Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

MÉTHODE Transformer une chape de béton en dallage de prestige

Sujets relatifs :

MÉTHODE Transformer une chape de béton en dallage de prestige

Après traitement complet, le béton est comme vitrifié sur une profondeur de 5 à 10 mm. Il a gagné 25 % de dureté au poinçonnement et 400 % de résistance à l’abrasion. Et ce, pour une durée équivalente à la vie du matériau.

Mis en œuvre sur un sol en béton neuf ou ancien, ce procédé de vitrification économise la réalisation d’un dallage ou d’une résine, tout en conférant un aspect et une dureté équivalents, voire supérieurs, à ces revêtements.

La nécessité de revêtir une dalle ou une chape en béton induit un coût de ragréage, d’achat du revêtement (résine, dallage, parquet, moquette, etc), de pose, puis de maintenance. En rénovation, la mise en valeur du matériau brut oblige à poncer la surface rugueuse, à combler les aspérités, puis à le protéger au moyen d’une cire végétale (encaustique) ou synthétique (émulsion acrylique ou polyuréthanne) ou encore par cristallisation aux ­résultats aléatoires selon la qualité du béton. Quant aux sols industriels et commerciaux, ils sont revêtus d’une peinture de sol. En ce sens, Béton System constitue une alternative bien moins onéreuse ! Importée des Etats-Unis et développée par Audax pour son réseau d’applicateurs Basic System (1), cette solution permet de transformer durablement n’importe quel béton, quelle que soit son ancienneté, en une surface homogène au grain soyeux et d’un aspect qui va du mat au brillant, comme le marbre ou le granit.

Un traitement chimique associé au ponçage

Le principe consiste, après coulée pour un sol neuf, à associer un traitement chimique de fond (Vitro Béton) et un traitement mécanique par ponçage fin ­exécuté au diamant. Le ­ponçage écrête les imperfections de surface et découvre le granulat, offrant un effet Terrazzo ou Granito, et un substrat dont la dureté au poinçonnement et à l’abrasion a gagné respectivement 25 % et 400 % par rapport au béton d’origine. En fait, le traitement chimique a renforcé la structure moléculaire du matériau, ­rendant les différents composants (ciment, sable et granulats ou tout venant) plus solidaires les uns des autres. D’où un amalgame plus dense et plus dur pour un résultat proche d’une vitrification.

Quant au ponçage, il a refermé mécaniquement le matériau, achevant ainsi le travail de vitrification chimique. D’un point de vue esthétique, le choix des granulats, des couleurs et des compositions laisse toute liberté à la créativité. Selon la porosité du béton avant traitement, le durcissement s’opère jusqu’à une profondeur de 5 à 10 mm.

Une fois vitrifié et poli mécaniquement au diamant, le béton présente une surface adoucie, dont la couleur a gagné en ­profondeur et en tonalité. Il est possible de laisser le sol en l’état, d’imprégner le béton vitrifié au moyen d’un spray pour protéger sa porosité de surface des poussières, ou de le faire monter en brillance par métallisation.

À noter le paradoxe de la ­vitrification au Vitro Béton qui ­confère au matériau traité la dureté et la résistance du granit, tout en autorisant la facilité de la montée en brillance d’un marbre !

En toute logique, on ­respectera les recommandations du DTU relatif à l’état de surface des sols qui interdit cette montée en brillance sur des bétons exposés aux intempéries.

Une durabilité du traitement égale à la vie du matériau

Le béton vitrifié se polit mécaniquement sous l’action du passage. Seule une usure mécanique en profondeur peut éliminer le traitement. Si nécessaire, le sol peut être à nouveau poncé à certains endroits, comme dans le cas du marbre ou du granit. Alors que les peintures de sols nécessitent un grenaillage, le traitement peut à l’extrême s’éliminer par décapage.

S’il est réactif aux acides, le béton traité s’avère insensible aux alcalins et excessivement résistant à la rayure. Grandement facilitée et espacée, la maintenance se limite à un simple balayage ­humide associé à un produit au Ph neutre, que le béton ait subi ou non un traitement final. Le coût d’un tel traitement – vitrification, ponçage et éventuelle montée en brillance – est comparable à celui d’un marbre et inférieur à celui d’un ­granit. Il s’élève à un tiers de celui d’une peinture au sol. Soit de 50 à 70 e HT/m2 voire de 30 à 50 e HT en fonction des surfaces. Le produit peut être appliqué en trois ou cinq couches en pulvérisation sur sol sec ou humide, moyennant un temps de séchage réduit à 2 heures entre chaque passe. Sans solvant ni odeur, il est ­rapide et facile à mettre en œuvre sans joints. Le savoir-faire ? Une chimie et un juste ponçage basés sur une bonne connaissance des phénomènes physiques au sein du matériau et le respect de son ­intégrité !

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°261

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2006 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdo Cahiers techniques du batiment

Nous vous recommandons

Une salle de spectacle à l'étage noble

Une salle de spectacle à l'étage noble

La construction d'une salle de spectacle au premier étage d'un centre culturel parisien a demandé une consolidation de structure via un dispositif de renforcement et de soutien en voiles béton. À la Goutte[…]

10/04/2019 | Chantier
Des bureaux recomposés sur l'existant

Des bureaux recomposés sur l'existant

IGH (2/6) - L'heure des restructurations

Dossier

IGH (2/6) - L'heure des restructurations

L'immeuble qui Pulse le BIM

L'immeuble qui Pulse le BIM

Plus d'articles