Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Mobilité : PDA, smartphones et ultraportables

Sujets relatifs :

Mobilité : PDA, smartphones et ultraportables

Le Sony Ericsson G900 gère agenda, email, mémos, rappels… à partir d’un écran tactile commandé sous Symbian OS. Il possède un appareil photo numérique intégré de 5 Megapixels de résolution. (Doc. Sony Ericsson.)

Les frontières s’effacent entre les PDA, les smartphones et les PC ultraportables. Tous proposent des connexions internet permanentes, des fonctions bureautiques et la possibilité de faire tourner des applications métier.

Quatre moyens s’offrent à nous pour rester en liaison permanente avec notre bureau, ­recevoir nos e-mails partout, pour lire les pièces jointes et exécuter des applications métiers spécifiques : la clef USB-modem que l’on branche à un PC portable, les PC ultraportables, légers mais de plus en plus puissants, le PDA (Personnal Digital Assistant) et, dernier-né, le smartphone ou téléphone intelligent. Les marques sont nombreuses : une douzaine pour les smartphones, environ 35 pour les PDA, une quinzaine pour les PC ultraportables et environ 10 pour les clefs USB-modem. Mais les offres évoluent de mois en mois. Début 2008, le PDA ­décline, le Smartphone explose, la clef USB-modem se banalise et les ultraportables se développent rapidement. En ce qui concerne les PDA, par exemple, le Taïwanais Acer y renonce au moment ou Toshiba choisit d’introduire une nouvelle gamme. NEC ne propose plus de téléphones, (smart ou non) depuis quelques mois, Sagem n’offre pas de smartphones, Alcatel non plus. Tandis que HTC (High Tech Computer Corp.), créée en 1997 seulement, émerge comme l’une des marques les plus innovantes du moment, avec une gamme impressionnante de téléphones portables et surtout des modèles inclassables entre le PC ultra­portable et le smartphone. La première option de mobilité, la clef USB-modem, est extrêmement simple à mettre en oeuvre. Les opérateurs vendent une clef USB-modem 3G   ou une PC Card 3G  en échange d’un abonnement internet. Une fois connectée la clef ou la carte à un PC portable, il est possible de surfer sur internet avec un débit de 3,6 Mbits/seconde. Si vous avez chargé Skype sur votre ordinateur et que vous disposez d’un microcasque, vous pouvez téléphoner partout, gratuitement grâce à son application VoIP (Voice over IP). Ce que font la quasi-totalité des adolescents connectés à internet. C’est parfaitement légal et cela fonctionne plutôt bien. Du point de vue prix, les offres varient : 1 e la clef ou 99 e la PC Card avec un abonnement de 62 e par mois pour un trafic de 1 Go de données par mois chez Orange, 1 e la clef et 49 e/mois d’abonnement pour un 1 Go de données chez SFR, 1 e la clef USB-modem chez Bouygues avec un abonnement de 58 e HT/mois pour une quantité de données illimitée. Aucun des trois opérateurs ne précise ce que devient le tarif appliqué hors de France.

Fonctions de base : Internet et e-mails

Certains smartphones ­(Nokia 6220 Classic, Nokia N96, Sony Ericsson K850i ou Samsung SGH-G810) embarquent des appareils photos numériques capables de prendre des clichés de 5 Mo, avec flash et autofocus, puis de les envoyer par MMS ou par mail. Cette qualité d’image correspond à ce qu’offraient les meilleurs appareils photos numériques il y a seulement trois ans : idéal pour prendre des clichés sur un chantier et les transmettre immédiatement. Certains, comme le Nokia N96, offrent une sortie vidéo. Conçue par les fabricants pour les raccorder à un téléviseur pour regarder des clips vidéo confortablement, cette sortie permet aussi de brancher ces terminaux à un projecteur vidéo. Pour vos présentations, plus besoin d’emporter un ordinateur portable : un PDA ou smart­phone capable de lire des fichiers .ppt le remplace avantageusement.

