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Musée-hôtel Rénovation de bungalows en béton projeté

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Musée-hôtel Rénovation de bungalows en béton projeté

Le Museumhotel est érigé d’après un concept d’habitat cellulaire, né dans les années 60. Les onze bungalows-bulles ont été restaurés d’après les plans de l’architecte suisse.

Les bungalows formant cet hôtel aux formes « organiques », situé dans les Vosges, ont été entièrement réhabilités, suivant les techniques originelles associées à des matériaux contemporains plus performants.

Rare exemple d’architecture organique (1), le motel l’Eau vive a été construit en 1967 par l’architecte suisse Pascal Haüsermann, selon une technique expérimentale, en vogue à l’époque. Il s’agit de bungalows de forme ovoïde en béton projeté, sans aucun coffrage. L’ensemble atypique comporte deux entités distinctes mais complémentaires, couvrant une surface totale habitable de 350 m2. Si la partie principale comprenait, à sa conception, un bâtiment d’accueil et une maison du gardien, la seconde regroupait les diverses cellules dédiées aux chambres. Implanté non loin du centre de Râon-l’Etape (Vosges), ce complexe hôtelier occupe une île de 42 ares sur la rivière Plaine. Cette configuration impose un accès unique en voiture et par un pont, les déplacements sur l’île s’effectuant exclusivement à pied. Ouvrant vers l’extérieur, les cellules construites en cercle, « comme autour d’un feu », offrent un espace collectif central appropriable. Renommé Museumotel Utopie, l’hôtel, qui a rouvert ses portes en août 2007, comprend toujours les mêmes onze bâtiments.

Des passionnés d’architecture du xxe siècle

D’une part, l’édifice principal de réception, alliant deux ellipses, est formé d’un bar, d’une cuisine, d’une salle de petit déjeuner et d’un espace polyvalent le Mojo, situé à l’étage. D’autre part, s’organisent à proximité dix modules semi-circulaires, mesurant entre 5,50 et 8 m de diamètre. Le module Chapelle Sixties qui abritait un transformateur électrique sert maintenant de local technique et de rangement.

Devenus inadaptés, ces bungalows ont été rachetés par six amis passionnés d’architecture du xxe siècle et de design qui les ont restaurés à l’identique, tout en remodelant leurs espaces. La technique de réhabilitation mise en œuvre reprend intégralement celle inhérente à la construction de base, moyennant quelques adaptations. La structure des bulles en béton projeté sur des ossatures métalliques étant saine, il n’a pas été nécessaire de la modifier. Elle a été conservée et remise en état par un nettoyage soigné et un traitement spécifique. Les bungalows, dénaturés au fil des années et des propriétaires, ont retrouvé leur aspect d’origine tout en bénéficiant d’une isolation thermique améliorée. Le but étant de les rendre plus confortables, tout en respectant l’esprit initial précurseur. Ainsi, chaque habitacle a été remis à neuf et dégagé des éléments ajoutés qui n’étaient pas d’origine, tels que des percements dans les parois ou des composants en plafond.

Les parois courbes ayant bien tenu dans le temps, elles sont gardées en l’état. L’épaisseur des murs, qui diminue en montant, varie de 6 à 8 cm en partie basse à 3 à 4 cm en partie haute. Dans les volumes internes, les parties dégradées et dénuées d’isolant sont remises en état et rebouchées ponctuellement avec des plaques de polystyrène. Sur celles-ci est projeté sous forme de gouttelettes, du mat liquide (sorte de plâtre) à la Tyrolienne, à l’aide d’une machine pourvue d’une lance et d’un compresseur, pour redonner l’aspect granulé du début. Ces parois sont recouvertes de deux couches de peinture blanche de finition. À l’extérieur, les coques en béton sont soigneusement nettoyées au karcher, pour ôter les couches de peinture restante. Afin de boucher les craquelures et fissures mises à nu, une résine est étalée, puis un enduit semi-synthétique d’étanchéité est passé au peigne. Après séchage, ces surfaces sont peintes de deux couches de peinture mate blanche. Ce traitement assure une isolation thermique plus efficace que celle datant de l’origine.

Les menuiseries existantes en acier serties de simples vitrages ont été remplacées par des menuiseries en bois dans un souci d’écologie et de durabilité. Les portes d’accès très dégradées ont été remplacées par des châssis métalliques accueillant de la fibre de verre résinée au polyester, selon une technique approchant au plus près celle de base.

Des remises aux normes ciblées

Le dernier propriétaire n’utilisant plus que la maison et l’une des bulles, le réseau d’assainissement était devenu inexploitable. D’où la reconstitution totale des arrivées d’eau, des évacuations d’eaux usées et des gaines électriques, réalisée sur l’ensemble de l’opération. Ce qui a entraîné d’importants travaux sur le terrain, d’enfouissement des gaines dans le sol, intégrant aussi des câbles de télévision et d’interne, ce réseau neuf ayant été remis aux normes en vigueur. Quant aux salles de bains, elles ont été réorganisées. Les sanitaires des chambres ont tous été changés, baignoires en fonte, lavabos, WC et cumulus en place ayant été remplacés par des douches « à l’italienne », des petits lavabos insérés dans des tablettes et des WC à chasse d’eau suspendue, d’encombrement réduit. Ce principe d’aménagement permet un gain de place et améliore le fonctionnement et l’ergonomie de l’espace. L’étanchéité de ces pièces humides a été refaite en recouvrant les parois de fibre de verre résinée au polyester passée au pinceau ou au rouleau, puis d’une couche blanche de finition Gelcoat. Notons que ce bâtiment labellisé Monument du xxe siècle par le ministère de la Culture, est donc soumis partiellement à la réglementation thermique et phonique en vigueur. Il se réfère aussi à celle de la fin des années 1960 moins contraignante, via une dérogation délivrée par la commission locale de sécurité, l’hôtel étant répertorié comme un établissement recevant du public (ERP). Une dérogation qui a permis de faire passer l’isolation plutôt minimaliste des coques.

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