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Montage invisible pour un bardage en lamesd’inox recuit

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Montage invisible pour un bardage en lamesd’inox recuit

1. Trois étapes de posedes panneaux, avec les plateaux en acier (Color Profil) sur lesquels est appliqué un isolant semi-rigide en laine de roche, puis le bardage plié en inox recuit.

À partir d’une géométrie spécialement conçue pour les façades de ce projet, les architectes et les entreprises ont imaginé un système ingénieux de préfabrication et de pose de ce bardage à lames pliées.

À proximité du centre de Nancy (Meurthe-et-Moselle), l’Institut régional de réadaptation (IRR) occupe une ancienne friche industrielle au bord du canal qui va de la Marne au Rhin. Pour un coût d’investissement de 28 Me HT, ce centre a pour vocation de regrouper plusieurs structures régionales qui prennent en charge des adultes présentant un handicap moteur. Ce qui explique la présence, au cœur du programme, d’un plateau technique de réadaptation s’appuyant sur un service de reconditionnement cardio-­vasculaire. Balnéothérapie, rééducation spécialisée, ­kinésithérapie et ergothérapie en font aussi partie intégrante. Cet espace de traitement occupe le premier étage du bâtiment, le second étant principalement dévolu à l’hébergement. Ce dernier, implanté en retrait, s’ouvre sur des terrasses communicantes avec les chambres des patients. Au total, cet édifice propose une capacité d’accueil de 115 lits d’hébergement et de 120 places d’hôpital de jour.

Des lames préfabriquées en atelier

Quant au bâtiment-pont qui ­enjambe le canal, il a plutôt une vocation de détente avec notamment, sa future cafétéria.

Très linéaires, les bâtiments se développent sur 22 000 m2 SHON et s’élèvent sur trois ­niveaux. La structure porteuse se compose d’une trame poteaux/poutres de 7,20 m de large et de planchers. Surplombant un rez-de-chaussée sur pilotis haut de 6,50 m, les 1 300 m de développé de la façade du premier étage reçoivent deux types de bardages différents : 700 m2 de lames filantes en aluminium qui habillent les façades sur patios tandis que les 4 000 m2 restants sont recouverts de lames en inox pliées verticalement. Innovante, la mise au point et la mise en œuvre de ces différents éléments de bardage ont nécessité plusieurs études pointues.

Les architectes souhaitaient ­habiller les façades de lames métalliques d’aspect brillant, proche d’un miroir. Pour ses qualités de durabilité, de résistance aux environnements agressifs et de stabilité, le choix des concepteurs s’est porté sur un inox recuit brillant de type 316 L (d’appellation normalisée X2CrNiMo17-12-2). Combiné à de nombreux adjuvants tels que le carbone, le nickel, le chrome et le molybdène, cet acier inoxydable sophistiqué présente un surcoût de l’ordre de 15 à 20 %. De plus, se présentant sous la forme de plaques de 15/10e d’épaisseur, il est très difficile à plier et à découper. Il est impossible de le chauffer, par exemple pour le découper à la tronçonneuse, car il se transforme (bleuissement, brûlures). Ce matériau ne pouvant pas être travaillé sur le site, il a fallu préfabriquer les lames en atelier, en les dimensionnant à l’avance et en les découpant avec précision. Pour ce savoir-faire rare en France, deux entreprises ont été retenues : le fabricant de bobines d’inox Ugine (de 1,40 m de largeur) garantissant une uniformité générale d’aspect et la filiale d’Usinor (PMA) capable de pouvoir plier l’inox, de prédécouper les lames et de les poser. Ainsi, une géométrie spécifique a été conçue. Basée sur deux types de lames, elle offre une flexibilité d’adaptation lors de la pose. Suivant un même module de 450 mm de largeur et 4 825 mm de hauteur, les lames ont été pliées en forme de V et de W, générant deux angles d’inclinaison différents. Se calquant sur la même dimension, des brise-soleil ont été fabriqués dans ce même matériau, les lames en forme d’aile d’avion, étant évidées et munies d’un mécanisme d’actionnement. Ces divers composants de façade assemblés présentent toujours des dimensions issues de multiples de 450 mm.

Un système invisible de fixation

Toutes les lames en inox sont calepinées, découpées et pliées en usine à partir de tôle de 1 420 mm, grâce à des machines numériques entièrement automatisées. Chaque lame pliée est pourvue, à chaque extrémité, sur toute sa longueur, de deux pattes mâles et femelles pouvant s’emboîter les unes dans les autres. Lorsque la partie femelle est positionnée sur le plateau de bardage Color Profil, les deux éléments sont fixés à l’aide de vis inox. Ce plateau en acier 75/100e de 70 mm d’épaisseur est garni d’un isolant rigide en laine de verre et complété d’un pare-pluie. Très particulières et résistantes, les vis en inox autoperceuses comportent chacune une tête en acier soudée sur un corps en inox. Ingénieux et facile à mettre en place, le système d’accroche est invisible. Les angles (voir schéma) sont traités à l’aide d’un jambage en inox recuit de 125 mm de long. Constitué d’une seule pièce de 4 800 mm de longueur et 125 mm de largeur, ce jambage peut être mis en œuvre, indifféremment, à droite ou à gauche d’une fenêtre. Il est clipé, en partie haute et en partie basse de la hauteur. Du côté de la façade, il est emboîté dans la lame et fixé, à l’aide d’une vis en inox, sur une cornière en acier galvanisé 12/10e, elle-même accrochée sur le plateau métallique, par une vis autotaraudeuse électrozinguée. De l’autre côté, vers la menuiserie, sur le joint creux de 30 x 30 mm, le jambage est fixé sur une seconde cornière prélaquée 75/100e, par une vis autotaraudeuse électrozinguée et sur le châssis en aluminium, par une autre vis en inox.

Simple, l’entretien de ce bardage s’effectue manuellement, à l’aide d’une éponge imprégnée ­d’eau savonneuse.

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