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Mobilité réduite :des sanitaires anticipant l’avenir

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Mobilité réduite :des sanitaires anticipant l’avenir

Rectangulaire et de grande dimension pour davantage de confort, ce receveur de douche extraplat en acryl, dessiné par Philippe Starck, se combine bien avec tout type d’aménagement. (Doc. Duravit.)

Comment concevoir une salle d’eau qui anticipe les situations handicapantes ? Critères de choix des appareils sanitaires qui favorisent le maintien à domicile.

La plupart des personnes âgées souhaitent vivre chez elles le plus longtemps possible. Mais avec l’âge, les difficultés vont grandissant pour accomplir les gestes du quotidien, particulièrement pour se déplacer sans gêne et sans risque de chute. L’installation à domicile d’appareils sanitaires spécifiques destinés aux seniors ou aux personnes à mobilité réduite est psychologiquement mal acceptée car elle marque formellement le passage d’une tranche de vie à une autre, ainsi qu’un changement d’habitudes. Et elle a un coût. Ce refus de passer brutalement à l’utilisation de produits spécifiques conditionne aujourd’hui chez certains fabricants la conception d’éléments sanitaires utilisables par tous, et anticipant l’évolution dans le temps de leur mobilité. Dès lors, le choix de certains équipements et l’intemporalité de leur style peuvent rendre un logement confortable et accessible à toutes les étapes de la vie.

Tout part de la conception d’une salle d’eau qui doit prendre en compte la manière dont la personne à mobilité – ou à préhension – réduite, entre dans la pièce et s’y déplace pour accéder aux différents appareils. En terme d’aménagement de l’espace et de choix des appareils, le cas le plus contraignant concerne les personnes en fauteuil roulant.

Un concept revêtement – siphon de sol

D’après l’arrêté du 24 décembre 1980, « un fauteuil roulant doit pouvoir se déplacer entre les différents appareils sani­taires et hors du débattement de la porte, dans un espace de 1,50 m de diamètre ».

L’ouverture de la porte ne doit pas gêner le déplacement du fauteuil et rester praticable pour un tiers en cas de chute de l’utilisateur. Second impératif, les changements de niveau de sol sont à éviter, ce qui milite en faveur d’une surface totalement plane avec siphon de sol.

Exemple : le système de revêtement sol/mur, tel le « Concept Douche » de Tarkett, qui évite la pose d’un bac à douche tout en assurant l’étanchéité et l’esthétique de la pièce. Il se compose d’un revêtement de sol en PVC homogène à relief antiglissant et/ou pastillé, et d’un revêtement de mur en PVC compact, assemblés et rendus étanches par une soudure à chaud. Le revêtement de sol classé U4 P3 E2/3 C2, qui remonte d’au moins 10 cm en plinthe, est installé sur un sol aménagé avec une pente d’au moins 1 cm par mètre – sur l’ensemble de la surface ou au moins sous la douche – ­convergeant vers un siphon de sol. Décliné en plusieurs versions pour s’adapter à tous les types de sols, le siphon monobloc est en PVC classé au feu M1, et doté d’un anneau de fixation clipable. Des manchons évitent tout risque d’infiltration aux passages des tuyauteries. Entre la salle de bains et la pièce attenante, la barre de seuil en caoutchouc, large d’une dizaine de centimètres, se fixe par colle néoprène.

Cette mise en œuvre facilite l’entretien quotidien et permet le lavage à grande eau. Lorsque la salle d’eau se trouve à l’étage, il n’est pas toujours possible d’encastrer un siphon dans le sol. Le receveur plat ou extraplat – encastré ou posé – s’impose alors, la différence de niveau ne devant pas excéder 2 cm.

L’espace réservé à la fonction douche doit également permettre de fixer un siège rabattable ou d’accepter un siège mobile accueillant la personne handicapée par transfert depuis son fauteuil. Pour faciliter son usage, la robinetterie seule ou une colonne de douche se place à moins de 1,20 m de hauteur, celle de la douchette devant être réglable entre 1,20 et 1,80 m pour une utilisation en position debout ou assise.

Les appareils suspendus, utilisables par tous

Autre équipement, le lavabo dont l’accès s’effectue naturellement de face. Pour pouvoir s’en approcher en fauteuil roulant et passer les jambes au-dessous, la circulaire n° 94-55 du 7 juillet 1994 impose une hauteur de 70 cm entre le sol et le dessous de la vasque : cela induit un positionnement du plan supérieur de l’appareil à 85 cm du sol.

L’espace sous l’appareil doit être libre de la présence d’une ­colonne pour permettre le passage des jambes et éviter les brûlures des genoux au contact des canalisations d’eau chaude. En réponse à ce cahier des charges, Duravit propose, par exemple, le lavabo Architec H70 (voir encadré). Plus généralement, un plan de toilette avec vasque encastrée offre un confort appréciable. Il permet de positionner la vasque à l’avant du plan et la robinetterie sur le côté ou même en façade, tout en réservant une plage pour poser les objets de toilette.

La solution d’un lavabo réglable en hauteur, avec systèmes de contrepoids (pour que l’appareil ne « pèse » pas dans les mains de l’utilisateur) et de blocage à la hauteur demandée, et raccordé par des tuyauteries flexibles, assure une utilisation par tous : adulte ou enfant debout, et ­personne en fauteuil. Peu développée, elle est encore onéreuse.

Un environnement cohérent

L’accessibilité à la robinetterie est facilitée par un mélangeur à grand bec, un mitigeur thermostatique – avec sécurité ­antibrûlures – à large manette, facile à utiliser par une personne en position assise ou à préhension diminuée, ou mieux par une robinetterie à commande infrarouge. Lorsque le WC est dans la salle d’eau, l’emplacement de la cuvette doit assurer un accostage latéral ou perpendiculaire du fauteuil, la personne se transférant de l’un à l’autre à l’aide de barres de maintien. Il est préférable d’adopter un appareil suspendu, pour une hauteur confortable d’utilisation (cuvette à environ 50 cm du sol) et faciliter l’entretien sous le bloc WC. Un système de chasse d’eau automatique à commande infrarouge peut être proposé.

L’environnement des appareils sanitaires doit être cohérent. Le revêtement de sol est anti­dérapant pour éviter chutes et glissades. Les portes pivotantes de la douche sont plus simples à ouvrir et permettent à une aide extérieure d’intervenir sans se mouiller. Sur les murs, des ­emplacements sont prévus pour installer des barres de maintien (standards ou coudées, rabattables ou fixes, avec ou sans béquille) adaptées pour entrer ou sortir de la douche en toute sécurité ou se mouvoir dans ­l’espace et près des appareils ­sanitaires.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°258

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