Mourenx Techniques innovantes pour équiper une piscine « verte »

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Mourenx Techniques innovantes pour équiper une piscine « verte »

L’organisation tripartite du bâtiment comprend une serre haute repérable, longée de part et d’autre, d’un écrin noir renfermant l’entrée et les locaux techniques, et d’une galette blanche sous laquelle se glissent les deux bassins.

Outre l’utilisation de matériaux performants, le pôle aquatique bénéficie d’une démarche environnementale basée sur des traitements innovants de l’air, de l’eau et de l’acoustique, générant des économies d’énergie et un accroissement du confort d’usage.

Située aux environs de Pau, la nouvelle piscine de Mourenx (Pyrénées-­Atlantiques) a fait l’objet d’une démarche environnementale poussée. Cet édifice réalisé par l’architecte parisien Gilles Bouchez, comprend trois volumes distincts, pouvant loger jusqu’à 450 personnes. Chaque volume dévolu à une fonction spécifique est traité de manière différente avec divers matériaux. Mesurant 40 m de largeur par 70 m de longueur, le bâtiment couvre une surface hors œuvre nette de 2 583 m2, pour un coût d’investissement de 5,20 ME HT. Le plan s’articule à partir d’une faille vitrée centrale qui représente l’épine dorsale du projet. Cette boîte vitrée, de 3,40 m de largeur, 82 m de longueur et 12 m de hauteur, fait office de « signal fort », comme le définit l’architecte. Elle loge successivement, d’est en ouest, un coin attente, le bureau du directeur, l’escalier d’accès au toboggan, l’espace aux vestiaires et sanitaires, des locaux de rangement, un mur végétalisé et une serre. Cet espace tampon relie les deux volumes principaux attenants. Aussi, la partie technique, fermée et orientée au nord, abrite l’entrée, les vestiaires, les douches, les sanitaires et les locaux techniques. Ce volume opaque de 3,40 m de hauteur est ceinturé de murs en béton lasuré noir. La halle principale, orientée au sud, est ouverte sur l’extérieur. Elle accueille un bassin sportif de 25 m de longueur par 12,50 m de largeur et un bassin ludique regroupant une pataugeoire, un toboggan et des jeux d’eau. À l’extrémité ouest, se greffe un espace de balnéothérapie doté de deux saunas, d’un hammam et de douches, donnant sur un « jardin japonais ». La structure de cette halle comprend douze poteaux métalliques (HEA 200) gainés de bois moulé qui sont répartis à l’extérieur, selon une trame de 6,20 m.

Des produits verriers performants

Ce principe permet de « libérer le volume interne de tout point porteur », précise l’architecte. Les poteaux soutiennent les poutres de la charpente en bois lamellé-collé de 20 m de portée. Ce volume transparent de 6 m de hauteur est vitré sur ses deux façades sud et est, avec de fines menuiseries en aluminium laqué blanc. Les murs-rideaux, de grande dimension, intègrent d’immenses portes coulissantes à ouverture automatisée qui s’ouvrent sur un solarium et des plages extérieures. Pour les 2 400 m2 de façades de verre posées, elles ont été réalisées en vitrages isolants Suncool HP 70/40 de Pilkington. Ils sont adaptés à la gestion énergétique de grandes surfaces vitrées. Leur faible émissivité et leur filtration des rayons solaires favorisent la réduction des consommations énergétiques, notamment en matière d’éclairage artificiel. Ainsi, deux variantes de ce type de vitrage ont été installées selon leur fonction. Pour la galerie vitrée de 12 m de hauteur, les parties basses accessibles sont dotées de vitrages Suncool à double face feuilletée, à résistance et sécurité accrues. Ils se composent de deux verres 55.2 et d’un vide de 10 mm. Les doubles vitrages des parties hautes sont constitués d’une seule face feuilletée et d’un autre verre de 6 mm, ménageant un vide de 14 mm. Les murs-rideaux des façades principales sud et est sont également pourvues de vitrages à doubles faces feuilletées. Le verre extérieur est un 55.2 et celui intérieur, un 44.2, le vide étant de 12 mm. Les panneaux verriers, de 3 m de largeur par 2 m de hauteur, sont superposés entre eux pour former une hauteur totale de 6 m. De plus, la protection solaire des façades sud, est et ouest, est conférée par de généreux auvents formant brise-soleil de 10 m et 13,40 m de débord. Résultant du prolongement des poutres en bois de la charpente, ils sont habillés en sous-face de toiles tendues blanches Batyline de Ferrari.

Une approche poussée de développement durable

Ces dernières offrent une continuité avec le plafond intérieur paré de ce même matériau, créant ainsi un effet de « ciel blanc » recherché par le concepteur. Quant à la démarche environnementale conduite par la commune, elle a pour triple objectif de garantir une gestion optimisée de l’énergie, un confort accru des usagers et une valorisation de l’environnement naturel. Des technologies performantes ont été mises en œuvre pour traiter l’air, l’eau et l’acoustique. La ventilation de la halle principale fait l’objet d’un procédé innovant de caissons cycloniques qui n’était employé que dans l’industrie, agroalimentaire notamment. Il consiste à absorber et traiter par assèchement les chloramines contenues dans l’air ambiant provenant des deux bassins. Sachant que le système couramment employé plus énergivore, rejette à l’extérieur l’air chaud pollué, tandis qu’un autre volume d’air frais est réintroduit, puis chauffé. En complément, l’eau est également traitée. En effet, l’eau provenant du bassin ludique étant plus chargée en chlore que celle du bassin sportif, à cause des jets et cascades, il se dégage une nuée de chloramines. Avant d’être recyclée, l’eau des bassins passe dans des bacs tampons de filtrage et dans des tubes à ultraviolets, accélérant la destruction des émissions de chlore.

Côté acoustique, « des pièges à sons » ont été créés sous la poutraison en bois. Des matelas en laine de roche de 60 cm de hauteur par 10 cm d’épaisseur, disposés en quinconce, sont suspendus aux poutres. Le plafond, revêtu de toiles tendues blanches, participe à l’affaiblissement acoustique du volume. De plus, la paroi bordant l’espace de bien-être est revêtue de bois bakélisé perforé imputrescible, doublé de laine minérale. Et la pose de 40 m2 de capteurs solaires en toiture doivent couvrir entre 30 et 60 % des besoins en eau chaude sanitaire, en fonction des saisons. Au final, l’ensemble de ces mesures concrètes doivent être pourvoyeuses d’économies énergétiques.

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