Les fonctions de base proposées sont la navigation sur internet et la réception d’e-mails. Pouvoir naviguer sur internet signifie que l’appareil est équipé d’un navigateur qui exécute du code Html. Il peut exécuter n’importe quelle application Html hébergée sur un serveur internet. Il est alors possible d’accéder au portail protégé de son entreprise et, depuis le smartphone ou le PDA, utiliser une application spécifique qui y est hébergée : aide au diagnostic thermique, calepinage de couverture, lecture de données, envoi de données relevées sur chantier, lecture de plans à distance, etc. On peut aussi se connecter au portail d’une compagnie aérienne et réserver un billet : les applications sont innombrables. Seul le code Html est transmis à votre appareil et il vous faut simplement un navigateur internet, à l’exclusion de toute autre application embarquée. Il faut que l’application hébergée soit conçue pour ces conditions de visualisation.

Blackberry : logiciel et matériel portatif

La seconde application de base est le mail. Écriture et envoi, ­réception, lecture, visualisation des pièces jointes, modification des pièces jointes… les tâches liées aux mails sont nombreuses, tous les appareils mobiles ne les remplissent pas. D’abord, comment recevoir ses mails : soit par chargement des messages à l’ouverture de l’application adéquate, soit en permanence. La première solution est possible sur la totalité des PDA, smartphones et PC ultraportables disponibles aujourd’hui. La seconde requiert un abonnement à un service spécial qui « pousse » les messages vers l’appareil mobile, d’où son nom de Pushmail ou Push-Mail. Le plus connu est le BlackBerry, à la fois logiciel et matériel portatif. Il en existe d’autres, dont celui d’Apple qui ne fonctionne qu’avec son iPhone, Visto, Gmail de Google, etc. Chez les opérateurs, cela implique en général un déboursé supplémentaire, au-delà de l’abonnement classique. Orange propose 9 e TTC par mois en plus de l’abonnement pour recevoir des mails sur un BlackBerry ou un terminal compatible, ainsi qu’un forfait de 14 e TTC pendant 7 jours pour recevoir 3 Mo de données par mail hors de France. SFR Mail mobile est le service SFR qui permet de consulter tous les e-mails (Yahoo, Gmail, Free, etc.) sur son mobile, à partir d’un maximum de 3 boîtes mails différentes. SFR indique que ce service est gratuit, hors le coût des connexions WAP pour le transfert des données, sans préciser quel peut être le prix des connexions. Plus claire, l’option Business Pro de SFR propose 5 Mo d’échanges de données par mois pour 9 e/mois. Chez Bouygues Telecom, l’offre de base pour la réception de mails commence à 8,30 e HT/mois forfaitairement en plus de l’abonnement ou 0,84 c e HT/Ko de données avec 2 comptes de messageries différents : les adresses personnelle et professionnelle, par exemple. Pour des utilisations plus importantes et la réception de pièces jointes, Bouygues ­Telecom propose un forfait de 9,95 e HT/mois jusqu’à 50 Mo de données et un coût supplémentaire de 0,43 e HT/Mo au-delà de 50 Mo. Pour les très gros utilisateurs, ceux qui souhaitent recevoir internet et mails sur leur terminal portatif : 29,20 e HT/mois chez Bouygues Telecom pour 100 Mo de données ou 61,90 e HT/mois sans limite de capacité pour une souscription d’un an.

