MÉTHODE Coffrage structural intégré

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MÉTHODE Coffrage structural intégré

En porte-à-faux, côté cour, le rampant de toiture préservé est maintenu par un réseau de poutres métalliques arrimées à la façade.

© (Doc. DR.)

La conservation de façades classées et d’un rampant de toiture dans une rue étroite ont demandé la mise en place de techniques de construction ingénieuses basées sur l’emploi d’un système de coffrage perdu manuportable.

Implantés au cœur d’un îlot parisien du ixe arrondissement, autour d’une cour intérieure, les trois immeubles du Groupe BNP Paribas font l’objet d’une rénovation en profondeur. D’une surface de 18 100 m2 hors œuvre, l’opération se compose d’une ­superstructure qui s’élève sur cinq niveaux et un sixième partiel, ainsi que d’une infra­structure qui comprend trois niveaux de sous-sols (deux niveaux de parking et un d’archives). Des trois bâtiments existants qui ­datent de différentes périodes de construction, seules seront conservées les façades classées des plus anciens : façade en pierre datée de 1870 , ossature en béton et métal pour le second datant de 1932. Le bâtiment de 1970, tout en béton armé, a été totalement démoli.

Une méthodologie de chantier planifiée

Autre problème, l’exiguïté de la rue. La proximité de logements a demandé un phasage précis dans l’organisation du chantier afin de préserver de bonne relation de voisinage. La livraison hebdomadaire des matériaux et le déblaiement ne pouvaient s’effectuer que de 7 h 30 à 19 h, sur une aire délimitée. Installés dans les immeubles voisins, quatre capteurs vibratoires ont permis d’effectuer des relevés de mesure. La démolition a été réalisée à l’aide d’une pince à béton montée sur un bras de 25 m, pour réduire les nuisances sonores.

Pour un problème de POS, le rampant de la toiture sur rue a été conservé, charpente originelle en bois et sa couverture de zinc. Il a donc fallu, en première phase de travaux, consolider la toiture et les façades, à l’aide de palées de contreventement. Côté rue, la charpente métallique de ces palées présente une faible emprise sur la voirie pour ne pas gêner la circulation et, côté cour, la partie de toiture préservée en porte-à-faux est maintenue par des poutres. Afin de concilier toutes ces contraintes, des ­solutions techniques appropriées ont été recherchées. Pour les poteaux et les poutres de l’ossature, un coffrage en carton a été mis en œuvre par l’entreprise principale SCGPM. Réalisé à plat à partir d’un platelage en bastaing, le coffrage en plaques cartonnées a été placé sur deux tours Bérand.

Une nouvelle technique de coffrage industriel

Après ajustage de la verticalité et calage de deux trémies de coulage, cette dernière phase pouvait commencer à partir d’un tube en PVC et d’une toupie. Le béton a été vibré par une aiguille électrique, cette technique offrant une bonne finition d’aspect et n’impliquant pas de reprise. Le renforcement des murs des façades en pierre, avec des banches traditionnelles, était impossible sans les endommager. Pour éviter toute poussée du béton sur les murs, le système de coffrage structural Coffor a été retenu. Préfabriqué, en acier galvanisé, il est constitué de deux grilles filtrantes en métal déployé, renforcées par des raidisseurs verticaux en profilés en U. Ces deux parois sont ­liaisonnées entre elles par des étriers en zigzag (fers à béton) disposés tous les 20 cm, sur la hauteur. Sur chantier, sa mise en œuvre spécifique consiste à positionner verticalement le coffrage perdu et à l’appliquer sur le mur de pierre existant de 20 cm d’épaisseur, recouvert d’un film polyane. Au droit des cintres des ouvertures, les aciers des coffrages ont simplement été découpés manuellement et adaptés à la courbe. Après avoir ajouté du ferraillage, à l’intérieur du coffrage, le béton est coulé entre les parois, en partie haute du voile de 18 cm d’épaisseur : l’air et l’eau excédentaire du béton sont éliminés par gravité. Le coulage du plancher prolonge celui du mur afin de solidariser la liaison plancher/voile. Ne reste qu’à installer le doublage intérieur constitué ici de panneaux de polystyrène de 10 cm d’épaisseur et de plaques de plâtre de 1 cm. Les murs sont alors prêts à peindre. Ce coffrage ingénieux peut servir à réaliser d’autres éléments, comme des murs courbes, des dalles, des linteaux, des poteaux, des toits inclinés, etc.

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