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Menuiseries métalliques : un DTU pour la pose sur dormant existant

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Menuiseries métalliques : un DTU pour la pose sur dormant existant

© (Doc. Didier Chatelain.)

L’arrivée du DTU 37.2 comble un vide technique en matière de pose d’une menuiserie métallique en rénovation. Explications et commentaires d’Annie Durand, ingénieur spécialiste à la Direction des techniques et des méthodes de Socotec.

Les Cahiers techniques du bâtiment : Pourquoi avoir publié un DTU concernant la pose de menuiseries métalliques en rénovation, sachant que ce type de document s’applique en général aux travaux neufs ?Annie Durand : La rénovation des menuiseries extérieures ­représente plus de la moitié des fenêtres posées actuellement. Cela concerne essentiellement les habitations et les immeubles anciens mais aussi des constructions relativement récentes. Pour faciliter la pose, simplifier les travaux et en limiter les coûts, les dormants bois ou acier des anciennes menuiseries sont conservés et les nouvelles sont fixées dessus.

Pour les nouvelles fenêtres en PVC, les dispositions constructives minimales à respecter font l’objet d’un Cahier du Cstb depuis une quinzaine d’années, révisé depuis peu. Aucun texte n’existait pour les menuiseries métalliques alors que ce type d’ouvrage se rencontre de plus en plus fréquemment du fait de l’arrivée sur le marché de fenêtres métalliques à bonne performance thermique (aluminium à rupture de pont thermique, par exemple) et à la création de gammes de produits spécifiquement adaptées à la rénovation.

Destiné aux différents intervenants du chantier, ce DTU 37.2 « menuiseries métalliques en rénovation sur dormant existant » permet de :

– combler le vide réglementaire technique ;

– faire le point sur les principes d’une bonne réalisation des travaux de rénovation en tenant compte de la particularité des menuiseries métalliques ;

– et enfin sensibiliser les intervenants au délicat problème du support existant.

CTB : Comment décider de garder ou non le dormant de l’ancienne menuiserie ?A. D. : Effectivement, ce n’est pas parce que l’on veut conserver le dormant existant que cette option est nécessairement possible. L’examen préalable du support existant et de ses fixations est donc capital. Il est, en conséquence, mis en exergue dans le DTU 37.2.

Il ne faut pas oublier que ce dormant va reprendre tous les efforts provenant de la nouvelle menuiserie (poids, vent, transmission des efforts de manœuvre) et que celle-ci va être fixée dans cet élément. D’où l’importance de faire un examen des dormants existants afin de prévoir au mieux les travaux à réaliser.

Après cette phase de diagnostic, l’état de la menuiserie peut être jugé inapte à recevoir les nouvelles menuiseries. La dépose complète est alors à prévoir et les travaux consisteront à mettre en œuvre des menuiseries neuves dans la structure existante. Les textes de référence seront alors les DTU concernant la pose de menuiserie en travaux neufs : DTU 37.1 « Menuiseries métalliques » et son amendement A1 pour les menuiseries aluminium à rupture de pont thermique, dans le cas présent.

Lorsque l’état des dormants existants le permet, des réparations ou des renforcements localisés sont toutefois possibles dans les conditions fixées par le DTU 37.2. L’examen préalable permettra de déterminer, outre la qualité des dormants existants, les travaux nécessaires :

– au renforcement de l’étanchéité à l’air et à l’eau ;

– au traitement de surface ;

– à l’adaptation des dormants existants vis-à-vis de l’assise et du calfeutrement avec les nouvelles menuiseries ;

– aux modifications éventuelles permettant le respect des règles de sécurité contre les risques de chute (NF P 01-012).

D’autre part, indépendamment du fait que l’on garde ou non le dormant existant des anciennes menuiseries, les conditions de ventilation des locaux vont être modifiées par la mise en place de fenêtres nécessairement plus étanches à l’air. Une attention particulière est donc à apporter à l’aération des locaux pour prévoir des dispositions complémentaires, si nécessaire, afin d’éviter les risques de condensation et d’assurer la salubrité des locaux.

Par ailleurs, le DTU 37.2 précise les prescriptions relatives aux autres dispositions constructives :

– l’aération du dormant existant pendant la vie de l’ouvrage ;

– les dispositions à prendre quant au calfeutrement principal entre dormant existant et nouvelles menuiseries ;

– les possibilités d’assurer ou non un calfeutrement secondaire entre habillage et structure ;

– les dispositions minimales à respecter pour les fixations (rappel : fixation verticale interdite en traverse basse) et pour les calages.

CTB : Quels avantages y a-t-il à conserver les dormants existants des anciennes menuiseries ?

A. D. : Cette solution offre de nombreux avantages tels que la rapidité d’exécution des travaux et la réduction des nuisances, particulièrement dans les logements occupés. En effet, il y a peu de temps de préparation en comparaison avec un chantier pour lequel il faudrait procéder à la dépose complète. D’autant que certains dormants sont très solidement fixés avec des pattes d’ancrage scellées dans la maçonnerie.

Ensuite, après la pose des nouvelles menuiseries, aucun travail de finition n’est à réaliser : ni raccords d’isolant, ni retouches de papier peint ou de peinture si leur réfection complète n’a pas été prévue par ailleurs. Les profils dormants des fenêtres possèdent sur le côté intérieur une aile de recouvrement qui permet de fixer la menuiserie mais aussi de faire le raccord avec le parement existant, quitte à rajouter un profil métallique ou bois supplémentaire pour parfaire la finition. Tous ces avantages réduisent le temps d’intervention et par conséquent le coût des travaux.

Le confort thermique et acoustique des locaux est ainsi amélioré de façon économique par le changement de vitrages simples en vitrages isolants et par la mise en place de menuiseries dont les ouvrants sont aptes à supporter le poids des vitrages isolants.

Les maîtres d’ouvrage voient l’intérêt de changer des menuiseries anciennes par des menuiseries réalisées avec des matériaux dont l’entretien est plus aisé. En plus de l’amélioration du confort, le changement esthétique est apprécié par les occupants.

CTB : N’y aurait-il donc pas d’inconvénients ?

A. D. : Le principal inconvénient est une possible diminution du clair de jour du fait de la juxtaposition de deux dormants de fenêtres. Pour réduire l’encombrement global des dormants neufs et existants, les fabricants créent des gammes dont les profils ont tendance à s’affiner.

Mais attention, tous les avantages du maintien des dormants existants peuvent évidemment être réduits à néant, si les études préalables et les travaux d’adaptation sont négligés. On en revient à la prépondérance du diagnostic et des études techniques préalables :

– Une menuiserie neuve, aussi performante soit-elle, ne tiendra pas longtemps dans un dormant en mauvais état.

– Un manque d’aération des bois ou de l’acier existant entraînera, dans un cas, le pourrissement des bois avec développement de champignons, et dans l’autre la corrosion du métal.

– Une absence de calfeutrement entre existant et menuiserie neuve provoquera des infiltrations d’eaux à l’intérieur du bâtiment.

Les dispositions constructives préconisées par le DTU 37.2 ont précisément pour but d’éviter l’apparition de ces désordres.

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