Trois systèmes d’exploitation pour les portatifs

À partir de l’e-mail, il existe une gradation d’applications pour manipuler les pièces jointes, les lire et les modifier. Trois systèmes d’exploitation principaux se partagent le marché des terminaux portatifs : Windows Mobile, aujourd’hui dans sa version 6.0, Symbian qui a ­atteint la version 9.2 et Palm OS, nettement en retrait. Linux, sous des versions spécifiques et peu gourmandes, effectue une percée. Tandis que Mac OS X est limité à l’iPhone d’Apple. Cela fonctionne exactement comme l’informatique de bureau : un programme écrit pour Linux ne tourne pas sur un terminal Symbian, ni sous Windows Mobile. En revanche, tous sont capables de lire les ­documents produits par les divers systèmes d’exploitation. Chacun de ces systèmes offre une « visionneuse » de pièces jointes qui permet simplement de lire, mais pas de modifier, des documents aux formats PDF, .doc ou .rtf (Word et les autres traitements de textes), .xls ou .csv (issus des tableurs, dont Excel) et .ppt (Powerpoint). En outre, les images JPG sont prises en charge par la visionneuse de photographies jointe à tout terminal mobile. Pour voir des formats spécifiques, comme des plans en DXF ou en DWG, il faut installer des visionneuses spécifiques, adaptées au système d’exploitation utilisé sur son terminal et au type précis de fichier visé. Pour Windows Mobile, il est possible par exemple de télé­charger l’application gratuite ­Pocket PC CAD Viewer pour visualiser les fichiers DXF et DWG sur son terminal Windows Mobile. Tout comme PocketCAD Pro 4.0, PocketCAD Viewer 4.0, et PocketCAD DWFview 4.0 chez Arc Second, PowerCAD CE Viewer 5.5, PowerCAD CE Classic 6 et PowerCAD CE Pro 6 chez GiveMePower, VISIARC System 1 de VISIARC. Sur Symbian, il n’existe qu’une seule visualisatrice de fichiers DWG et DXF : Estalo CAD Viewer. Autodesk travaille pour sa part à une approche ­basée sur un système client/serveur sur internet. Son serveur, baptisé Project Freewheel (http://dwfit.com), permettra de visualiser des fichiers DXF et DWG dans un ­navigateur internet. Ce qui effacera aussitôt toutes les barrières des systèmes d’exploitation et rendra ces fichiers librement visibles, mais pas modifiables, sur Linux, sur Mac OS, sur PDA et sur smartphone sous Windows Mobile, Symbian ou autre dans un simple navigateur internet. Pour en ­bénéficier, il faudra naturellement que votre entreprise possède ce serveur spécifique ou bien achète de l’espace chez un prestataire de services qui l’a déployé. Tous les logiciels de CAO et de dessin savent aujourd’hui produire des fichiers PDF. Pour lire des plans à distance de manière fréquente, un serveur capable de mettre à disposition des fichiers graphiques au format PDF sur internet semble être un investissement judicieux. À l’autre extrêmité, la visionneuse PDF du terminal les lira parfaitement, sauf s’il s’agit de PDF 3D, un format encore rare et non lisible sur PDA ou smartphones. La plupart des appareils portatifs embarquent une machine virtuelle JAVA, ce qui permet d’exécuter toute application compatible JAVA. Seul PSION propose en série la possibilité d’exécuter des applications .NET (la technologie Microsoft, rivale de JAVA) sur ses PDA et smartphones.

Modifier les pièces jointes

Une suite bureautique installée sur le smartphone, PDA ou ­ultraportable est nécessaire pour modifier des pièces jointes. Sur PC ultraportables, pas de problème. Pour les grands chantiers, Nemetschek propose une application spécifique pour tablet PC, capable de lire et de modifier des documents conçus avec son ­application phare Design2Cost et fonctionnant à partir d’un serveur sur le chantier et de liaisons WiFi. Pour les PDA et smartphones, il existe des suites bureautiques spécifiques sous Windows Mobile, Symbian et Linux. Sous Linux, la suite OpenOffice est disponible gratuitement. C’est une application extrêmement complète, plus fournie que Microsoft Office. Elle est d’ailleurs jointe à l’offre combinée SFR-Asus : ultraportable EeePC sous Linux et clef USB-modem, ainsi qu’à plusieurs offres de smartphones tournant sous Linux. C’est une solution extrêmement puissante qui permet de faire virtuellement la même chose que sur un PC de bureau, tant que la taille informatique des documents ne sature pas la mémoire des terminaux. Sur un smartphone ou un PDA, la taille réduite de l’écran ne facilite pas le travail sur des documents de grandes dimensions (plans ou ­tableaux Excel). Il n’existe d’ailleurs aucune application capable de modifier des plans CAO sur smartphone ou PDA. Les nouveaux appareils hybrides de HTC, comme le HTC Shift ou HTC Advantage sont différents.

