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Metz se rêve en Bilbao lorrain

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Metz se rêve en Bilbao lorrain

œuvre de Marc Couturier offerte par Fuji Télévision à la ville de Metz, « La flamme de la liberté » contribue à donner au parc de la Seille le statut d'un haut lieu de l'art urbain.

Jamais les Messins n'ont autant entendu parler de Bilbao. Dès l'annonce de l'implantation du Centre Pompidou Metz (CPM) en janvier 2003, la référence basque s'est imposée pour justifier l'engagement de Metz, ville moyenne de 123 000 habitants, dans un projet culturel d'envergure internationale. Maître d'ouvrage, Metz Métropole, qui a délégué l'essentiel du programme à la ville, attend de l'ouverture du musée un rayonnement nouveau et une relance de son économie. D'une mandature à l'autre, le CPM a inspiré aux élus l'espoir partagé de voir l'image de Metz transfigurée par Pompidou, à l'instar de l'effet produit par l'œuvre de Frank Gehry sur l'attractivité de Bilbao. L'ancien maire Jean-Marie Rausch a toujours défendu avec fougue un projet perçu comme l'aboutissement de trente années d'efforts pour redorer l'image de Metz. Egalement persuadé du potentiel économique induit par un équipement culturel majeur, Dominique Gros, alors opposant socialiste, a approuvé le projet de création du CPM.

« Par la richesse de ses expositions, le CPM constituera l'un des premiers musées du monde. Nous avons de surcroît l'opportunité historique de faire naître ex-nihilo le quartier de l'Amphithéâtre, qui réunira de grandes signatures architecturales. Les éléments nécessaires à l'effet Guggenheim sont réunis et Metz se trouve aujourd'hui sur une rampe de lancement », assure Jean-Luc Bohl, président de Metz Métropole.

Reste à réitérer l'exploit de la capitale basque espagnole. Décidé alors même que la ville affrontait de plein fouet le déclin de ses industries lourdes, l'investissement de 144 millions d'euros, jugé pharaonique par de nombreux détracteurs, s'est trouvé amorti en moins d'un an. L'agglomération messine n'est pas certaine

de réitérer ce prodige. La construction du CPM a coûté 72 millions d'euros, soit un surcoût de 20 % par rapport aux prévisions initiales, et le budget de fonctionnement du centre se montera à 10 millions d'euros pour la première année. Début février, la chambre régionale des comptes a mis Metz Métropole en garde contre un risque de dérive budgétaire. Outre la poursuite de la ZAC de l'Amphithéâtre, l'intercommunalité devra financer d'ici à 2013 un projet de transport en commun en site propre évalué à 146 millions d'euros. Metz Métropole a de surcroît acté en début d'année la création d'une association de préfiguration du futur centre des congrès. Situé à la sortie de la gare, à proximité immédiate du CPM, l'équipement de 1 200 places mobilisera selon les estimations initiales un investissement de 60 millions d'euros. Là encore, l'exemple de Bilbao a prévalu. Le palais des congrès construit dans le sillage du musée Guggenheim accueille en moyenne un millier de colloques par an.

Bilbao ne présentait guère d'intérêt touristique avant l'ouverture du Guggenheim et la ville elle-même déçoit parfois le visiteur. A l'inverse, Metz peut se targuer d'un patrimoine historique remarquable et d'espaces verts urbains d'une grande beauté.

Le vrai plus, par rapport à Bilbao, concerne les efforts visant à l'appropriation du projet culturel et urbain par la population locale. De juin 2006 à octobre 2009, la maison du projet a accueilli 100 000 visiteurs venus se renseigner et suivre l'évolution du chantier. Déclinée en 35 manifestations à Metz et en Lorraine, l'exposition Constellation a réuni 300 000 spectateurs, de mai à octobre 2009. Véritable jaillissement d'art contemporain, la deuxième Nuit blanche de Metz a fait vivre aux Messins une sorte de mirage le 2 octobre. Venue de toute la Lorraine, mais aussi d'Allemagne et du Luxembourg, une foule compacte a défilé jusqu'à l'aube au long d'un parcours de 2 km jalonné de spectacles chorégraphiques, musicaux, plastiques ou inclassables. Pour célébrer son ouverture, le CPM ouvrira gratuitement ses espaces durant cinq jours et une nuit, du 12 au 16 mai prochains. Riche de 600 œuvres, l'exposition inaugurale « Chefs-d'œuvre ? » fera certainement sensation. Le CPM aura ensuite tout loisir de construire et d'ancrer une version lorraine de l'effet Bilbao.

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