territoriales directes d’une part, et les absorptions grâce aux puits naturels et technologiques d’autre part. En estimant un développement maximum des puits carbone français à l’horizon 2050, il apparait désormais nécessaire de passer d’un Facteur 4 de réduction carbone à un Facteur 6 ou plus d’ici à 2050 pour atteindre la neutralité carbone tout en respectant l’objectif d’une élévation de la température moyenne du globe inférieure à 2°C.

À cette fin, l’équilibrage des émissions et des puits de carbone doit arriver suffisamment tôt pour que les concentrations en GES restent en deçà des niveaux critiques. Les efforts doivent notamment se focaliser sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote, etc.), et de manière concomitante, sur la hausse des puits carbone naturels et technologiques.

Néanmoins, l’atteinte de cet objectif de neutralité et de réduction significative des émissions de GES est entravée par plusieurs facteurs : concentration atmosphérique en GES élevée (qui ne laisse qu’un « budget carbone » très faible jusqu’au seuil de dépassement des 2°C), capacité limitée et potentiellement non permanente du stockage de carbone dans les terres et sols, ou encore décarbonation complexe des secteurs de l’industrie et de l’agriculture. C’est pourquoi, une forte attente repose notamment sur le secteur du bâtiment au sens large, qui devra tendre à l’horizon 2050 vers les valeurs cibles suivantes : 

  • Zéro émission pour la consommation d’énergie tous usages des bâtiments ;
  • Un niveau de performance énergétique BBC rénovation en moyenne pour l’ensemble du parc ;
  • Une réduction de 80% des émissions entre 2015 et 2050 pour les industriels français et en particulier ceux de la chaîne de valeur du bâtiment qui devront être force de propositions pour mettre sur le marché des produits de construction et équipements performants et bas carbone, voire qui permettent de stocker temporairement (mais le plus longtemps possible) du carbone.

Carbone 4 et l’ADEME proposent aux acteurs de la filière bâtiment une démarche s’articulant autour de 3 piliers :

1. Réduire les émissions sur son périmètre (émissions induites)

  • Être sobre en réduisant la consommation énergétique des bâtiments existants et des constructions neuves : performance énergétique du bâtiment élevée, sobriété des usagers, gestion optimisée de l’exploitation des bâtiments ;
  • Alimenter les besoins énergétiques des bâtiments par des énergies décarbonées en donnant la priorité à la chaleur renouvelable et en excluant les ressources fossiles (objectif zéro fioul), en électrifiant les usages hors chaleur ;
  • Employer des produits de construction et équipements performants et « bas carbone ».

 2. Contribuer à réduire les émissions en dehors de son périmètre (émissions évitées)

Chaque acteur peut agir au-delà de son périmètre en entreprenant des actions de réductions d’émissions de GES auprès d’autres acteurs. Cette démarche a d’autant plus de sens que les bâtiments sont connectés à de nombreuses problématiques carbone pour les occupants : où et comment se nourrir, que consommer, comment se déplacer ? Ainsi, un acteur qui souhaite faire preuve de solidarité climatique à l’échelle locale ou territoriale peut :

  • Proposer aux occupants des services qui les aident à réduire leurs émissions sur différents postes : alimentation, mobilité... ;
  • Aider à rénover d’autres bâtiments ;
  • Aider à financer la production d’énergie renouvelable ;
  • Collaborer avec les industriels pour développer des produits de construction et équipements performants et bas carbone.

 3. Contribuer à augmenter les puits carbone (émissions séquestrées ou négatives)

Il s’agit de participer à développer la séquestration du carbone atmosphérique en :

  • Limitant l’artificialisation des sols ;
  • Finançant des projets de développement de puits carbone naturels, tels que les forêts, ou technologiques comme le BECSS ;
  • Privilégiant l’emploi de produits bois et biosourcés à longue durée de vie et participer au maintien de ces puits par la valorisation matière. 

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