Des applications spécifiques

Quantités d’éditeurs d’applications pour le bâtiment proposent des déclinaisons de leurs programmes pour des terminaux mobiles. La quasi-totalité tourne sous Windows Mobile ou son prédécesseur Windows CE. Parmi les éditeurs non-spécialistes, Adobe insiste sur le fait que le PDF devient un format d’échange de données classiques aussi bien pour du texte que pour des fichiers CAO, d’une part, et que tous les smartphones et PDA, sans exception, sont capables de lire du PDF, d’autre part. Ce qui est vrai, à la 3D près. Ouvrir un fichier PDF avec un dessin Acrobat 3D V8 et tous ses calques peut être au-delà des possibilités de la mémoire vive de certains terminaux. Aquitaine Informatique, l’éditeur de la suite Onaya Etudes de prix/facturation/suive de chantiers/planning/comptabilité/paye, a dévoilé au dernier Batimat son offre « Onaya Saisie Nomade », complémentaire de la suite.

Ce module est destiné à alimenter à distance à partir d’un PDA ou d’un smartphone sous Windows Mobile ou encore d’un Tablet PC ou d’un ordinateur portable, les systèmes d’information des entreprises, évitant ainsi la ressaisie de données, sources importantes d’erreurs potentielles.

Directement depuis le chantier, l’utilisateur saisit des heures de travail, des quantités de matériaux livrées, des bons de commande, etc. Ces informations sont transmises au système central de l’entreprise en temps réel. Les données sont sécurisées et l’utilisateur dispose d’un code qui ne lui donne accès qu’aux informations qu’il a le droit de consulter et/ou modifier. Sage 30 Multi Devis possède également un module de saisie et de transmission de données à partir d’un terminal portatif sous Windows Mobile. Les applications les plus nombreuses portent sur le métré et le relevé de mesures dans des locaux existants. Measurix, de son côté, propose le « Tripod Archi », une solution de relevé automatique et de constitution de plans. Le Tripod Archi  est un théodolite électronique équipé d’un télé­mètre laser auquel on raccorde un PDA sous Windows Mobile.

Il transmet les mesures de distance et d’inclinaison du point visé au PDA, dans lequel un logiciel de relevé spécifique effectue interactivement les dessins et les calculs. Le montage du plan à partir des relevés des différentes pièces. Viz’all de All Systems, est une application de relevé et de métré fonctionnant sur PDA sous Windows Mobile également. Le logiciel permet de créer un site, un bâtiment, ses niveaux, des pièces par niveaux avec des notions d’héritage. Nous sommes cependant à la veille d’un bouleversement dans l’emploi de ces logiciels spécialisés. La plupart des éditeurs d’applications de maintenance et de Facility Management font peu à peu migrer leurs applications vers des structures « Full Web ».

C’est-à-dire des logiciels tournant sur des serveurs internet et utilisables depuis de simples navigateurs internet gratuits, comme ­Firefox, Microsoft Internet Explorer, Opera ou Safari.

Lorsque ce sera fait, la question du système d’exploitation embarqué sur son PDA ou smartphone ne se posera plus.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°278

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2008 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Enquête- Sols sportifs

Enquête

Enquête- Sols sportifs

Les installations sportives indoor appellent la polyvalence afin de permettre l'exercice de plusieurs activités, sportives ou non. Les sols doivent ainsi pouvoir s'adapter à de nombreuses sollicitations.

03/05/2018 | Produit
Répondre aux besoins des salles multisports

Enquête

Répondre aux besoins des salles multisports

Enquête - Ouvrants de toit

Enquête

Enquête - Ouvrants de toit

Enquête - Éclairage des musées

Enquête

Enquête - Éclairage des musées

Plus d'articles