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Modénature : liberté et finesse dans la forme des éléments

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Modénature : liberté et finesse dans la forme des éléments

L’UTILISATION DE COMPOSANTS DE MODÉNATURE moulés en béton de fibres s’avère économiquement plus avantageuse que la restauration minutieuse des éléments originaux endommagés. (Doc. Partner Engineering.)

Dans la réalisation d’éléments décoratifs moulés, les fibres apportent d’indispensables atouts de légèreté et de résistance, surtout depuis que l’incompatibilité chimique entre fibres de verre et la matrice cimentaire a été levée.

Liées probablement à une appréciation trop ­optimiste des caractéristiques techniques et économiques des bétons de fibre et à un engouement pour l’innovation, certaines expériences du passé – pendant lesquelles les composites ciment-verre (CCV) étaient considérés comme la « panacée » – ont amené les concepteurs à recentrer leur utilisation sur des composants de modénature moins fortement sollicités dans la structure du bâtiment. Aujourd’hui, il faut reconnaître que les propriétés techniques à long terme des bétons fibrés sont plus appréciées. De nombreuses réalisations attestent de l’intérêt de ces matériaux, que ce soit pour des éléments de structure ou des composants de façade. L’aspect du parement, la tenue au vieillissement et la durabilité sont les caractéristiques dominant le choix du matériau d’un composant de modénature. Réduisant fortement la perméabilité du matériau, la finesse des granulats et l’incorporation de fibres dans la matrice cimentaire vont dans ce sens. La conception et les choix techniques à opérer sont indissociables de la ­création architecturale et des formes à adapter aux conditions de leur exposition.

Des fibres selon l’usage

Parmi les nombreux types de fibres, les fibres synthétiques en polypropylène, polyamides ou acryliques présentent des avantages et des contraintes différents en fonction de l’usage recherché (1). Dans les bétons frais, elles améliorent la stabilité de forme au démoulage immédiat, augmentent la thixotropie du produit et diminuent la ségrégation dans les coffrages. Dosées entre 1 et 2 kg, elles limitent les arrachements et les épaufrures de peau tout en améliorant la tenue aux chocs des produits. Dans les bétons durcis, elles jouent un rôle important pendant la phase d’hydratation du béton (durcissement) vis-à-vis du retrait en empêchant la formation de microfissures. Elles participent également à la diminution de la perméabilité du produit. Réduisant le phénomène de dessication, elles constituent un additif utile à la réduction des efflorescences. Toutes ces qualités sont appréciées pour le moulage de pièces sur mesure réclamant un aspect « minéral » de surface et/ou une répétivité irréprochable. Elles réduisent les risques d’épaufrure au démoulage ou lors de la mise en œuvre et permettent de créer des pièces de structure ou d’habillage de façade de grande dimension en faible épaisseur.

L’emploi des composites ciment-verre évolue

Les fibres de verre, essentiellement utilisées dans les parois minces de 1 à 2 cm d’épaisseur, créent un renforcement du béton. Dosées entre 2 et 5 %, elles améliorent la ductilité par une meilleure capacité à la déformation et une meilleure résistance des composants à la « fatigue ». Ces composites sont recherchés pour réaliser des composants de modénature moulés du fait de la finesse de leur grain, de leur résistance aux chocs de l’ordre de 12 kJ/m2 et de leur faible coefficient de déformation voisin de 0,1 %. Ils permettent de concevoir des formes nouvelles et de donner du volume tout en allégeant les structures. Des acrotères, des colonnes décoratives de façade, des corniches, des bandeaux ou des corbeaux sont ainsi réalisés. Les qualités d’aspect et de couleur de la pierre naturelle du composite Parstone (2) ont, par exemple, fait merveille lors de la restauration des façades de l’hôtel Claridge à Paris. La résistance mécanique de ces bétons est toujours prise en compte dans des éléments de structure minces préfabriqués pleins ou en forme de coque, tels que linteaux ou encadrements de baie. En revanche, à l’inverse des armatures métalliques, aucune modélisation mathématique n’existe et des essais sont toujours nécessaires pour mesurer et vérifier les caractéristiques techniques des produits. Enfin, il faut noter l’intérêt des entrepreneurs ou des artisans pour les composants de modénature légers et manuportables, fabriqués en amont du chantier, qui valorisent la qualité de leurs réalisations.

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